Dépêche du 17 juillet à M. de La Valette
Il avait la majorité du Corps législatif, il avait l'unanimité du Sénat, où il avait répété les mêmes affirmations qu'au Corps législatif et produit les mêmes documents.
« Notre déclaration, dit très justement M. Ollivier, équivalait à une déclaration de guerre *. »
Et c'est bien ainsi que l'entendait le roi de Prusse ; il avait ordonné la mobilisation de son armée.
Toutefois, en vue de l'impression à produire sur les États de l'Allemagne du sud, dont M. de Gramont s'obstinait encore à escompter la neutralité, il eût mieux valu laisser l'ennemi déclarer la guerre. C'était l'avis de Le Bœuf qui eut un éclair de bon sens. Ce n'était pas celui de « Rigault de Genouilly, dont la rare intervention était toujours impérieuse et déplorable. Il y mit une telle insistance que, craignant d'amener une dislocation ministérielle, nous lui concédâmes la déclaration de guerre. Elle fut libellée d'une manière assez maladroite par les commis des Affaires étrangères et elle ne fut pas même lue au Conseil. Elle fut communiquée uniquement pour la forme et sans discussion aux Assemblées et envoyée à la Prusse le 19 juillet2. »