‹ L'Incident HohenzollernChapitre 85 sur 159 · Empire libéral, p · texte numérisé non relu

Empire libéral, p

ne fis pas même une objection1. » Le Ministre s'est soumis en 1870, — non sans colère à coup sûr, — puisque près de quarante ans plus tard le narrateur se souvient. Voici encore un détail édifiant. Le Bœuf est fait maréchal, on ne devait pas moins à ce grand homme de guerre. « Il s'agissait de savoir qui contresignerait le décret de nomination. Ceux en qui subsistait sourdement, peut-être à leur insu, l'idée de me reléguer au second plan, eussent bien voulu que ce ne fût pas moi. Mais on trouva un précédent, celui du maréchal Gérard dont la nomination avait été signée par le garde des sceaux du temps, et cela coupa court à la velléité. Je signai donc 2. »

Que de bon vouloir entre ces hommes! Comme ils sont faits pour s'entendre et disposés à sacrifier leurs préjugés personnels pour servir leur pays ! M. Ollivier peut-il se flatter d'accomplir avec eux une œuvre utile et de renouveler la politique de la France, si la politique ne consiste pas essentiellement à maintenir l'ordre dans la rue tout en tolérant les violences de la presse et un peu d'agitation dans les réunions publiques, sous l'œil vigilant d'un commissaire de police ?

Au moins les ministres sont-ils d'accord entre eux et le Ministère d'accord avec l'Empereur sur la direction générale et sur les détails de la politique étrangère? On peut admettre que les autres dissentiments

Page 1