DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
D'après nos observations, nous voyons que le diagnostic de dent incluse et des accidents qu’elle peut provoquer se présente dans des conditions différentes et peut, suivant les cas, être très facile ou, au contraire, très difficile.
Chez l'enfant, c'est par l'examen systématique au cours du développement dentaire que la présence d’une dent incluse peut être soupconnée. A ce moment, en dehors de l’atrésie et des malpositions dentaires de voisinage, les accidents sont rares; la palpation donne d’utiles renseignements, mais si on constate l’absence d’une dent sur l’arcade, il y aura lieu de vérifier s’il s’agit d’une dent incluse ou d’une absence folliculaire.
Chez l’'adulle, ou bien la dent. est en voie de désinclusion. Le malade vient nous consulter parce qu'il est intrigué, à son âge (40-50 ans) d’avoir une dent qui pousse. Là le diagnostic est facile — l’examen endo-buccal confirme les dires du malade. Nous avons déjà fait la différence entre une dent en voie de désinelusion et une dent en éruption tardive.
Ou bien la dent est en inclusion. C'est à la suite d'un accident qu’on est amené à poser le diagnostic.
19 Le malade revient chez son dentiste parce qu'un appareil de prothèse qui lui donnait satisfaction le blesse, ou ne tient plus. Ces cas sont assez fréquents (observations XVI- XVIII).
29 Ou bien c’est une fislule qui nous amène le malade (obs. HIT et XVI). Un stylet introduit par l’origice de la fislule tombe sur un corps dur et lisse donnant la sensation, à la main, de l'émail d’une dent. I faudra éliminer le diagnostic de pyorrhée (l'erreur a été commise, obs. XVI).
En présence d’une fistule, on aura à discuter le diagnostic d’osléite. Dans ce cas, un stylet introduit dans la fistule donnera un bruit sec et fera penser à la présence d’un séquestre osseux.
Il faudra aussi éliminer le diagnostic de kyste suppuré ou de {islule due à une sinusite.
30 Le malade vient parce qu'il souffre (obs. XI, XII, XII, XIV, XV). Il faudra rechercher les causes de la douleur et éliminer le diagnostic de névralgie essentielle. Nous y reviendrons d’ailleurs dans le chapitre des complications nerveuses.
40 Le malade vient parce qu'il est alarmé par la présence d’une grosseur (obs. XXIV et XXV). La première idée qui viendra à l’espril sera celle d’un kyste d’origine dentaire.
a) I faudra d’abord éliminer le diagnostic de kyste paradentaire. Celui-ci reste silencieux pendant sa période intramaxillaire. À la période d’extériorisation, nous aurons une tumeur arrondie, lisse et rénitente. La radiographie seule pourra nous permettre de le différencier du kysle denligère. Elle montre, en effet, à l’intérieur de la poche, une dent incluse.
b) Les odonlomes ne peuvent prêter à confusion. Ce sont des tumeurs dures, ne suppurant jamais et la perception du lissu dentaire par un stylet permet le diagnostic.
En résumé, nous ferons toujours, en présence de ces accidents dont l’origine nous apparaît obscure, l'examen radiooraphique qui confirmera le diagnostic clinique.
FORMES ANATOMO-PATHOLOGIQGUES
Nous distinguerons :
19 La forme veslibulaire.
Cette forme est la plus fréquente. La canine peut alors croiser la latérale, soit près du collet, soit près de l’apex. Dans le premier cas, elle produit alors une version de la dent — linguo-version de l’apex et vestibulo-version de la couronne. Dans le deuxième cas, la racine tout entière sert de résistance et nous avons alors une rotation de la latérale et souvent même de l’incisive centrale.
20 La forme palatine.
Moins fréquente. La dent peut être placée assez haut dans le palais et difficilement perceptible. Là encore, elle peut entraîner une malposition d’une autre dent.
30 La forme sinusienne.
Plus rare. Nous en reparlerons au chapitre des complica-
tions.
40 Les formes hélérolopiques.
Sont surtout des formes que nous rencontrerons dans le cas de dents surnuméraires. On peut voir des dents ayant évolué vers la fosse nasale (Dufourmentel). vers la lèvre supérieure, sous le plancher de l'orbite (voir obs. n° . On connaît le cas de dents ayant évolué beaucoup plus loin encore, les localisations les plus surprenantes pouvant se rencontrer, Lel le cas d’une dent incluse dans la paupière
supérieure.
Elles peuvent être intrinsèques ou extrinsèques.
Les premières atteignent la dent elle-même : caries, malformations, etc.; ou son sac folliculaire : formations kystiques, suppurations.
Les dernières sont plutôt des complications à distance. Nous classerons les complications en :
Complications mécaniques.
— infectieuses.
— tumorales.
— nerveuses.
— oculaires.
— d'ordre général.
Pour chaque complication, nous éludierons successivement la nature des lésions, leur pathogénie el leur diagnostic. Nous nous étendrons surtout sur les complications oculo-orbitaires dont nous avons rapporté une dizaine de cas dans nos observations et qui nous semblent d’un certain intérêt, d'autant plus qu'il n’en à jamais élé question dans {ous les travaux qui ont trait aux complications oculaires d'origine dentaire.