‹ L'Incident HohenzollernChapitre 98 sur 159 · Id., ibid., p · texte numérisé non relu

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délibérations de ce Concile? Ou son esprit, qui était capable de s'élever très haut, ne s'abaissait-il pas quelquefois à des considérations tout à fait terre à terre ? Il avait dit à Ratazzi : « Nous essayons péniblement de constituer un gouvernement libéral; nous trouvons devant nous comme adversaire implaca» ble le parti qui approuverait notre retraite de Rome, et comme amis dévoués ceux qui y sont contraires ; les blesser, perdre leur appui, ce serait ruiner notre œuvre. »

Petits calculs d'un homme qui parle si dédaigneusement de la petite liberté parlementaire. Mauvais calculs aussi. Rédacteurs et lecteurs de la Revue des Deux-Mondes ne sont pas des adversaires implacables d'Emile Ollivier. Daru est resté l'ami de Montalembert qui a salué l'arrivée de M. Ollivier au pouvoir et préparé son élection à l'Académie française. M. Ollivier a contrecarré et désavoué la politique de Daru ; n'ayant pas sur lui le droit de discipline légale que confère le titre de premier ministre, il a constamment contrarié son action dans la presse, dans les coulisses du Parlement, au Conseil des ministres. S'il n'a pas les attributions d'un Président du Conseil au vrai sens du mot, en a-t-il davantage l'esprit? Et ses collègues peuvent-ils avoir l'illusion qu'ils font partie d'un véritable cabinet parlementaire ?

M. Ollivier avait dit un jour au Corps législatif, et jamais il n'a rien dit d'aussi juste : « Examinez la politique de ces dernières années, vous découvrirez

la politique que fait l'Empereur, à côté de celle de M. le ministre des Affaires étrangères, à côté de celle que fait en parlant le ministre d'État. »

Ce que disait l'orateur de l'opposition en 1867 un orateur de l'opposition en 4870 aurait pu le répéter en substituant l'expression garde des Sceaux à celle de ministre d'État; et, si l'Empereur continuait depuis le 2 janvier le jeu de cache-cache qu'il avait toujours joué derrière le dos de ses ministres et de ses ambassadeurs officiels, il aurait trouvé sinon une excuse, du moins une circonstance atténuante à sa duplicité dans la résignation de M. Ollivier qui n'avait pas osé lui demander de renoncer aux pratiques de la diplomatie secrète et qui lui fournissait plutôt des prétextes pour la continuer en s'employant à discréditer par tous les moyens ses propres collaborateurs.

C'était le moment où l'Empereur essayait de négocier une alliance avec l'Autriche. L'archiduc Albert vient en France. « L'Empereur lui offre un grand dîner auquel assistèrent tous les ministres. Il autorise Le Bœuf à lui offrir aussi un dîner officiel à la condition de n'en faire aucun fracas, et de n'inviter aucun membre du corps diplomatique en dehors de l'ambassadeur d'Autriche, aucun ministre en dehors du ministre des Affaires étrangères '. » Daru reçoit le prince, mais Le Bœuf assiste seul à la fête ; M. Ollivier ne le voit qu'aux Tuileries, et une autre fois à son hôtel au cours d'une visite banale. « L'Archiduc n'eut de conversation suivie qu'avec l'Empereur. Tous deux

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