NI) Y) ANGLAIS
L'armée auxiliaire, ou subsidiaire, comme on l'appelle plus généralement, est formée en deux divisions, dont l'une (c'est la plus considérable), commandée par un brigadier ou maréchal de camp, a son quartier général à Secunderabad, interceptant la route entre la capitale et BoLirum, et présente l'effectif suivant :
I troupe d'artillerie à cheval (indigènes), 150
1 compagnie d'artillerie à pied (Européens), 126 1 deuxième compagnie d'artillerie à pied
(golandaz, c'est-à-dire indigènes), 125 I régiment d'infanterie de la reine (Européens). 1 ,000 \ régiment de cavalerie régul. (indigènes, 700 fi bataillons d'infanterie cipaye (indigènes;, 0,000 1 compagnie du Irain et des ambulances (indigènes), 150
Total. . . 8,250
La seconde division a son quartier général à Aurungabad, l'ancienne capitale de l'empire sous Aurungzeb ; elle est ainsi composée :
I troupe d'artillerie à cheval (Européens), 150
1 régiment de cavalerie régulière (indigènes), 700 I bataillon d'infanterie cipaye (indigènes), 1 ,000 1 compagnie de pionniers (indigènes), 150
Total. . . 2,000
(De l'armée subsidiaire) Total général. . . 10,250
En comparant les garnisons de Rolarum et de Secun-
A V A N T E T A P K E S 1/ 1 iN S U R RÈ C î K ) R. 12$
derabad, on voit que, si la première voulait épouser la cause de son souverain nominal dans les querelles qui pourraient survenir entre lui et la Compagnie, elle aurait devant elle le gros de l'armée subsidiaire avec un effectif double et une valeur décuple, à cause des Européens. Mais il va sans dire que l'armée du Nizam, séparée de son prince qu'elle ne voit presque jamais, près duquel elle ne fait jamais un jour de service, commandée et payée par des officiers anglais, est aussi dévouée à la Compagnie que celle de Madras, de Bombay ou de Calcutta. Le Nizam en est le prisonnier plutôt que le maître, et, sur un ordre du résident, elle le conduirait au supplice. Nous voyons donc le souverain d'un pays plus grand que la France, dont la liberté est complètement annulée, tenu dans un complet échec et mat, sans un soldat qui en mérite le nom, et pouvant à peine compter sur le dévouement de quelques centaines de mercenaires, ramassis de tous les pays, Siks, Arabes ou Afghans, qu'on prendrait pour des lazzaroni indolemment couchés sous le portique de son palais, méchamment armés et plus misérablement vêtus ; il ne faut pas s'étonner s'il demeure cloîtré toute Tannée dans les appartements de ses femmes, où il cherche à oublier qu'il est prince dans des plaisirs et des orgies qui l'abrutissent.