‹ L'Incident HohenzollernChapitre 96 sur 159 · Id., ibid · texte numérisé non relu

Id., ibid

temporel et du spirituel interdisait formellement à l'État d'intervenir au Vatican : « Quoi que décidât le Concile, fit-il un dogme du Syllabus, nous ne devions ni nous en mêler, ni empêcher nos évêques d'enseigner ces doctrines, car l'État n'a pas plus de droits contre des opinions théologiques que contre des opinions politiques, tant qu'elles ne se transforment pas en actes interdits par la loi1. » Plus l'État prétend s'affranchir de la surveillance ou de l'immixtion de l'Église dans ses affaires, plus il doit s'interdire de contester son enseignement ou ses doctrines. On peut dire que cette fois M. Ollivier voyait loin et devançait l'avenir.

M. Daru ne pensait pas comme lui. Ce catholique libéral, qui était, comme Montalembert et ses amis, fort inquiet des agissements des ultramontains, voyait dans sa présence au ministère une chance suprême dont il fallait profiter pour empêcher la promulgation qu'il jugeait inopportune du dogme de l'infaillibilité. Aussi bien Mgr Darboy, archevêque de Paris, avait-il dès le mois de janvier fait appel à ce que M. Ollivier qualifie de bras séculier, c'est-à-dire à une intervention diplomatique auprès de Pie IX.

C'est la démarche que tente Daru et que désavoue M. Ollivier. Daru rédige une dépêche « qu'il soumet à l'Empereur seul et qu'il expédie à Banneville, ambassadeur de France à Rome », 20 février 2. M. Ollivier conteste l'opportunité de cette dépêche, la modifie, l'édulcore, juge à propos de « dire à Relier, qui le redit à Mgr Mermillod, qui le redit à Rome,

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