‹ L'Incident HohenzollernChapitre 51 sur 159 · Télégramme du général Fleury du 14 juillet, 8 h. soir · texte numérisé non relu

Télégramme du général Fleury du 14 juillet, 8 h. soir

son chargé d'affaires à Berlin qui lui transmettait un avis donné par lord Loftus après une conversation avec Bismarck, « il serait important, à mon sens, si, comme j'en suis convaincu, le Gouvernement français veut fermement la paix, qu'il ne fît pas étalage, à la tribune du moins, de l'issue favorable du différend ».

M. de Gramont avait compromis et renversé la situation par les télégrammes envoyés le 12, en fin de journée, et dans la nuit du 12 au 13; il essaya en vain de les atténuer dans la soirée du 13. M. Benedetti avait exécuté ses ordres. Le Roi s'était ému, on l'eût été à moins. Bismarck tenait le bon bout, la dépêche d'Ems courait le monde.

Le 14 au matin, M. Ollivier, «tranquille après tant de tourments », rédigeait un projet de déclaration pour le soumettre au Conseil à Saint-Cloud, avant de le lire, le 15, aux deux Chambres. M. de Gramont se fait annoncer chez lui et à peine « la porte est-elle refermée par l'huissier de service qu'il s'écrie : « Mon cher, vous voyez un homme qui vient de recevoir une gifle ! » -

« Je ne vous comprends pas, expliquez-vous ! » M. Ollivier, après avoir lu le texte du télégramme, dit à son tour: « 11 n'y a plus d'illusions à se faire ; ils veulent nous obliger à la guerre. » L'intention n'était pas douteuse, mais, de l'intention à l'effet, [il y avait un pas à faire ; ni l'un ni l'autre ministre ne songe à

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