‹ L'inconscientChapitre 10 sur 28 · DYNAMIQUE · texte numérisé non relu

DYNAMIQUE

j'ai conscience et que je dirige à mon gré; mais pour l'idée-mëre, il n'en est pas ainsi; elle surgit dans ma conscience sans que je sois pour quelque chose dans son apparition ; c'est une éclosioa comme spontanée sur laquelle l'introspection ia plus minutieuse n'apprend rien ; elle surgît des profondeurs de l'inconscient et c'est sur elle que je travaille avec mon activité mentale, consciente et volontaire. >'

Voilà donc une analyse semblable à celle de Poincaré ; l'idée-mère, c'est l'invention, Vintpiralion doni parle Foincaré. Chez Beaunis, elle surgit aussi tout à coup dans l'esprit. Le développement par contre es! entrepris par la conscience. Le processus incons n'ett p<u ici un automatisme, mais une action vivante.

Etfieaunis ajoute ces lignes caractéristiques : h Ces idées-mères se présentent aussi bien dans un travail scientiûque et littéraire que dans un délassemeni artistique et en réalité mon moi conscient n'y estpour rien. Bien au contraire, si je les cherche, elles me fuient, et elles me fuient d'autant plus que je mets plu& d'acharnement à leur poursuite. »

Beaunis, en physiologiste, lire de ces remarques des conséquences pratiques et des recommandations pour tous ceux qui travaillent de la pensée. Nous nous contentons de les résumer ici. D'abord, le travail inconscient ne fatigue pas comme te travail conscient. Après l'avoir utilisé instinctivement, Beaunis l'a employé systématiquement et il lui a rendu les plus grands services. Comme Poincaré, il le prépare. Mais si après quelques elTorts, la solution ne se présente pas, il interrompt son travail et s'occupe d'autre chose. Parfois il interrompt sa recherche quelques heures, parfois quelques jours, quelques mois, et y les problèmes se résolvent comme par enchantement ». Grâce à cette méthode de travail, tout surmenage est écarté. « Aussi me permetlrai-je de dire à tous ceux qui, savants, littérateurs, artistes, vivent surtout par

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le cerveau : laisseï travailler l'inconscient, il ne se fatigue jamais v. Iteaunis veUt naturellement parler ici du travail qui implique inveotion et création. Car la besogne journalière souvent peu intéressante que l'on fait pour gagner sa vie n'appelle pas de pareilles formes d'activité. Elle se compose d'un peu de technique et de beaucoup d'automatisme.

Beaunis considère que même pour l'enfant sa méthode doit être employée. A l'éducateur de l'appliquer avec tact. S'il voit un enfant de bonne volonté hésiter, perdre l'attention, faire d'inutiles efforts de mémoire ou de raisonnement, qu'il l'arrête et laisse travailler l'inconscient. Que d'acquisitions, dit-il en terminant, nous lui devons, par l'expérience quotidienne. Et la langue maternelle, n'est-ce pas inconsciemment que l'enfant l'apprend? Le travail inconscient se continue avec l'âge. « A nous de savoir l'utiliser. »

Le D*" Chabaneix cite parmi les savants et surtout parmi les artistes de nombreux exemples d'activité inconsciente. Nous retenons les exemples suivants: \V, Scott s'est souvent endormi après avoir vainement poursuivi une idée qui lui apparaissait au réveil; ■Michelet, avant de se coucher, s'occupait au moins un instant des documents préparés pour le lendemaio et provoquait ainsi un travail inconscient; A. deVig^ constate qu'une idée, une fois lancée par Ea conscience, continue i se former inconsciemment pendant qu'il agit et parle; Sully Prudhomme aperçoit tout à coup le sens d'une démonstration géométrique qu'il n'avait pu saisir un an auparavant ; dans l'intervalle l'inconscient a travaillé. Vincent d'Indy a parfois le matin la fugitive vision d'une solution cherchée qu'il parvient alors à reconstituer pendant la journée.

