‹ L'Incident HohenzollernChapitre 7 sur 159 · Id., ibid., p. i · texte numérisé non relu

Id., ibid., p. i

de doctrine devant lesquelles s'effacent toutes les vertus civiques et où M. de Gramont relève la source principale de tous nos maux ». Un écrivain qui fait une pareille profession de foi, ne cède jamais à la passion et ne se laisse pas aller à l'invective. Le ton de son récit est uni, volontairement éteint. Si M. de Gramont est ému, il est trop grand seigneur pour le laisser voir.

Il est. volontairement secret. M. de Gramont <( ne publiera aucun document inédit avant d'y avoir été autorisé par qui de droit. Rien ne lui serait plus facile, on le comprendra sans peine, que d'exhumer, de sa correspondance diplomatique, les éléments d'une publication qui emprunterait tout au moins, aux événements qui en font le sujet, un véritable intérêt ». Il en possédait certainement, et il connaissait des documents secrets qui avaient été mis en sûreté, hors de la portée des fâcheux *. « Plutôt que de citer la correspondance de nos agents qui n'est pas encore sortie des Archives ministérielles », M. de Gramont se privera d'un succès certain, mais il ren-

1. La France et la Prusse, ch. xvi, p. 347. Il ressort des explications de M. de Gramont qu'au moment d'une révolution des fonctionnaires auraient le devoir de faire disparaître des Archives les pièces secrètes et confidentielles, et par suite le droit et la faculté de se constituer des collections précieuses. Mais si le peuple français ratifie plus tard et approuve l'acte des factieux, comme il est arrivé après le 4 septembre, quel est le sort des pièces en question?

dra un dernier service à son pays. « Il n'est pas mauvais qu'on sache au dehors qu'il reste encore des hommes, en France, qui ne divulguent pas ce qui a été confié à leur honneur professionnel et à leur probité de citoyen '. »

Après une longue carrière diplomatique, couronnée par un ministère de quatre mois, M. de Gramont ne doute pas qu'il ait toute autorité pour tracer une règle de conduite, on dirait presque une poétique aux diplomates indiscrets qui publient prématurément leurs souvenirs. « En principe, je n'admets pas qu'un agent diplomatique ait le droit de publier des dépêches officielles sans le consentement du gouvernement auquel ces dépêches appartiennent... Un agent ou un fonctionnaire doit savoir se résigner à passer pour inhabile ou pour léger ; il importe peu à l'avenir de son pays que sa réputation s'éclipse, en tant qu'homme de talent... »

On se rend tout de suite compte que les déclarations de M. de Gramont ne sont pas une simple profession de foi, mais une mercuriale adressée à un auteur indiscret. L'auteur est M. Benedetti, le livre est : Ma Mission en Prusse. Le dernier ambassadeur de Napoléon III à Berlin, attaqué

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