OBSERVATIONS
Deux cas de complicalion oculaire délerminée par une inclusion denlaire de l’arcade supérieure. (Communication faite par M. le professeur Cavalié in nmicmoriam à la Société de Stomatologie de
Bordeaux le 30 novembre 1932.)
Observation I.
(Premier cas.)
Jeune fille de 17 ans amenée par sa mère à un ophtalmologiste de Bordeaux qui à constaté que cette jeune fille a l'œil gauche atteint de cécité, plus exactement d’amaurose. L’acuité visuelle est nulle; comme lésion, on trouve une kératite intersticielle unilatérale gauche.
L'ophtalmologiste pense à quelque chose qui est en dehors de l'œil, à quelque chose d’origine dentaire et envoie la malade à un stomatologiste. M. le professeur Cavalié examine la jeune fille et constate en même temps une cécité de l'œil gauche, l'absence sur l’arcade de la canine supérieure gauche. L'examen des clichés radiographiques montre que cette canine est incluse profondément el assez haut, c’est-à-dire loin de la crête‘alvéolaire et assez près du plancher de l’orbite. On propose l'extraction de cette dent, opération laborieuse. La palpation à travers la gencive de la fausse canine gauche permettant de sentir un léger relief osseux; on suit la voie externe vestibulaire — incision transversale — dénudation de la surface osseuse — extraction après trépanation de l'apophyse montante du maxillaire. Suites opératoires simples, la cicatrisation s’est faite en quinze Jours.
Quelques jours après l’opération, la jeune Hlle a commencé à y
Dufrèche. s
voir de l'œil gauche; au bout de six mois, acuité visuelle de l'œil
gauche a atteint Pacuité de l'œil droit.
Conclus‘on. — Cette malade qui n'avait que 17 ans avait une canine supérieure gauche profondément incluse depuis l’âge de treize ans. Or, les lésions et les troubles de la cornée n'avaient débuté que depuis quelques mois, avant de venir à la consultation.
L'inclusion est donc restée plusieurs années paisible, lorsque, tout d’un coup, éclate une kératite unilatérale gauche, c’est-à-dire du même côté, et l’abolition de la vue de l’æil gauche est rapidement complète. Après l’opération, retour rapide de la vue totale de cet œil gauche.
Observation Il.
(Deuxi’me cas.)
En août 1932, une dame du Midi (59 ans), veuve d’un médecin, vient consulter M. Cavalié, parce que l’ophtalmologiste de Bayonne lui avait dit : « Vous avez des troubles oculaires provoqués par les dents. » Elle souffrait énormément de l’œil gauche avec hypertension et menace de glaucome. Il y avait de l’exorbitisme marqué du globe de l’œil gauche. Pas de douleur ni d'hypertension de l'œil droit. L’examen des clichés radiographiques montre la présence d’une canine supérieure gauche incluse dans le palais, très haut, dont la racine arrivait au niveau du canal sous-orbilaire.
On pratique, l’avulsion de cette dent sous anesthésie régionale. On emprunte la voie palatine : la muqueuse palatine est décollée après avoir élé iIncisée le long du collet et des interstices dentaires, En un point élevé, derrière les incisives supérieures gauches, il y avait une légère saillie osseuse que l’on fait sauter au maillet et la pointe de la dent incluse est apparue. On isole et contourne la couronne, puis On la mobilise e& on extrait facilement. Suites simples, Gucrison quinze jours après l'opération. Toutes les douleurs orbitaires ont disparu mais l’hypertension oculaire a persisté. Trois mois
après, diminution très nette de {ous les phénomènes,
Observation III.
Inédile.
(Docteur Dubernard et Dufrèche.)
Le 3 mai 1934, Mme D... 55 ans, employée de commerce à Périgueux, vient consulter le DT Dubernard, sur le conseil de son denbiste, pour des troubles oculo-dentaires.
Depuis deux mois, cette malade s’est mise à souffrir de son œil gauche —- l'œil droit cst alleint de cécité congénitale. Les douleurs, d’abord continues, ont ensuite apparu par crises violentes mais passagères. En même temps, la malade avait des sensations de brouillard et de mouches volantes devant l'œil, et même des sensations de STaviers.
Ce qui inquiète davantage notre cliente, c’est une fistule dentaire qui l’a menée à consulter son dentiste. À l’examen, cette femme
paraît avoir un bon état général.
Examen des yeux :
Œil droit : strabisme paralytique, kératite congénitale. Œil gauche : troubles subjectifs mentionnés, acuité normale, douleurs vives à Ja limière qui obligent ls malade à porter des verres teintés.
