‹ L'inconscientChapitre 20 sur 28 · L INCONSCIEWÏ ET LA VIE SOCIALE · texte numérisé non relu

L INCONSCIEWÏ ET LA VIE SOCIALE

à éduquer la faculté de synthèse de l'esprit et le emploi de celle-ci et de celles-là.

Ce que nous enseigne de nouveau l'étude de 1 conscient, c'est avant tout l'importanee des tendar dynamiques et l'utilité de les développer. Nous av vu combien le travail inconscient peut aider la f sée. La synthèse Éera d'autant plus riche qu'i aura en nous un plus grand nombre de tendar vivantes.

Une autre leçon que nous tirons de l'înconsci au point de vue social, intéresse les sentiments. N avons vu, en étudiant l'inconscient dynamique el pathologie du subconscient, l'importance des éi affectifs dans la vie mentale. Nous avons, en gêné la déplorable tendance de juger les actes et les id de nos semblables d'après un critère factice que U' établissons; cette mesure est fausse, car nous f tendons ici ériger en loi universelle quelques conc sions induites de notre expérience faible et reslreir Nous ne nous apercevons pas que ce critère relève plus souvent, de nos préférences inconscientes, i d'une véritable recherche de la vérité, et qu'il est conséquent tout subjectif.

Nous devons bien nous répéter que les états affec «xercent sans cesse leur suggestion sur chacun nous; que plus une personnalité est riche, plus états présentent de nuances et de variétés; que li origine nous échappe, mais qu'ils constituent, d: leur époque de formation, un inconscient actif; en qu'ils agissent en nous longtemps avant de se mi trer à notre conscience. Nous devons nous dire enci que si nous pouvions nous observer objeclivemi à différentes époques de notre vie, nous compri drions les transformations et les oscillations dues l'inconscient affectif. Nous verrions que notre idi tion et notre action s'inspirent de ce qu'il crée vivant en nous, et nous conclurions que nous devt

essayer de comprendre nos semblables plutôt que de les juger; et inversement, que nous avons le droit d'exiger d'eux, avec la dernière énergie, la même attitude à notre égard. Il serait plus essentiel d'enseigner cela, avec l'ensemblo des faits et des lois de l'inconscient dynamique, que d'enseigner, pous prétexte de biologie, des questions cérébrales absolument douteuses, et sous prétexte de morale, des maximes abstraites sans rapport avec la réalité et la vie.

Dès lors, la portée des actes ne serait plus appréciée aussi légèrement, soit par l'opinion, soit par les juges, et l'on tiendrait compte des problèmes complexes que l'existence nous impose sans cesse; on poursuivrait et étendrait à l'examen de tous les actes sur lesquels on serait appelé k se prononcer, la réforme qui a été entreprise pour des cas spéciaux par les médecins aliénisles et par des hommes généreux et bons ; cela ne nous conduirait pas k une indulgence socialement coupable, mais à des jugements plus justes et plus exacts. Je ne parle pas seulement des actes irresponsables; on a réalisé depuis quelques années des progrès sérieux dans cette matière.

11 est utile de signaler encore une conséquence de l'étude de l'inconscient : les déformations des témoignages ; l'on se fie trop souvent au témoignage d'autrui — et au sien propre — sans les vérifier. C'est un tort. De très bonne foi, nous affirmons avoir constaté une chose et nous donnons des détails circonstanciés; or, notre perception ne va pas sans erreur; par la suite, la mémoire et l'imagination impriment des déformations considérables à ce que nous avons cru voir ou entendre; chacun perçoit à sa manière; nous opérons une sélection dans les objets qui se présentent à nos sens. Jamais notre représentation ne répond exactement à l'objet. Ce travail considérable de déformation est inconscient ; nous affirmons de

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