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dres; il engage le prince royal à confesser le prince héritier et à préparer dès à présent S. M. le Roi à une décision qui sera en contradiction formelle avec la précédente '. Il va partir pour Ems, afin de rendre ses devoirs à l'empereur Alexandre et d'être prêt à tout événement. Soufflé par Bismarck, qui sait bien où le bât blesse tous ces Hohenzollern de Sigmaringen, le Prince héritier s'est chargé de faire connaître à son père leur dernière volte-face, et, malgré les répugnances du Roi, de rappeler le plus tôt possible de Bruxelles le prince Léopold, de le recevoir incognito, et de lui faire manifester sa volonté. Il a l'impression que le père et le fils sont maintenant d'accord et comptent sur sa bienveillante intervention 2. Il ressort clairement de la lettre que le prince royal de Prusse a conscience d'être agréable à Bismarck en favorisant la combinaison, et qu'il est pleinement d'accord avec lui.
Le roi Guillaume y répugne comme auparavant; le prince royal s'y est rallié par romantisme, à moins qu'il n'attende de Bismarck quelque concession importante en échange de la bonne grâce avec laquelle il aura servi ses desseins secrets. Le prince Antoine touche à la réalisation du rêve qu'il poursuit depuis au moins dix-huit mois; son fils Léopold emboîte le pas. Le prince royal de Prusse, Bismarck sont avec lui, il n'y a plus qu'un consentement à obtenir : celui du Roi.
Le prince Léopold ne paraît pas enthousiaste, t Après un pénible combat intérieur, écrit-il le 19 juin,