Pas d'examen de fond d’æil.
Examen de la bouche :
Au niveau de la deuxième grosse molaire supérieure gauche, on aperçoit une fistule d’où sourd un pus Jeunàtre et abondant. La
formule dentaire est la suivante :
D G SUOMI 32:59 078 S A0. ed ire
Le cliché radiographique montre G8 et G3 incluses dans le maxillaire.
Dans les antécédents personnels, on note une grossesee normale et un enfant mort-né. Sa mère est morte à 44 ans d’un ictus suivi
d'hémiplégie avec contractures. En résumé, il s’agit d’une personne
à antécédents suspects qui présente des troubles oculaires et une fistule »lvéolaire du même côté où nous trouvons une canine et une dent de sagesse incluses.
L'opération est pratiquée, les suites sont normales. Nous avons recu la lettre suivante du dentiste : datée du 25 octobre 1935 : « La guérison s'est opérée normalement avec des lavages. Maintenant, la malade est complètement rétablie, les troubles oculaires ont disparu, ainsi que les migraines, il persiste une légère douleur au niveau
de la canine. » (Signé : Bouchaille.)
Observation IV.
Rélraclion spasmodique de la paupière supérieure d’origine dentaire. Dr Rochette, Saint-Raphaël (Revue slomalologique, 1930, p. 502).
En août 1927, Mme X.., âgée de 50 ans, vient nous consulter pour une monoarthrite suppurée de D?. Cette dent mobile est extraite.
Vingt jours après, l’alvéole déshabité suppurait encore. Une radiographie nous permet de découvrir une ectopie bilatérale des canines. La canine droite directement en rapport avec le sommet de l’alvéole D?, nous expliquait la suppuration persistante signalée plus haut Quant à la canine gauche, elle était située beaucoup plus haut dans le maxillaire. Cette dernière, d’un accès difficile, ne donnant lieu à aucun accident, nous décidons d'extraire seulement la canine droite. cause visible de la suppuration alvéolaire.
Le D' Crocquefer nous aide en cette opération. Auit jours après, tout rentrait dans l’ordre.
Deux ans plus tard, nous revoyons la malade. Elle présente à gauche {côté de la canine incluse restante } : « Un œil brillant plus largement ouvert par suite d’une rétraction en haut de la paupière supérieure.
» Une légère exophtalmie non pulsatile,
» Dans le mouvement d’abaissement du globe oculaire, celui-ci continue sa descente — alors qu'à un moment donné, la paupière supérieure s'arrête (signe de Graefe dans l’exophtalmie).
» Occlusion de la fente palpébrale possible, La paupière supérieure
Re, n’est agitée d'aucune secousse clonique et le clignement de l’œil est normal. »
À part la légère exophtalmie, il semble bien s’agir d’une rétraction causée par un spasme tonique du releveur. L'examen du fond d'œil (DT Chabal) ne montre rien d’anormal. Pas de signe de Basedow. Get état a paru il ÿ a vingt jours; d’abord léger, il n’a fait que s’exaspérer Jusqu'à ce Jour.
Extraction par la face palatine. Guérison complète,
Observation V.
Hartmann (Edward).
Rélraclion spasmodique de la paupière supérieure d'origine dentaire
(Revue neurologique, n° 1, janvier 1935).
Mlle R..., 22 ans. Exophtalmie et rétraction spasmodique de la paupière supérieure (unilatérales) d’origine dentaire.
De mars à fin juillet 1933, a l’impression que les paupières de son œil droit sont un peu gonflées. Depuis le début d’août, il lui semble que l’œil droit est plus saillant que l'œil gauche. Les troubles oculaires ayant été considérés en Suisse comme de nature endocrinienne la malade à été soumise à un traitement opothérapique prolongé, sans résultat. Elle est alors suspectée d’avoir une tumeur de l'orbite, ce qui provoque son voyage à Paris.
4 octobre 1933. — La malade nous est adressée pour examen, par notre ami, le Dr Bordet. Il existe une légère exophtalmie axile et réductible. Gette exophtalmie est légère, mais paraît marquée, du fait d’une rétraction spasmodique de la paupière supérieure. II existe un signe de Graefedu côté droit. Motilité oculaire normale, pas de diplopie, fond d’œil normal. Acuité visuelle normale. Pupille et champ visuel normaux.
L'œil gauche est entièrement normal. Aucun symptôme de maladie de Basedow.
