Lettre d'Antoine de HohenzoIIern au roi Guillaume
envoyer à Benedetti. Le Ministre n'avait été que trop explicite et trop tranchant.
Se référant au message du Maître, il écrit en 1872 ' : « Le Garde des Sceaux en prit connaissance et nous convînmes d'adresser au comte Benedetti un second télégramme2. »
Le Garde des Sceaux? M. de Gramont a-t-il donc convoqué son collègue ? Non, il est ministre des Affaires étrangères, il est le chef direct des ambassadeurs, il leur expédie des télégrammes chiffrés, d'où sortira la guerre, mais il lui suffit d'être couvert par Saint-Cloud, il n'en a pas référé au collègue qui fait figure de chef du ministère. Celui-ci, qui est inquiet, va le soir aux nouvelles ; il passe chez M. Olozagaqui dînait en ville ; M. Ollivier attend, M. Olozaga le rassure et lui donne les meilleurs avis : « Ne vous inquiétez pas, ne précipitez pas vos résolutions, et cela s'arrangera 3. »
Il était tard, plus de onze heures ; cependant, M. Ollivier pousse jusqu'aux Affaires étrangères pour revoir M. de Gramont et savoir s'il n'est rien arrivé d'Ems. Son collègue lui montre le texte du télégramme de sept heures, et c'est pendant qu'il en prend connaissance qu'arrive la lettre impériale. M. Ollivier la lit après M. de Gramont.
Que se passa-t-il alors entre les deux hommes ? en