Mozart écrit à un ami que s'il se sent content et de bonne humeur, les pensées lui viennent en foule saM qu'il les cherche. Il garde et fredonne celles qui loi

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plaiseot. A un air s'en ajoute un autre suivant les besoins de la composition, et peu à peu l'œuvre se forme, si bien qu'il l'entend comme dans un beau soDge. Il n'a plus qu'à l'écrire. Tolstoï déclare qu'après une émotion, une excitation, il se produit une espèce de déclan c h emént, faisant apparaître en foule à la conscience des idées qui avaient mûri à l'ilisu de celle-ci.

Cbabaneix nous cite ici, l'un à côté de l'autre, des savants, des musiciens, des écrivains. Nous constatons que l'inspiration inconsciente n'est aucunement réservée aux artistes; je me demande si elle n'est pas plus fréquente encore chez les hommes de science et sielle n'est pas l'une au moins des caractéristiques de la )^ande découverte. En tout cas, elle suppose une vision. Depuis l'antiquité, la légende ou l'histoire nous rapporte ces illuminations subites chez les hommes de science, comme Poincaré les décrit si exactement. N'est-ce pas, pour citer un exemple connu de tous, le cas d'Archimède, quand il découvrit le célèbre principe qoi a gardé son nom ? On raconte qu'il fut piis d'une exaltation extraordinairequand tout à coup la solution *|u*il cherchait éclata dans sa conscience.

N'est-ce pas encore la même attitude mentale qui se manifeste chez Descartes lors de sa découverte de 3a méthode? Dans son commentaire au Oiscows de la Méthode, Paul Landormy écrit ; « Descartes passa l'hiver de 1619 à Neubourg, sur les bords du Danube, enfermé dans une chambre que chauffait un gros poêle de faïence. C'est là que, pendant la nuit du 10 novembre, il prit définitivement conscience de sa méthode. Il eut une sorte d'illumination soudaine, il aperçut distinctement les nouvelles voies à suivre pour constituer la science, etcette découverte l'empiitd'une telle joie qu'il fit vœu d'aller en pèlerinage rendre grâce à Notre-Dame de Lorette. »

Et Newton n'eut-il pas une intuition analogue, lorsqu'il éleva la loi de la chute des corps en principe

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d'attraction universelle ? Cela ne doit pas nous étonner chez le savant et le penseur, car précisément ia divination consiste pour l'homme de science k pénétrer, en considérant un cas typique, jusqu'à la loi qui régit et ce cas et tous ceux qui lui sont similaires. Gœtbe dit de Galilée : « Il montra déjà, quand il était encore très jeune, que pour le génie un seul cas en représente mille, lorsque, des oscillations que décrivaient les lampes de l'église, il développa la théorie du pendule et de ia chute des corps. '>

Les romantiques se sont plu à proclamer la-supériorité de l'instinctif sur le rationnel, de la création violente et effrénée, de l'inspiration libre sur l'habileté et la réflexion. Aussi pourra-t-ou aisément trouver chez eux des notations qui intéressent l'inconscienl. Carlyle, dans plusieurs passages de ses œuvres, proclame que l'inconscient appartient à la vie pure et sans mélange, le conscient à un mélange maladif entre la vie et la mort ; l'inconscient est la marque du pouvoir créateur, la conscience, celle de l'habileté. L'inconscient créateur lui, apparaît comme infini et inépuisable ; il forme cette région mystique d'où jaillit toute poésie, ainsi que les religions et les systèmes

Nous n'avons pas, dans une étude de psychologie fondée sur l'expérience, à discuter ces "thèses, mtùa nous tenions à les signaler comme symptomatiques. Sans aller à des élans lyriques aussi prononcés, d'autres grands écrivains ont reconnu à l'inconscient le rOle qu'aucun autre fonctionnement psychique ne pourrait remplir à sa place. Voici comment s'exprime à ce propos Schiller : « Il paraît mauvais et désavantageux pour l'oiuvre de création de l'Ame, que l'entendement censure de trop près les idées qui affluent et sont déjà comme aux portes de la conscience. Une idée, prise isolément, peut être sans portée et tout i fait aventureuse; mais peut-être gagnera-t-elle du

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poids par celle qui la suit, peut-être entrera-t-elle en rapport avec d'autres qui paraissent, elles aussi, manquer de goût, et elles formeront un ensemble tout à fait cohérent. Tout> cela, l'entendement est incapable de le juger, s'il ne garde pas les idées assez longtemps pour les apercevoir dans leurs rapports avec d'autres idées. Dans un esprit créateur par contre, il me semble que l'entendement ne veille plus aux portes, que les idées se précipitent péleméle ^t qu'après seulement, il les voit et les éprouve en grande masse ».