La malade signalant une canine supérieure droite incluse et douloureuse, nous conseillons un examen dentaire. Celui-ci conduit à faire l'extraction de cette canine dont la racine est trouvée entourée d’ostéite, à traiter plusieurs autres dents malades et à modifier un
bridge mal ajusté. Les phénomènes oculaires qui duraient depuis huit mois commencent à rétrocéder huit à dix jours après l’ablation de la canine. L'amélioration se poursuit régulièrement et, deux mois plus tard, la guérison est complète. La malade nous rend visite en décembre 1934, la guérison s’est maintenue.
Même observation chez une personne de 30 ans, avec dent de sagesse supérieure en voie de désinclusion, provoquant une rétraction spasmodique de la paupière supérieure el des poussées douloureuses qui cessent par l’application des pointes de feu.
Observation VI.
Inédile.
(Due à l’obligeance du Dr Martinaud.)
Mme L..., 65 ans, présente depuis un an et demi des troubles oculaires traités par deux oculistes durant cette époque. Elle vient nous consulter le 20 octobre 1932. Le dernier praticien a posé le diagnostic de glaucome. Recherchant l’étiologie de cette affection, on fait pratiquer une radiographie de la face, du sinus maxillaire, des sinus frontaux. Un des clichés révèle l'existence d’une canine incluse de la maxillaire supérieure gauche (même côté des troubles oculaires). Cette canine est dirigée de haut en bas, oblique de gauche à droite et d’arrière en avant. La couronne et une partie de la racine se trouvent en avant des racines de l’incisive centrale et de lincisive latérale (côté gauche).
Songeant à une épine irritative possible, extraction chirurgicale est pratiquée sur la demande du spécialiste ophtalmologiste.
Un mois après, la malade déclare que, depuis une douzaine de jours, tous les troubles oculaires ont complèlement disparu, mais, que, déjà, le lendemain de l'intervention, tandis que son maxillaire opéré élait un peu douloureux, elle éprouvait une amélioration légère du côté de l'œil. Elle n’en dit rien, craignant que cela soit passager, mais cette amélioration se confirmant peu à peu. Trois mois après, la guérison oculaire persistait.
Huit mois après, l’'ophtalmologiste revoit la malade qui se plaint
des mêmes manifestations qu'autrefois. I nous en avertit et soumet
Po
sa cliente à une autre Lhérapeutique. Une nouvelle radiographie confirme l’intégrité du smus et de l’ethmoïde, aussi bien que la cica-
trisation normale de l’opération dentaire antérieurement pratiquée.
Conclusion. — Doit-on faire jouer à cette canine le rôle d’une cause directe ou réflexe ?
Ce succès passager est-il dû à l’extraction elle-même, à l’action anesthétique locale, ou est-il le résultat d’un effet psychique ?
La coïncidence du début de l’amélioration dès le lendemain de l’extraction permet d’établir seulement une relation de causes à effets, mais sans permettre impartialement d’en préciser la véritable origine.
La récidive, huit mois après, fait éliminer, en tout cas, d’une facon irréfutable, l’action directe de la canine incluse par pression osseuse ou même par irritation sympathique.
Observation VII.
(Résumée.)
Canine incluse el troubles réflexes oculo-orbilaires. (D' Brugnairolles
et Guttières, Tunis.)
Mlle Daisy T... se présente à la consultation du dispensaire Saint- Vincent-de-Paul à Tunis. Cette malade se plaint de larmoiement de l’œil gauche, avec œdème de la région sous-orbitaire. En outre, elle a des migraines fréquentes, avec vertiges : le début de ces accidents remonte à trois ans. Différents examens oculaires n’ont rien montré d’anormal. La rhinoscopie, montre un sinus normal, il existe une légère hypertrophie du cornet inférieur.
La radiographie vérifie l’intégrité du sinus mais décèle la canine gauche incluse dans le maxillaire supérieur et la persistance de la canine de lait qui n'avait pas attiré l'attention au cours de l’examen dentaire. Rien à signaler au point de vue héréditaire. L’extraction de la dent incluse entraine la guérison rapide de tous les troubles oculaires certainement d’origine réflexe (Tunisie médicale, 1932).
Observation VIII.
(Docteurs Quintero et Romey, Lyon.)
Mlle Jeanne L..., 24 ans, femme de chambre, se plaint de troubles oculaires qu’elle attribue à ses dents; sensations de pesanteur sur sa paupière inférieure, difficultés d’accommodation par moments, brouillards fugitifs devant les yeux.
