‹ L'Incident HohenzollernChapitre 80 sur 159 · Empire libéral, XII, xii · texte numérisé non relu

Empire libéral, XII, xii

de la droite et du centre droit s'unissait contre moi, que, réduit à l'appui de la gauche, ma majorité s'écroulerait. »

L'Empereur, toujours l'Empereur. Or, Napoléon III n'avait qu'un goût très modéré pour les cent seize, il trouvait qu'il y avait en eux du déjà vu. « J'ai eu le malheur de commencer par la vieille rue de Poitiers, avait-il dit ', je ne voudrais pas finir par la jeune. Or M. Daru aux affaires étrangères, M. Buffet aux finances, M. de Parieu, ministre présidant le Conseil d'État, pour ne pas nommer M. Segris, M. de Talhouët, M. Louvet, représentaient plus ou moins la vieille rue de Poitiers. » Ils demandaient la préfecture de la Seine pour Augustin Cochin, et M. Ollivier leur aurait volontiers donné ce gage. L'Empereur refuse 2. « Il ne doutait ni de ses lumières ni de sa probité, mais il était préoccupé de la prépondérance qu'avait dans le Cabinet selon son expression la jeune rue de Poitiers et il ne se souciait pas de l'accroître. » Plus tard, quand Segris passe aux finances, M. Ollivier « eût voulu le remplacer incontinent par Duruy à l'instruction publique. L'ancien ministre était populaire même parmi les républicains, et il eût ajouté au caractère libéral de notre ministère en le décléricalisantun peu. C'est ce qui m'empêcha de réussir. Mes collègues partageaient les défiances de leurs amis catholiques contre le propagateur de l'enseignement laïque3». M. Ollivier est le prisonnier des ministres choisis parmi les cent seize ou des ministres désignés par l'Empereur.

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