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Persigny n'est pas loin de la vérité quand il lui écrit le 4 janvier : « Bientôt vous ne pourrez réellement compter dans le Cabinet que sur votre digne ami M. Maurice Richard. » Pour être juste, il faut y ajouter M. Chevandier de Valdrôme, ministre de l'intérieur. Mais trois personnes, en y comprenant M. Ollivier, c'est bien peu pour assurer la prépondérance de ses vues et l'unité dans ce que l'on s'est plu à qualifier de ministère Emile Ollivier.
Si le protagoniste de l'Empire libéral avait été obligé défaire des concessions sur les personnes, avait-il eu satisfaction sur le programme? Les négociations avaient été longues, elles avaient occupé tout l'automne de 1869 ? Est-ce parce qu'on voulait se mettre d'accord sur tous les points? Est-ce parce qu'on n'y réussissait pas?
Il semble qu'on ait pris pour base de la discussion le texte de la fameuse interpellation des cent seize. « Nous demandons à interpeller le gouvernement sur la nécessité de donner satisfaction aux sentiments du pays en l'associant d'une manière plus efficace à la direction des affaires. La constitution d'un ministère responsable, le droit pour le Corps législatif de régler les conditions organiques de ses travaux et de ses communications avec le gouvernement seraient à nos yeux des mesures essentielles pour atteindre ce but. » On sent ici l'influence des parlementaires nés, des hommes qu'il faudra introduire dans la combinaison ministérielle. M. Ollivier attachait moins d'im-
portance aux formes constitutionnelles qu'il tenait volontiers pour des chinoiseries ; il voyait de haut : « La liberté, disait-il, c'est les violences de la presse et de réunions courageusement supportées, tant qu'il n'y aura pas péril de guerre civile et de lutte dans la rue..., les candidatures officielles abandonnées, la loi de sûreté générale rapportée. » Cependant le 1er et le 3 novembre le programme suivant est arrêté chez un avocat du barreau de Paris, M. Jousseau : une presse et des élections libres, un ministère homogène et responsable, une majorité compacte autour de principes déterminés et consentis.
Continuant par lettre une discussion commencée à Compiègne dans une entrevue nocturne qui avait été entourée de quelque mystère et de précautions qui font un peu sourire, M. Ollivier avait écrit à Napoléon III le 25 octobre : « V. M. ayant accepté ces idées, une note paraîtrait au Moniteur en ces termes : Les ministres ont donné leurdémissionqui a été acceptée. M. Emile Ollivier a été appelé par l'Empereur et chargé par lui de former un ministère1. » Aux premières ouvertures que leur fit M. Ollivier, Daru et Buffet répondirent : « Sans un chef de cabinet il ne peut y avoir de ministère parlementaire 2. » Mais Napoléon III n'est pas de cet avis : « Il lui paraît en dehors de l'esprit et de la lettre de la Constitution de charger une seule personne de former un cabinet. Cela serait reconnaître l'existence d'un premier ministre, donner à la Chambre plein pouvoir sur le choix des ministres, tandis que, d'après la Constitu-