Rien à signaler au point de vue héréditaire. En outre, cette per” sonne est atteinte d’anémie pour laquelle elle est soignée. La bouche close, on note un affaissement de la région labiale supérieure. A l’examen endo-buccal, absence des deux canines supérieures que la radiographie montre incluses dans le maxillaire supérieur (procédé Simpson). Les auteurs attribuent les troubles oculaires à l’ané-
mie, l'intervention ne les ayant pas fait disparaître.
Observation IX.
(Due à Mme Dupuis-Hayer, Lausanne.)
Une malade souffrait de l'œil droit; une radiographie montre la canine droite incluse.
L’œil continuait à être douloureux et un glaucome secondaire apparait. On conseille alors à la malade l’énucléation de l'œil et le port d’une prothèse. La patiente suivit le conseil de l’auteur; on pratique l'extraction de la canine et les troubles oculaires disparaissent.
Dans ee cas, l’agent irritant des fibres vasomotrices qui amenèrent les troubles trophiques de l’œil et des organes voisins était bien la dent incluse. (Revue mensuelle d'odontologie, août 1931.)
Observation X.
Résumée.
(MM. Guttieres et Maruani, Tunis.)
Un homme de 50 ans vient consulter le Dr Guttieres pour un abcès du palais. IT portait, en outre, un appareil de prothèse en vul-
canite, À Pexamen, la partie médiane de la mâchoire supérieure est
oo
très rouge, tuméfiée et très douloureuse au palper. Enfin, on note une pyorrhée très avancée des molaires et des prémolaires, seules dents restantes. L'examen radiographique révèle la présence de deux canines incluses dans le maxillaire supérieur. L’avulsion chilurgicale des deux canines est pratiquée. Quelques mois après l'opération, le malade est complètement remis et porte admirablement un nouvel appareil de prothèse. Les auteurs concluent : « Il faut savoir que les dents incluses peuvent être l’origine de troubles visuels où de névralgies faciales; c’est justement ce que nous avons constaté chez notre malade qui voit beaucoup mieux depuis l’opéralion : il avait une myopie avec un léger décollement de la rétine depuis une année, ce qui lui donnait des troubles visuels assez
nets. »
Observation XI.
Inédile.
(Docteurs Dubernard et Dufrèche.)
Troubles névralgiques el canine incluse.
Mile A.., étudiante en lettres à la Faculté de Bordeaux, souffre de «névralgies de lhémiface droite ». Ces douleurs, d’abord espacées, ont pris rapidement un caractère aigu avec des épisodes d’exacerbation, apparaissant même la nuit.
En novembre 1934, c’est-à-dire trois mois après le début de ces troubles, la malade vient consulter le Dr Dubernard. L'absence de la canine droite supérieure (denture en parfait état) fait penser à une inclusion qui est vérifiée par la radiographie. Celle-ci montre la canine incluse couchée horizontalement au niveau des racines des prémolaires, dont la première a subi une déviation due à la poussée de la dent incluse. Une zone claire autout de la couronne qui a une direction oblique vers le haut semble indiquer une légère péricoro-
narite. Intervention. Guérison de tous les troubles.
Observation XII Inédile.
(Due à l’obligeance du Dr Marronneaud.)
Sur un cas de dent incluse avec symplomalologie subjeclive exemplaire.
Mme M.., 42 ans, souffre depuis plusieurs années (deux-trois ans) de troubles très particuliers, « très drôles, qu'il lui est difficile, ditelle, de dépeindre ». Une interrogation méthodique permet d’établir que cette personne présente bilatéralement, mais avec prédominance à gauche : 10 des douleurs de tête, avec zones de migraines occipitales et orbitaires ;
29 Des poussées congestives de la face qui devient rouge et chaude et des yeux qui deviennent rouges et brillants;
30 Des mucosités qui tombent surtout dans le naso-pharynx ou qu'elle arrive à moucher par la narine gauche et qui gênent sa respiration nasale (sensation d’enchifrènement).
Au point de vue général, elle accuse : de l'agitation, de l’impatience: de l’insomnie. Ces signes vont s’accentuant depuis deux, trois mois et, à ses dires, «elle ne peut ni travailler le jour, ni dormir la nuit ». Elle est envoyée au DT Maronneaud, par son médecin, pour examen
au point de vue bouche et cavités accessoires de la face.
Examen :
Au point de vue général, malade bouleversée et anxieuse, un peu agitée, dénotant évidemment un terrain psychopatique.
Au point de vue local, fosses nasales : déviation de la cloison, aucune mucosité décelable au moment de examen.
Diaphanoscopie : négative.
Radiographie des sinus : léger voile à gauche.
