‹ L'Incident HohenzollernChapitre 47 sur 159 · Ma Mission, p · texte numérisé non relu

Ma Mission, p

soir, était au moins un demi-succès pour la France et pour son envoyé. Guillaume Ier ne prenait pas d'engagement pour l'avenir, mais il approuvait formellement la renonciation. M. de Gramont peut consacrer cinq ou six pages, s'il lui plaît, de son huitième chapitre — sans compter les autres — à démontrer que M. Benedetti n'a pu obtenir la concession à l'heure où le Ministre des Affaires étrangères aurait voulu qu'elle lui fût annoncée, elle n'en était pas moins faite, et, quand il s'agit de précipiter ou d'éviter l'effusion du sang, on peut se demander s'il est indispensable de s'attacher à une question de forme et à une question d'heures. Le condamné à mort à qui l'on annoncerait sa grâce à la dernière minute devant l'échafaud ne se plaindrait pas.

C'était bien l'avis de M. Ollivier qui, au conseil du 13, profita de l'ignorance où étaient ses collègues de ce qui s'était passé le 12 à Saint-Cloud et au Quai d'Orsay, pour reprendre ses avantages et incliner, après une discussion orageuse, le Conseil et l'Empereur, à des atermoiements qui préparaient une solution pacifique. On lirait à la tribune une déclaration où le Ministère se fonderait sur la prolongation des pourparlers pour demander un ajournement de la discussion au Corps législatif. M. Ollivier constata qu'il n'était d'accord, ni avec tous ses collègues, ni avec tout l'entourage impérial, ni avec tous les députés. Au Palais-Bourbon, M. Duvernois, d'un ton rogue, et M. Jérôme David, d'une voix sifflante ' demandent des explications immédiates, mais la

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