‹ L'incrédulité moderneChapitre 2 sur 3 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

faire de mieux les chrétiens de toutes les communions, pour concentrer avec avantage leurs forces contre l'adversaire commun, que de suspendre pour le moment leurs débats intérieurs, que d'imiter la sage politique de ces peuples qui n'ont jamais manqué de voir dans l'invasion d'un ennemi le signal , ou plutôt l'ordre d'une trêve entre les partis ? La paix domestique est le fruit le plus heureux que nous puissions retirer du danger extérieur; et la grande lutte une fois terminée entre l'Eglise chrétienne et les incrédules, peutêtre y puiserons-nous cette instruction , que rien n'est plus futile , la plupart du temps , que rien ne mérite moins notre attention que les disputes qui arment les uns contre les autres les membres de cette Eglise ; et que cette diversité de cérémonies , d'opinions, de pratiques, qui les distingue, n'est autre chose que la variété qui se remarque dans les traits , dans le teint des divers enfans d'un même père , et qui n'en laisse pas moins subsister entre tous la ressemblance de famille la plus frappante? Puisse le ciel disposer les cœurs, dans toute église, dans toute communion visible, de manière que bientôt Ephrdim ne soit plus jaloux de Juda, et que Juda n opprime plus Ephrdim (Isaïe, xi, i3); qu'il n'y ait plus d'autre rivalité à l'avenir que celle qui consiste à avancer à l'envi les inté-

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lêts du christianisme commun , d'autre provocation que celle qui tend à s'exciter a la charité et aux bonnes œuvres! (Hëbr. x, 24.) Lorsque le christianisme, il y a plus d'un siècle, fut attajqué par un TVoolston^ un Tindal et un Morgan, le clergé de l'Eglise établie et une foule d'écrivains des sectes dissidentes se levèrent à la fois pour le soutenir. Les travaux d'un Clarke, d'un Butler, associés à ceux des Doddridge^ des Leland, des Lardner, obtinrent lé même succès et une égale réputation, et prouvèrent jusqu'à l'évidence que l'excellence intrinsèque de la religion n'a pas besoin du vain secours de ce qui n'est qu'accessoire ou extérieur, et qu'avec ou sans établissement temporel, ses charmes ont assez de puissance pour attirer et fixer tous les cœurs.

L'auteur de ce discours s'estimera heureux si son exemple peut exciter quelques uns de ses frères, plus éloquens que lui, à contribuer par leurs efforts au succès d'une si bonne et si noble cause. S'il ne s'est pas étendu davantage sur les preuves de l'existence d'un Être suprême et sur les évidences du christianisme, c'est qu'il a pensé que ces grands sujets ont déjà été traités avec une rare habileté par plusieurs écrivains, et que, d'ailleurs, il a cru devoir se renfermer dans un seul point de vue de la question, l'incompatibilité

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absolue des principes du scepticisme et de l'existence des sociétés. S'il plaît à Dieu de prolonger ses jours, plus tard peut-être il essaiera de soumettre à un examen plus étendu et plus détaillé tout l'édifice philosophique de l'incrédulité, tant à l'égard de ses principes purement spéculatifs, que par rapport à ses effets pratiques, et à son influence sur la société et sur les individus. En attendant, il met humblement son discours aux pieds de ce Sauveur qui, lorsque manquent les moyens d'une plus riche offrande , accueille avec bonté la pite de la pauvre veuve.

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