Radiographie maxillaire (méthode de Belot) : permet de situer l'inclusion longitudinale d’une canine supérieure gauche, qui manque à l’arcade dentaire, dans lépaisseur de lPapophyse orbitaire, versant de la fosse canine, l'apex profondément enfoncé vers l’angle dièdre sinuso-orbitaire, le cuspide incisif affleurant la face vestibulaire de Pinfra-structure alvéolaire, Aucun point douloureux d’émergence (points de Valeix).
En résumé, troubles douloureux et congestifs crano-faciaux,
nl
troubles généraux se traduisant par de l’insomnie et du nervosisme, évoluant par accès.
Aucune cause objective décelable à l'examen du sinus et du nez; douleurs ne s’accordant pas avec les signes ordinaires de la névralgie. Malgré un état psychique qui pourrait jeter quelque suspiscion sur les dires de la malade, celle-ci souffre vraiment par crise et présente à ce moment-là (constatation de son entourage) une face légèrement vultueuse et des yeux injectés eb brillants.
Devant cette situation, nous n’hésitons pas, et il nous semble logique d’inculper d’abord Pinclusion de la canine gauche comme l’origine étiologique possible,
L'intervention est décidée,
Dix jours après, la malade, depuis l'intervention, se dit naturellement très bien, mais s'empresse immédiatement de faire des réserves que, prudemment, nous ne croyons pas devoir dissiper encore, nous contentant de l’encourager.
Trois semaines après, la malade n’a pas souffert de la tête et prend comme:nous-même quelque confiance. Ce qui nous permet d'écrire à son médecin : « Sans donc trop nous réjouir de ces impressions, ii est permis d'espérer un changement et une amélioration malgré ce terrain psychopathique peu favorable. »
Cinq mois après, troubles locaux disparus, plus de douleurs de tête, état général tellement amélioré que les nuits d’insomnie se
comptent et que la malade ne prend plus aucun médicament.
Conclusion et commentaires. — L'inclusion de cette canine supérieure fut l’origine. (Epine irritative de la synalgie cranienne accusée par la malade, avec phénomènes congestifs, réflexes surajoutés.)
1° Au niveau de la surface cutanée (érythrose);
20 De la muqueuse conjonctive oculaire;
30 De la muqueuse sinusale, ce qui explique le voile radiographique du sinus gauche et les phéno-sécrétions : sécrétion lacrymale (yeux brillants): sécrétion sinusale (mouchage et mucosités naso-pharyngiennes). Enfin, ces phénomènes locaux se compliquent de troubles généraux : insomnie, agi” tation, lassitude, d'autant plus marqués qu'ils trouvent un terrain psycho-névropathique favorable à leur éclosion et leur persistance.
Ge]
Observation XIII.
Inédile.
(Docteurs Despin et Dufrèche.)
Le 5 novembre 1932, Mile Henriette C.…., 25 ans, lingère au Bouscat, vient consulter le docteur Despin au service de stomatologie de l'hôpital Saint-André, pour des douleurs névralgiques du maxillaire supérieur droit. Deux ans auparavant, la malade a senti que sa gencive palatine était « soulevée ». Mais elle ne souffrait pas.
En juillet 1931, la malade commence à souffrir au moment des repas; les douleurs débutaient au point soulevé, devenaient lancinantes et s’'irradiaien£ à la région sous-orbitaire droite. Elle réclame l’extraction de la dent dont la couronne apparaît en rétroposition par rapport à sa place normale : c’est une canine en voie de désinclusion dont on n’aperçoit que l’extrémité de la couronne. Extraction et guérison dans la semaine qui suit.
Conclusion. — Il s’agit là de phénomènes douloureux dus à une canine supérieure en voie de désinclusion, phénomènes ayant com-
mencé alors que la dent était encore incluse.
Observation XIV.
Inédile.
(Due à l’obligeance du professeur agrégé Despons.)
Mlle C... C.., 20 ans, serveuse à Bordeaux, est soignée dans le service d’oto-rhino-laryngologie pour sinusite. En outre, elle se plaint de névralgie tenace qu'elle qualifie de migraine. Une radiographie faite en août 1933 après la guérison de la sinusite montre la présence de deux dents incluses dans la fosse canine. L’extraction
est décidée : les troubles douloureux disparaissent.
Observation XV Résumée, (Comm. à la Société française de stomatologie, avril 1914, par le Dr Lebedinsky.)