Nietzsche, dans Ecce Homo, décrit ses impressions, lorsque l'idée de l'Éternel Retour s'empara de lui. Kous .transcrivons cette page à titre de document. Nous avons ici une auto-analyse des plus vivantes qui peut, pour nous révéler la création artistique, servir de pendant à l'analyse de Poincaré. Nous lisons dans Nietzsche ces notations : « Subitement, avec une sûreté et une netteté indescriptibles, quelque chose devient visible et s'entend, quelque chose qui secoue JQsqu'au plus profond de l'être et émeut... On entend, on ne cherche pas; on prend, on ne demande pas qui donne; comme un éclair luit une pensée, avec nécessité, dans sa forme, sans hésitation; je n'ai jamais dû choisir ; c'est un ravissement, dont l'excessive tension se dissout parfois en un torrent de larmes, tandis que les pas, sans qu'on le veuille, tantdt se précipitent, tantôt se ralentissent. On est complètement hors de soi avec la conscience tout à fait distincte d'une infinité de frissons jusque dans les orteils; c'est une profondeur de bonheur, dans laquelle la plus grande douleur et le sentiment le plus sombre ne jettent pas d'ombre, mais qui est conditionnée, exigée comme une couleur nécessaire au milieu de cette abondance de lumière; c'est un instinct de rapports rythmiques, qui s'étend sur de vastes étendues de formes ; la longueur, le besoin d'un rythme s'étendantau loin

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est presque la mesure pour la puissance de l'inspiration: tout cela involontaire, comme une tempête de sentiment de liberté, d'inconditionné, de puissance, de divinité ».

En résumé, l'inspiration ou l'invention inconsciente a comme caractères de faire irruption d'une manière soudaine dans la conscience, sans effort ni apparence de préparation; ensuite d'être impersonnelle dans le sens où l'entend Ribot quand il écrit « qu'elle révèle une puissance supérieure à l'individu conscient, étrangère 'à lui, quoique agissant par lui: état que tant d'inventeurs ont exprimé en ces termes : Je n'y suis pour rien ».

A. Bazaillas, qui a consacré une analyse pénétrante et très compréhensive aux rapports entre Musique et Inconscience, considère précisément le problème de « l'élaboration inconsciente )■ et du travail des « forces spontanées de l'esprit " comme le problème psych<vlogique de l'inconscient par excellence. Et il en donne très exactement le caractère : « Le résultat final tient à la double action exercée, à propos d'un but unique, par deux séries de forces difTérentes: les forces intellectuelles qui raisonnent ou qui spéculent sur des idées ; les forces affectives qui se combinent spontanément et qui travaillent sur des impressions ou des images », Les forces affectives : elles sont très importantes dans l'inconscient latent actif, et A. Bazaillas ne se fait pas faute de les dégager. L'inconscient est pour lui « une conscience à l'état pur, une conscience d'où la représentation s'est retirée », ou, dirions-nous plut<M, en reprenant ses indications dans un autre endroit, avant qu'elle se soit synthétisée dans des représentations, s'il est permis de parler ici d'un avant et d'un a^rés autrement que de manière symbolique; car conscience el inconscient collaborent. Affectif et dynamique, l'inconscient l'est bien, comme Bazaillas le définit; que la pensée ne soit qu'une raréfaction de

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ce dynamisme, cela peut s'admettre, si par raréfaction, on veut dire simplitlcation, unitlcation.

Le contenu de l'inconscient défini par un dynamisme affectif, des tendances saisies dans leur poussée, leur élan originel, parait répondre assez exactement non à l'inconscient automatique, mais à l'inconscient que nous découvrons dans les tendances, le rêve et l'invention, c'est-à-dire l'inconscient latent actif. « Le rêve, la sensualité, les sentiments esthétiques et religieux, écrit encore Bazaillas, empêchent cet incoDEcient de s'abolir en nous ou de tomber à l'état mécanique ». L'inconscient n'est donc pas une forme inférieure et atténuée de la conscience, mais un autre ordre, l'ordre a ff'ectif à forme dynamique, expression de la vie qui se renouvelle, libre de toute répétition et de toute imitation. Certaines manifestations d'art nous mettent en présence de l'inconscient. Non seulement la musique nous instruira à son sujet, mais encore l'art de certains écrivains, entre autres « l'art si profond et si méconnu de Rousseau >i.

