Id., ibid., Xffl, p
combien il le regrettait ; puis il s'excuse affectueusement auprès de Daru, qui s'est plaint du procédé. Mais il le juge avec une extrême sévérité : « En dehors de la petite liberté parlementaire, il n'avait aucune compréhension de la grande liberté de la pensée et de la conscience ; il trouvait bon qu'on tracassât un gouvernement, il ne comprenait pas qu'on ne tînt plus à la chaîne les croyants, les prêtres et les penseurs. Il avait la bouche pleine des droits de l'État1. » Ceci est admis aujourd'hui, ceci est vrai en 1908; en 1870, les esprits étaient divisés, les catholiques l'étaient aussi, la question était pendante.
« L'Empereur, d'instinct, eût été du côté de Daru 2. » Il est probable qu'il songeait de plus en plus à rappeler de Rome les troupes françaises ; il savait qu'il serait agréable aux Italiens et qu'il aurait pour lui une partie de l'opinion française. « Accompli aujourd'hui, écrivait le choniqueur politique de la Revue des Deux-Mondes qui n'appartenait pas au parti catholique, mais qui était catholique, ce rappel serait un retour pur et simple à la convention du 15 septembre 4864, qui n'est point abrogée, que nous sachions, et qui est la seule garantie dont on puisse se prévaloir. »
M. Ollivier avait raison de ne pas chercher à intervenir dans les délibérations du Concile. Il ne voulait pas confondre le temporel et le spirituel. Mais ne les confondait-il pas par ce qu'il appelle lui-même une intervention indirecte, quand il maintenait les troupes françaises à Rome pour assurer la liberté des