Il s’agit d’une malade qui souffre depuis deux ans de la mâchoire
supérieure, Les dentistes, les médecins, les spécialistes pour la gorge
ct le nez, consultés, lui ont dit que c'était la pyorrhée alvéolaire qui provoquait ces douleurs. Malgré l’extraction de plusieurs dents, la malade continue à souffrir. D’autres médecins, avaient diagnostiqué une lumeur intra-osseuse du maxillaire supérieur. À l’examen, on trouvait un épaississement de la muqueuse palatine —- l'os semblait ne présenter aucune lésion. La radiographie montre la présence de deux dents incluses. L’extraction entraîne la guérison
complète de tous les troubles.
Observation XVI.
Inédile.
(Docteurs Despin et Dufrèche.)
Inclusion de deux canines el fislule dentaire chez un édenlé avec acci-
dent prothélique.
Mme C.. Justine, 9? ans, tailleuse, vient à la consultation du Dr Despin pour une fistule du maxillaire. La patiente nous raconte qu'elle ne peut plus supporter son dentier complet parce qu'il la gène et la fait souffrir; de plus, elle a une fistule au maxillaire supérieur.
À l’examen, nous constatons, en effet, dans la région palatine supérieure gauche, une tuméfaction rouge nettement surélevée et douloureuse à la pression. En outre, au même niveau existe une fis- Lule par où sourd du pus jaunâtre. Un stylet introduit dans la fis- {ule rencontre un corps dur et lisse donnant au doigt la sensation de l'émail d’une dent. Le diagnostic de la dent incluse est confirmé par radiographie. C’est une canine gauche, mais la canine droite est aussi incluse. L’avulsion de la canine gauche est pratiquée par le Dr Despin et nous-même par la voie palatine, on respecte la canine droite. Guérison rapide de la fistule.
On note dans les antécédents de cette malade, à l’âge de 14 ans, une période de trois mois pendant laquelle cette personne a souffert de crises douloureuses à type névralgique paroxystique qui Faurait obligée à s’aliter — période qui correspond à l’éruption normale de
la canine.
tre
Observation XVII.
(Tagger, Sofia, Revue odontologie, 1927.)
L'auteur signale deux cas de canines incluses, causes d’écoulement purulent par les alvéoles dentaires et simulant ainsi la pyorthée alvéolaire.
Dans le premier cas, il s’agissait de canines supérieures incluses dont le foyer d’ostéile avait pu faire soupconner de pyorrhée les imcisives latérales. Dans le deuxième cas, on enleva l’incisive !
Ces deux cas montrent le rôle que peuvent jouer les dents incluses
dans l'infection buccale.
Observation XVIII.
Cas curieux de deux canines incluses dans la mâchoire supérieure el
un sujel de 66 ans. (Semaine dentaire, 1927.)
L'auteur, M. Berthet, dentiste pose un dentier à une dame de 66 ans. Mais la patiente revenait, se plaignant de douleurs qu'elle imputait à l'appareil. A la radiographie, le cliché montre l’évolution tardive et vicieuse de deux canines placées toutes les deux du côté
droit, dans la fosse canine et couchées horizontalement.
Observation XIX.
(Luniatscheck.)
Sinusile et canine incluse.
Un homme de 35 ans vient pour mal aux dents. Trois mois avant, cel homme a eu le nez bouché, mouchait et crachait du pus et du sang, jusqu'à 4 mouchoirs,
On pense à une Lumeur au niveau du palais ou à des polypes du nez. On opère et on Lrouve une canine incluse qui a provoqué une infection du nez en même Lemps qu'une sinusite,
Observation XX.
(Inédile.)
(Due à lPobligeance du médecin-commandant Ginestet,
chef du Centre de stomatologie de Bordeaux.)
Canincs incluses chez une jeune fille de 20 ans, chez le père et Le jrère
de celle-ct.
Mlle D..., 18 ans, vient consulter le docteur Ginestet au sujet d’une canine supérieure gauche. À l'examen, on constate que cette canine est une dent de lait soignée pendant des années par un denüiste pour carie. À ce moment, la chambre pulpaire est ouverte et infectée, présentant les signes d’arthrite. La radiographie montre G3 incluse dans le maxillaire supérieur, à direction oblique de haut en bas et de gauche à droite. La pointe de la couronne semble être au niveau de l’apex de G?2. L’extraction de la dent de lait est pratiquée le 16 décembre 1932. Un mois après, on fait un appareil de prothèse mobile pour remplacer cette dent. À ce moment, G3 fait son évolution en palatogressiont,
On propose, un traitement orthodontique pour vestibuler la canine et rentrer les deux latérales. Ce traitement parait trop long et 1l est refusé. On se décide alors à une opération plus mutilante au point de vue dentaire : l'extraction de G4 est pratiquée — sans regret, car elle montre un apex résorbé —- par rhizalyse. On à placé ensuite un plan incliné pour ramenr la canine à sa place normale sur l’arcade dentaire.