« Au même titre que la musique, dont il nous rappelle presque toujours les procédés, il est un art de l'inconscient. Rousseau renverse le système convenu du moi de la réflexion pour se transporter jusqu'au point redoutable où la conscience se fond avec les éléments sauvages et spontanés de la nature. Ce qu'un tel art nous révèle de capricieux et de fantasque, son exaltation, son délire, son ivresse, cette superposition continuelle de la rêverie au réel, ne sont que les procédés de la vie inconsciente, quand, saisie au delà du tournant où elle s'infléchit vers la pensée, elle présente encore la forme d'une puissance élémentaire qui nous renouvelle et nous enchante. Ce ravissement, qui fait le charme insinuant de Rousseau, ne serait point compris, si on l'envisageait du point de vue d'un art de l'intellectualité symétrique et froid. Aussi bien est-ce le moi de l'inconscient que Rousseau vient

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déchaîner et qu'il soulève par un magique appel. » 11 présente l'exemple d'une poussée incessante des forces dynamiques sous le système des forces conservatrices et statiques. Ces forces sont organisées par la réflexion qui leur apporte l'ordre et la précision, explique Bazaillas, et la collaboration de l'inconscient et du conscient donne naissance aux œuvres de la pensée.

Les différences entre l'inconscient automatique et l'inconscient actif ressortent clairement de l'examen des faits. 11 serait contraire k la réalité de les confondre tous deux en un groupe et de réduire l'ensemble des processus inconscients au seul subconscient d'habitude, obéissant chez les individus normaux à ta synthèse et n'apparaissant nettement que dans la désagrégation mentale.

L'inconscient dont nous parlons dans te présent chapitre, on ne saurait trop le répéter, ne ressemble guère à. celui-là; contrairement à l'automatisme, il a une liberté d'allures, une fantaisie inconnue â un esprit appauvri; il donne des combinaisons nouvelles, il est vivant, 11 est inattendu. A l'étudier de près, il relève de tendances dynamiques marquées d'une forte tonalité affective; les systèmes de représentations on d'idées sont, par rapport à ces tendances, et plus déterminés et aussi plus abstraits, moins directement attachés à la personnalité concrète,

A côté de ce caractère d'activité dynamique, le psychisme latent ou inconscient actif aide puissamment la pensée en collaborant avec l'attention consciente et volontaire; il se fait inconsciemment un travail intérieur dont nous avons signalé l'extrême importance. L'Inconscient paraît ici plus riche que la conscience, toujours guidée par l'objet. Quand elle s'élève et crée ses idées les plus durables,

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n'est-ce pas précisément chaque Fois que les teDdaaces inconscientes sont utilisées par elle? La pensée concentrée, si riche dans le sens de la profondeur chez l'homme de génie, en est une preuve constante. La synthèse qui est orientée vers l'objet n'aura jamaiB la force de celle qui vient du cœur même de l'homme.

Aussi s^st-on demandé parfois si l'inconscient n'avait pas un pouvoir de communication inconnu à la conscience. L'on a constaté chez certains individus une sensibilité spéciale, qui semble s'exercer autrement que par la perception sensible par laquelle DOus prenons connaissance des objets matériels.

Ce phénomène se produit dans la télépathie. Des événements distants et hors portée des sens sont perçus par certains individus; des messages peuvent être transmis sans l'intermédiaire des organes des sens. Les faits sont affirmés par des personnes tout à fait dignes de foi. Je puis citer un cas qui m'a été raconté par ma femme, M"' Stéphanie Chandler- Dwelshauvers, qui avait épousé en premières noces un Anglais, dont le frère était capitaine de vaisseau. t'ne huit, étant parfaitement éoeillée et tout à fait consciente de ce qui se passait autour d'elle, elle vit la fenêtre s'ouvrir ; le capitaine de vaisseau apparut, ruisselant, et dit à son frère qu'il lui faisait ses adieux. La chose fut constatée tout de suite par son mari, qui crut d'abord à un rêve. Quelques semaines après, on apprenait que ce capitaine était mort dans un naufrage sur la côte de Chine. On a cité d'autres cas de personnes traversant une crise grave ou se trouvant au moment de la mort- qui apparaissaient à leurs amis ou se faisaient entendre d'eux par des signes répétés.

