‹ L'Incident HohenzollernChapitre 89 sur 159 · Empire libéral, X, p · texte numérisé non relu

Empire libéral, X, p

question romaine, répond au projet d'évacuation : « Gela paraît bien difficile, Sire, tant que le Concile durera, car notre gouvernement doit mettre son honneur à assurer sa liberté. — C'est vrai, aurait répliqué l'auguste interlocuteur. » L'assentiment ne serait-il pas de pure courtoisie ? Tout de même on ne voit pas Victor-Emmanuel marchant contre le Concile et l'on ne voit pas non plus Napoléon III concédant de si bonne grâce à M. Ollivier ce qu'il a contesté à Rouher.

Pour lui la question romaine était depuis dix ans le ver rongeur; elle avait empoisonné les lauriers de 1859, elle avait depuis lors gêné toute sa politique italienne ; elle traversait encore ses desseins au moment où de précieuses alliances s'offraient à lui dans des négociations dont il gardait le secret; il ne se décidait pas à conclure, parce qu'il ne croyait « pas pouvoir abandonner le Pape aux convoitises de ses ennemis1 ». Il espérait on ne sait quel événement providentiel qui arrangerait tout au dernier moment. Il lui répugnait de contrister le pape, l'impératrice, les catholiques français ; peut-être jugea-t-il inutile de contrister M. Ollivier au moment où il ouvrait des négociations avec lui.

L'Empereur continue de réfléchir, de peser le pour et le contre et ne met pas de signature au bas d'un traité d'où dépendait peut-être le salut de la France. M. Ollivier, souvent indécis, a pris parti et a pris des engagements. « L'habileté suprême est de dire carrément ce qu'on pense et ce qu'on veut2. » Il dit aux catholiques : « Non seulement nous n'évacuerons pas,

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