Anlécédents :
a) Personnels : jeune fille de constitution normale, sans tare ni physique ni intellectuelle.
b) Hérédilaires : le père, bien portant, a vu se produire l’éruption de sa canine gauche à l’âge de 45 ans, après chute spontanée de la dent de lait.
c) Collaléraux : un frère, âgé de 22 ans, présente plusieurs anoma-
lies dentaires parmi lesquelles l’inclusion de G3 et la persistance de
1. G 1 : incision supérieure gauche centrale; — G 2 : incision supérieure gauche latérale ; — G 3 : canine supérieure gauche.
BY
la canine de lait implantée à la place de G?2. En outre, d’après les dires de la jeune fille, sa mère aurait présenté des chutes tardives
de dents de lait.
Conclusion. —- Le traitement orthodontique et chirurgical a perinis à la canine incluse de faire son évolution et de prendre sa place sur l’arcade dentaire. [l est intéressant de noter plusieurs cas d’inclusion dans la même famille. À l'heure actuelle, et nous avons vu à ce sujet le Dr Ginestet, la dent est en bonne place et à terminé son
éruption.
Observation XXI.
({nédile,) (Docteurs Despons, Dubernard et Dufrèche.)
M. B... Maurice, 29 ans, secrétaire de police à Bordeaux, présente une canine incluse dans la voûte palatine. L'incisive latérale gauche avait tendance à se dévier et à sortir de la cavité alvéolaire devant Ja poussée de G3. L’extraction de cette canine est pratiquée. On con-
solide ensuite la latérale avec une ligature.
Observation XXII.
({nédile.) (Due à mon camarade, le Dr Roussel, à Paris.) Evolulion en place normale d'une canine incluse par un traitement orlhodonlique.
Mile V..., 19 ans, vient consulter le docteur Roussel parce qu’elle souffre au niveau de sa canine. On constate l'absence de G3. Le docteur À. Bouland fait de la radiographie et donne les résultats suivants : « Inclusion de G3. Cette dent incluse dans la voûte palatine ne peul venir en place —- apex courbé, Sa pointe parait buter contre G2.» Le docteur Roussel enlève la canine de lait encore présente et revoit la patiente chaque mois. Six mois après, la couronne de la canine permanente apparait. Un an après, elle butait contre les dents inférieures correspondantes. Le Dr Roussel pose deux cou-
ho
ronnes à litre provisoire sur les deux molaires inférieures pour suré-
lever l’articulé. La canine a évolué de cinq millimètres. À ce moment,
plan incliné léger pour la remettre en place, en provoquant une rotation de G? assez accentuée. On espère faire pivoter G2
En résumé, la canine incluse a fait son évolution par un traite-
ment orthodontique approprié, malgré l'avis du radiographe expé-
rimenté qui ne pensait pas que l’on puisse arriver à un tel résultat.
Observation XXIV.
(Inédile.) (Due à lPobligeance du Dr Martinaud.)
(Résumée.)
Canine incluse el kysle denligere du maxillaire supérieur.
Il s’agit d’une dame de 39 ans qui, deux mois auparavant, à remarqué l’ébranlement de son incisive centrale supérieure gauche. Ce phénomène augmenta progressivement, sans être accompagné de douleurs spontanées. Seul, le contact du liquide chaud ou froid était pénible. Bientôt apparait une tuméfaction lisse, arrondie, non
douloureuse dans le vestibule. Sa consistance est dure, e& donne la
sensation de balle de celluloïd.
V fésubnle supérieur.
} 1. Dent incluse. b) Plancher de la fosse nasale.
Voûte palatine.
Kyste. c 9. Incisive temporaire. d) Cavité buccale.
e) Alvéole.
Dufrèche. 3
Cest dans ces conditions que la malade se présente à notre examen le 9 octobre 1931.
Le diagnostic de tumeur kystique (type paradentaire) est posé. Nous avions remarqué l'absence de la canine supérieure gauche, dont la place était occupée par une incisive latérale temporaire. Cette dernière était très ébranlée, ainsi d’ailleurs que l’incision centrale du même côté. Ces deux dents n'avaient pas de carie et n'avaient jamais été traitées,
L'examen de la fosse nasale gauche indiquait le soulèvement du plancher de celle-ci par la partie supérieure du kyste qui, objectivement, avait un développement vestibulaire et nasal.