Ce n'est pas parce que personnellement nous ne sommes sujets à aucun de ces phénomènes que nous soyons en droit de les nier. Si, dans des condi-

lions normales d'observation, des personnes digoes de foi les rapportent, et qu'ils ne soient ni isolés ni aisément explicables par d'autres phénomènes, nous faisons acte de probité scientifique en ne les niant pas aveuglément. Constatons- les et réservons notre interprétation jusqu'à ce que nous soyons mieux informés.

Parfois la sensibilité du sujet récepteur ne se traduit pas par des représentations nettes ou semblables aux ballucinations, mais par des ■ états affectifs, comme dans le cas de M"" Martyn. En général, peu de personnes sont susceptibles aux influences télépathiques et il est très exceptionnel qu'une même personne éprouve le phénomène plus d'une ou deux fois dans toute sa vie. 11 s'agit presque toujours, dans les communications télépathiques, de faits particulièrement graves, morts, accidents dangereux.

On a rapproché de ces faits l'activité singulière de certains médiums qui, non seulement peuvent ee mettre en communication avec des personnes, mais encore extériorisent le mouvement et font bouger des objets sans les toucher, comme dans les expériences réalisées par l'illustre physicien Crookes et fréquemment répétées depuis.

Enfin, il est curieux de constater qu'en état de transe, certains sujets, comme M"' Piper, .sont instruits de beaucoup de choses dont ils n'ont aucune indication par les moyens ordinaires et aucune notion à l'état normal.

Les savants qui ont particulièrement étudié ce genre de faits affirment que ce ne sont pas là des phénomènes morbides ni des formes dégénérées de l'activité mentale, mais des formes qui êiioluent veri un progrès.

Je n'ai pas été, jusqu'à présent, sujet à ce genre de phénomènes et dois donc m'en rapporter aux récits et aux livres. J'ai pris part, cependant, à des

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expériences de labiés tournantes. Elles ont réussi et les répoDses données par la table étaient parfaitement justes. Je sais que dans ces expériences, certaines d'entre ces réponses ne pouvaient venir que de moi, mais j'affirme n'avoir eu aucune conscience des réponses avant qu'elles fussent faites, avoir pensé à toute autre chose et ne pouvoir me représenter la manière dont mon élaboration inconsciente a été transmise à la table : c'est tout ce que je puis dire.

Certains expérimentateurs prétendent qu'il peut y avoir communication d'esprit à esprit et que l'on évoque même l'ime des morts. Les systèmes me paraissent, ici comme ailleurs, dépasser les faits et n'avoir d'utilité que comme hypothèses directrices pour des recherches ultérieures.

En tout cas, abstraction faite de l'hypothèse, les faits ici mentionnés sont intéressants en ce sens qu'ils nous montrent la possibilité pour l'individu humain d'être en relation avec les choses, sans que les moyens de communication apparaissent à la conscience, comme ils lui apparaissent si nous employons volontairement la parole ou l'écrit, ou si nous observons en nous servant de nos sens. De plus, c'est à l'insu de la volonté que les messages télépathiques se produisent.

Ce genre d'inconscient se rattache à celui que nous étudions en ce que des éléments inconnus, non perçus, entrent enjeu, comme dans le rêve, la rêvasserie ou les idées qui s'imposent à nous sans que nous saisissions leur raison d'être. 11 diffère, d'autre piirt, de cet inconscient en ce qu'il laisse l'individu plus passif et surtout en ce que les processus dont il se compose ne paraissent pas appartenir aux tendances qui constituent notre caractère psychique, mais relèvent d'influences extérieures mises en rapport avec un état tout particulier de la sensibilité. A ce dernier point de vue, ils se rapprocheraient de

l'inconscient afTecUf dont nous aurons à nous occuper prochainement.

g 3. — Inconscient de mémoire.

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