Emp. lib., XIV, vin, 10, p
demander d'explications à M. de Werther, qui va prendre un congé par ordre, mais qui laisse à Paris un chargé d'affaires, M. de Solms, ni à M. Benedetti qui serait à Paris le 15 au matin, ni à M. Le Sourd à Berlin. Les relations diplomatiques continuaient, on pouvait s'informer à la source même.
On n'y pensa même pas. M. de Gramont se sentait atteint, M, Ollivier, qui comprenait mieux que lui la solidarité ministérielle, n'était pas moins affecté; il fit chercher en hâte ses collègues pour les mettre au courant « de ce coup imprévu » ; on pria l'Empereur de réunir le Conseil aux Tuileries à midi 1/2. Le Conseil dura six heures « à travers les péripéties les plus émouvantes ». On interpréta le télégramme allemand — peine bien inutile, c'est en Allemagne qu'il fallait faire l'enquête ; on évoqua les précédents, que M. Ollivier a peut-être retrouvés plusieurs années plus tard, — après tout, une narration même très sincère n'est pas un procès-verbal. On parla beaucoup, il paraît que M. Ollivier « s'éleva aux considérations les plus admirables4 ». On apprenait que le Corps législatif était très belliqueux, mais les ministres ne sentaient pas le rouge delà honte leur monter au front, puisqu'on décida d'en appeler au Congrès Européen. M. Ollivier trouva tout de suite un tour si heureux que l'Empereur lui dit : « Allez vite écrire cela dans mon cabinet. »
Il achevait à la Chancellerie la rédaction commencée au Château pour la soumettre au Conseille lendemain lorsqu'il reçut une dépêche de l'Empereur qui