Id
cœur serré, tout à fait serré ! L'avenir seul nous apprendra si nous avons fait la volonté de Dieu. Puisse-t-il en être ainsi! » (Ems, le 21 juin 1870) *. Puis, au prince Antoine, Guillaume écrit : « Mon point de vue est resté le même du commencement jusqu'à ce jour, je ne vois pas sans répugnance un membre de la famille des Hohenzollern courir une chance qui d'après les prévisions humaines ne peut pas tourner pour lui en bénédiction 2. » Le consentement est arraché, il n'est pas donné, Guillaume Ier n'est pas responsable.
Les Hohenzollern de Sigmaringen n'ont ni le tempérament du roi Guillaume ni les mêmes raisons que lui de se tenir sur la réserve.
Le prince Antoine n'a pas soixante ans ; il est vigoureux, intrigant, curieux de politique, et persuadé, depuis que son second fils Charles est devenu prince de Roumanie, que ses enfants sont tous promis aux plus hautes destinées. Il a des relations confiantes et suivies avec le prince royal de Prusse, qui est confiné comme lui dans une situation secondaire, et qui, à défaut des premiers rôles, jouerait volontiers les comparses ou les utilités dans la comédie diplomatique. Joignez à cela que le prince Antoine tient de la famille de sa mère — une Murât — un certain goût pour les grandeurs et croit devoir à sa vraie famille — celle de Prusse — d'affecter la haine et le mépris de