COMPLICATIONS MECANIQUES
Nous entendons par là tous les troubles que peut déterminer par gêne ou par compression la présence d’une canine incluse.
La simple perforalion de la muqueuse palaline peut être rangée parmi les accidents mécaniques, d'autant mieux qu'il ne s’agit pas toujours là d’un début d’éruption, et que la dent incluse peut parfaitement ne pas apparaître. Ici, c’est la couronne de la dent qui est en cause. Mais l’apex de la dent, peut déterminer une perforation des muqueuses des cavités du voisinage, soit le sinus maxillaire, soit au niveau des fosses nasales.
Troubles de l’articulé.
Il en est de certains de purement mécaniques. Tel le déplacement progressif des dents avoisinantes par la dent incluse (déviation, rotation). La canine incluse, en faisant pression sur les racines d’une dent contiguë, modifie son alignement et produit une véritable désorientation.
Accidents prothétiques.
Ces accidents se manifestent à la suite du port d'un appareil de prothèse. Un sujel est porteur d'un appareil complet du haut qui lui donne satisfaction. Or, un beau jour, l'appareil (en vulcanite) casse au niveau de la portion antérieure; on répare l’appareil, il casse à nouveau ou bien il adhère mal. Nouvelle empreinte, nouvel appareil : mêmes résultats. On demande à la radio quelle peut bien en être la cause et l’on découvre la dent incluse. On peut même penser que la résorp-
tion de la voûte osseuse est facilitée par la pression exercée par l'appareil.
Mais, ce qui est plus fréquent et plus important, ce sont les conséquences de la compression sur les rameaux nerveux et vasculaires.
Le premier trouble sera la mortlificalion des dents voisines. c’est-à-dire la gangrène pulpaire souvent observée, puis leur ébranlement, voire même la chute de ces dents. Enfin, la pression constante d’une dent incluse peut provoquer la résorption radiculaire ou rhizalyse.
La rhizalyse.
La rhizalyse des dents de lait est un phénomène biologique normal. Elle semble résulter d’une action combinée et simultanée de la pulpe de la dent caduque, du tissu conjonctif péridentaire et aussi de la dent de remplacement en voie d'évolution.
La rhizalyse d’une dent permanente déjà évoluée est un phénomène pathologique.
MM. Bercher et Fleury citent le cas d’une canine supérieure incluse qui affleurait le collet de l’incisive centrale définitive. L'extraction chirurgicale de la canine montra cette incisive centrale « absolument sans trace de racine ». Il y avait seulement un bourgeon charnu qui fut respecté. Il en est de même dans une observation de Frey pour une incisive latérale dont la pulpe radiculaire était mise à nu. La seule explication de cette rhizalyse, sur une dent permanente, est que la canine incluse s’est comportée, vis-à-vis de ces dents, comme la dent de remplacement le fait vis-à-vis de la dent de lait. A l’action passive mécanique due à la dent incluse s’est ajoutée une action biologique, entraînant des modifications de la circulation locale (mutations). Celles-ci permettent la décalcification de la racine et son retour au conjonctif originel. Ce conjonctif, dans l'exemple cité, est représenté par le bourgeon qui occupait la place de la racine.
A côté de la rhizalyse totale, il existe des rhizalyse partielles. Dans ces dernières, la dent présente une racine sensible-
ment écourtée. L’apex semble avoir subi une légère résection.
Quant aux phénomèmes douleureux et nerveux dus à la compression, nous les étudierons au chapitre des complications nerveuses. Il faut aussi rappeler qu’une canine incluse empêche souvent la réduction d’une facture du maxillaire.