Ma Mission, p
ses regrets de ne pouvoir nous faire ce qu'il a appelé une concession nouvelle et inattendue et l'impression de l'ambassadeur était que désormais « il lui serait moins facile de l'aborder ». Il ne se trompait pas. Le roi Guillaume était littéralement furieux. Il écrit à la reine Augusta, après sa conversation avec Benedetti : « il est venu à la promenade et, au lieu d'être satisfait (en français dans le texte), il m'a demandé de m'engager à tout jamais à ne jamais donner mon consentement si cette candidature venait à reparaître. J'ai naturellement refusé, d'autant que je n'ai pas encore reçu de détails et qu'il devenait pressant et impertinent. J'ai fini par lui dire : « Mettons que votre Empereur lui-même (en français dans le texte) accepte cette candidature, il faudra que je m'y oppose. Il paraît avoir reçu des instructions pour m'extorquer cette concession dont il aurait fait part aussitôt à Paris, afin de m'engager dans des négociations officielles que j'ai évitées pendant toute l'affaire », et le vieux Roi ajoute pour la Reine : « On connaît bien la position à laquelle je me suis astreint et tenu depuis six mois de n'avoir, en tant que cbef du Gouvernement, rien eu à voir dans l'affaire ». Il termine ainsi : « Voici les lettres que je viens de recevoir, je te prie de me les retourner aujourd'hui même, j'ai besoin de les avoir toutes sous la main ; ma lettre à Léopold du 21 juin est là, mais en copie 4. »
Quand il avait rencontré le matin M. Benedetti, le Roi n'avait pas encore reçu le télégramme qu'il attendait de Sigmaringen, il avait dit sans doute à l'ambas-