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suffisant pour la rouvrir. La Compagnie entreprendrait alors d'en percevoir le revenu et de solder elle-même l'armée auxiliaire, tandis que le gouvernement du Nizam se trouverait ainsi déchargé d'un fardeau très-onéreux.
En conséquence, le 12 octobre 1800 fut signé, entre le Nizam et le gouverneur général, ce traité qui a depuis servi de modèle à tous les régimes subsidiaires, et douj voici le tableau :
1° Alliance offensive et défensive entre les deux puissances.
2° La Compagnie se charge de toute la défense militaire de l'État allié, soit contre ses ennemis intérieurs, ses sujets rebelles ou contre les puissances étrangères. A cet effet, elle s'engage à tenir à la disposition du gouvernement du Nizam un corps d'armée suffisant contre toutes les éventualités possibles (environ dix mille hommes de toutes armes), qui, pour être plus à portée, sera campé constamment aux portes de la capitale. Les dépenses de ce corps d'armée devront être supportées naturellement par la partie obligée, c'est-à-dire par le Nizam. Afin cependant de dégrever le gouvernement de son allié d'un fardeau trop considérable pour l'état de ses finances, la Compagnie acceptera, en liquidation définitive de ces créances, la cession de la souveraineté à perpétuité d'une portion de territoire d'un revenu suffisant pour la couvrir de ses frais (dans le cas particulier du Nizam, ce territoire devait comprendre toute la part des dépouilles de Tippoo qui lui avait été adjugée par les traités de 1792 et 1799, c'est-à-dire toutes ces riches provinces indiquées aujourd'hui dans les cartes anglaises sous le nom de ceded Districts, dont le chef-lieu est Beliary, et les villes principales sont Gouthy et Cuddapah).
D ms cet échange, les Anglais montrent quelque science en arithmétique : l'entretien du corps d'année subsidiaire avait été estimé à deux cent quarante et un mille sept cents livres sterling, tandis que le revenu du territoire qu'on leur abandonnait réalisait huit cent trois mille sixcent quarante et une livres : cet arrangement leur assurait donc un bénéfice annuel net d'au moins trois cents pour cent.
3° Le Nizam s'engage à entretenir, de son coté et à ses frais, un contingent ou corps d'armée régulier, discipliné el commandé exclusivement par des officiers choisis, par la Compagnie et destiné à faire spécialement la police intérieure de son territoire, mais dînant, en cas de besoin, marcher au secours de ses alliés bien-aimés. Cette armée est très-certainement à lui, car elle est recrutée en son nom et soldée par son trésor; cependant elle ne reçoit les ordres qu'il peut avoir à lui donner que par l'intermédiaire de l'ambassadeur ou résident anglais qui les communique à son tour, par son secrétaire militaire, aux commandants anglais des différentes divisions.
On conçoit tout ce que ce traité a d'avantageux pour le Nizam, qui se trouve ainsi solder directement et indirectement deux armées anglaises répandues dans ses États, sons le commandement d'un Résident britannique établi par la Compagnie à la porte de sa capitale, avec la mission spéciale de surveiller tous ses actes el tous ses mouvements !
En échange d'une protection si libérale, le prince renonce à toute alliance avec d'autres États que la Compagnie, tant à l'intérieur qu'au dehors, et s'interdit de jamais entrer en négociation avec aucune puissance quelconque autrement que par son intermédiaire. Il s'oblige
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à lui soumettre Ions sos différends avec ses voisins et à s'en rapporter à son arbitrage; il pousse même l'abnégation jusqu'à prendre les conseils du Résident ou du gouverneur général à Calcutta sur toutes les questions importantes d'administration intérieure, conseils qui, comme on le pense bien, sont des ordres. Pour toutes ces concessions, il est permis au Nizam d'exercer son autorité princière en fait d'administration ou de justice locale, et de nommer ses employés et ses courtisans. Il perçoit, suivant son bon plaisir, les revenus de son territoire et peut disposer de ce qui en reste après déduction faite de la solde du contingent qui doit, avant tout, être versée dans la caisse du Résident. Depuis ce dernier arrangement, le gouvernement du Nizam semblerait devoir être considérablement soulagé : en effet, il n'est plus chargé que de l'entretien du contingent; ce contingent s'élève à moins de douze mille hommes, et la protection efficace qu'il reçoit du gouvernement de la Compagnie le dispose d'entretenir d'autres troupes irrégulières. Mais rien que ce contingent, dont la solde est déterminée et garantie parle gouvernement britannique, est d'un entretien si dispendieux, que les revenus, dont une faible partie seulement arrive jusqu'au trésor, peuvent encore à peine y suffire. Le Nizam n'est point libre d'en diminuer l'effectif; il ne l'oserait même pas, s'il le pouvait, car, depuis la dernière modification du traité, la Compagnie, ayant établi son gouvernement ou son protectorat sur tous les pays voisins d'Hyderabad, se croit le droit et se réserve la liberté de réduire, quand bon lui semble, le chiffre du corps d'armée auxiliaire. Il ne reste donc au gouvernement subsidiaire que la force armée strictement nécessaire pour sa sécurité et pour faire mouvoir son adminis-
m L'INDE ANGLAISE AVANT ET APRÈS L'INSURRËCTIOït.
tint ion. Il n'y a point alors de réduction possible" de ce côté; il nVn saurait faire non plus sur l'entretien dosa cour composée, d'une noblesse turbulente sans ressource et sans emploi, puisque la profession des armes lui est fermée, et que tous les postes lucratifs et honorables du pays sont réservés aux Européens ou à leurs créatures. Le Nizam se trouve ainsi dans la nécessité d'écraser ses sujets d'impôts d'autant plus vexatoires qu'il a aussi ses propres vices et ses passions à satisfaire, passions qu'il n'a plus aucun motif de restreindre ou de déguiser.
Car pourquoi le prince soumis au régime des subsides chercherait-il à mériter rattachement de ses sujets, puis qu'il n'a pas besoin de leur assistance contre les agressions de ses voisins, et qu'il est gardé, quand même, contre leur ressentiment, par les baïonnettes de l'étranger? a Tout sentiment de communauté d'intérêts entre le prince et ses peuples doit nécessairement disparaître; et, n'ayant aucun besoin de l'estime publique, il traite son royaume à peu près comme un pays conquis, et lui arrache tout ce que son avidité peut lui faire désirer (Mills). »
Depuis cette époque jusqu'à nos jours, l'histoire d'Hyderabad ne présente plus que la succession des phénomènes d'une dissolution plus ou moins rapide, selon les conditions de l'atmosphère politique et selon les vues plus ou moins ambitieuses du gouverneur général à la tête des affaires de l'Inde.