Id.,ibid., XIV, vu, 4, p
serait-ce pas juste. M. Ollivier devait être brisé, après tant d'émotions contradictoires, et il avait besoin d'être seul.
« Je débattis, nous dit-il, pendant une longue nuit d'insomnie, la conduite que je devais tenir. . . Mon premier mouvement fut d'envoyer ma démission... Je me sentais trabi, mal servi de tous les côtés *. » Tout ceci est la vérité même. M. Ollivier devait s'en aller, pour la France, pour lui-même, pour Napoléon III que sa démission motivée pouvait détacher de l'emprise où le tenaient depuis la veille soit M. de Gramont, soit des individualités sans mandat.
La nuit porte quelquefois conseil. Hélas ! ce ne fut pas le cas. «En creusant ses pensées, cette retraite parut à M. Ollivier un acte d'égoïsme condamnable. C'eût été, comme ies Saxons, au milieu de la bataille, passer à l'ennemi ». Voilà ce que M. Ollivier écrit dans Y Empire libéral, et c'est aussi ce qu'il disait plus tard à M. Deluns-Montaud, quand il allait explorer les archives des Affaires étrangères pour y trouver la justification de ses actes : « Que vouliez-vous que fit un homme d'honneur lorsque le pays est en danger? Rester, et je restai 2. »
Par là, il est vrai, dit-il encore « je me rendais solidaire officiellement d'un acte que je déplorais » et c'est une confession dont chacun appréciera la franchise. On goûtera moins la conclusion : « en apparence, je m'y associais, mais comme le paratonnerre