La radiographie confirme le diagnostic mais on voit sur le cliché une opacité, résultant d’une dent incluse, dont on ne distinguait que la couronne. L'interprétation du radiographe fut qu'il s'agissait d’un bourgeon dentaire incomplètement développé et sans racine.
Intervention : nous enlevons un kyste dentigère avec une canine incluse parfaitement constituée, Guérison.
Ce qui mérite d’être retenu, c’est :
10 La position respective du kyste et celle de la dent : kyste en avant, dent en arrière:
2° Erreur relative de la radiographie qui ne montre pas la racine de la dent:
39 L'examen de la couronne ne montra aucune adhérence des parois du kyste sur le pourtour, mais sur la face triturante de la dent, entre les cuspides, un orifice par où sortait un petit bourgeon rouge. Avec un fil métallique on pénétrait par cet orifice dans la chambre pulpaire.
Or le kyste était adhérent : donc kyste dentigère.
Observation XXV.
(Inédile.)
(Due à l’obligeance de M. Charles, chirurgien-dentiste, à Bordeaux.)
En 1952, M. Charles voit arriver dans son cabinet un jeune client de 18 ans qu'il n'avait pas vu depuis six années. Il est frappé par le
changement de sa physionomie,
À l'examen, il constate la présence de la canine de lait — et la proéminence du vestibule nasal — qui déforme le visage. Le palais
est soulevé par une Luméfaction molle et arrondie. Le diagnostic de kyste est confirmé par la radiographie. Un bourgeon dentaire (sans racine) est visible auprès de la poche kystique.
L'opération montre que l’on à affaire à un kyste dentigère.
Guérison (v. radio).
Observation XXVI
Crine Lima : « Syr un cas de céneslopathie délerminée par des dents incluses » ‘Revista Radiologia clinica, Porto Alegro, n° 5, trad.
3ercher.
Homme de 26 ans souffre depuis un an de névralgie avec des insomnies terribles. Cet état douloureux entraine rapidement une dépression nerveuse. En même temps apparaît une plaie sur le prépuce.
Il se fit examiner alors par un médecin qui, guidé par la lésion cénitale, porta le diagnostic de syphilis et institua un traitement immédiat. Pas d'amélioration ni de l’état local ni de l’état général.
Cure de repos au sanatorium de Santa Cruz. Un médecin ami pensa à l'influence possible du système dentaire et envoya le malade à un dentiste qui constate l’absence de 2 dents.
Le patient est certain qu’elles n’ont jamais été extraites. À l’âge de cinq ans, il avait reçu un coup de pied de cheval dans la région molaire gauche. La radiographie montre trois dents incluses dans le maxillaire supérieur.
Intervention : pendant l'opération, la troisième molaire fut projetée dans le sinus, mais extraite trois jours après. Le sinus était chroniquement enflammé. Guérison de tous les troubles.
L'auteur interprète ainsi l'observation : à l’âge de cinq ans, le patient avait #6 victime d’un coup de pied de cheval dans la région molaire gauche. Ge traumatisme avait déterminé une ostéite condensante qui produisit une résistance au passage normal des trois
dents. Ces dents, alors en situation anormale, compriment les filets
du trijumeau, produisant des réflexes caractéristiques du syñdrome
cénestopathique.
Trois observations de canines incluses, sans aucun accidents.
M. J.. 26 ans, chirurgien-dentiste à Castillon, deux canines incluses.
M. M... 23 ans, étudiant en médecine, deux canines incluses dans un maxillaire atrésié.
W. Pierre B.., infirmier à l'hôpital Saint-André, Bordeaux, canine incluse dans le maxillaire supérieur avec déviation de la latérale.
Observation XXVIL.
(Inédile.) (Due à l’obligeance de M. le professeur Dubecq.)
Canine en voie de désinclusion.
disant qu'une dent est en voie d’éruption au niveau de son hémi-
es
. R. D... 41 ans, docteur en médecine, vient me trouver en
palais. Le malade, de constitution robuste, présente la morphologie faciale du digestif. I présente en outre une prognalhie mandibujure que l’on retrouve chez son père et chez ses oncles. A l'examen, on constate effectivement, au niveau de la partie intérieure de l'hémi-palais droit la présence d’une dent dont la partie coronaire est saillante dans la cavité buccale e& ne semble pas présenter l'aspect typique d’une canine, Or, les canines manquant des deux côtés, l’incisive latérale du même côté présente une mobilité anormale. Il n’a pas élé pratiqué de radiographie.
Le malade reste d’ailleurs indifférent à toute {hérapeutique. Signalons, toutelois, qu'un phénomène identique est arrivé à son père vers l’âge de 50 ans.