L^INDB ANGLAISE
dtt jour , gAièmeal^ coDSciendeiuémeai , non » comme je Tai dit, pour la gloire ou pour Favaûcement p«îsqii*il De doit espérer ni Tun oi Tàlitre» mais pour ne |^as maiM|uer à sa dignité d'iiomme^ 800 tmmhaod^ pour ii*étre pas méprisé de ses camarade. Il se battra sans réfleuon^ sans intelli* gence; mais avec Tobstination et te patriotisme caractéristiques de son pajSt
Le chiffre de Tarmée nationale est peu élevé, elle coûte trop cher à recruter et est trop bien payée pour être nombreuse. Les bataillons étant rares « il faut qu*ils soient au moins effectifs ; il faut donc les ménager pour qu'au jour du combat personne ne manque à Tappel» Il y a encore une autre raison, c'est qu'on n'improvise pas «ne armée anglaise. Il faut un an oti dix-huit mois pour convenir en soldat un rustre du Gumberland ou d'Invemeashire : on obtiendrait les mêmes résultats d'un paysan français en six semaines.
J'ai ditque l'armée anglaise étail la mieux disciplinée, la mieux armée, la mieux exercée, et cela découle encore du même système et surtout de sa composition : l'enrêlement étant pour la vie, les deux tiers des cadres sont des varans. On veut une armée aussi disponible que possible, les entreprises les plus hardies sont queh|uefois confiées aux plus &ibles détachements; îl faut donc
qjBLAle $oft toQjonrt ptifaite à tons ^rds ei dtns tontes ses parties, que Ton puisse dans tous les instants se fier à l'efficacité de son armement. On n'épargnera donc rien pour la perfection du matériel, pour assurer la précision et la justesse du tir. Un jour de chaque semaine est consacré à Fexereice de la cible, et le soldat brûle au moins trois cents cartouches à balle dans Tannée. Le colonel Mill» quî t^vdit Aii( l^s guerres d'Espagne, me disait souvent que dans les feux de peloton et de bataillon qui s'échangeaient entre les troupes française et anglaise, le carnage était toujours quatre fois plus grand dans les rangs français, par la double raison que l'infanterie anglaise risai t mieux et avait de meilleurs fusils.
Il ne nous reste plus que deux sujets à traiter avant d'en revenir au 55% c'est le mode d'avancement parmi les officiers de l'armée royale et la solde des différents grades.
Dans l'armée royale on avance de deux manières : à l'ancienneté ou en achetant la démission d'un officier dans le grade immédiatement supérieur ; moyennant ce système, le gouvernement anglais affranchit ses finances d'une dépense énorme, celle des retraites qu'il faudrait payer, comme chez nous, à ses officiers après un certain temps de service. Un officier d'un grade quelconque dé-
sire-t-il se retirer? le gouvernement s'y prête de la meilleure grâce du monde» mais fera payer sa retraite à ceux qui en profileront en succédant aux grades qui deviendront vacants. Il lui permettra de vendre sa place le mieux qu*il pourra et en lui garantissant un minimum proportionné à ses ap« pointements. Pour faciliter cette vente il existe une espèce de convention tacite qu elle aura lieu exclusivement dans le régiment, pourvu qu*ily ait un officier dans le grade immédiatement inférieur à celui qui va devenir vacant qui , pouvant offrir au moins le minimum, soit disposé à ache* ter et réunisse d'ailleurs les conditions et qualités exigées pour entreprendre les fonctions de celui qui se retire.
Supposons, par exemple, qu'un officier parvenu au grade de capitaine, voyant sa santé s'affaiblir ou s'ennuyant de servir aux Indes, veuille accepter sa démission. Il commencera par faire son marché avec les lieutenants et sous-lieutenants de son régiment. Ce n'est pas qu'il puisse mettre précisément son grade à Tenchère et profiter de la concurrence pour en élever indéfiniment le prix ; au contraire, le plus ancien lieutenant au corps, pouvant réaliser le minimum, est sûr de lui succéder. C'est avec lui, avant tout autre» qu'il doit régler sa capitulation ; car du moment
qu'il remplit la condition unique de finance « au* cun lieutenant du même régiment placé plus bas sur Téchelle d'ancienneté, ne peut passer par-dessus sa tête.
S*adressant donc au plus ancien lieutenant pourvu du minimum, il lui dira : La valeur de mon grade est fixée à i,800 livres sterling, mais je ne demanderai ma démission que si vous m*en procurez, n'importe comment, 2,200; c'est-à-dire 400 livres sterling en sus de ce qui est accordé par les règlements. Si le lieutenant est riche, peutêtre souscrira-t-il aussitôt à la demande du vendeur; s'il ne l'est pas, il entrera en négociation avec l'enseigne qui devra succéder à sa lieutenance, en même temps qu'il passera lui-même au grade de capitaine, pour partager la différence. lis ajouteront je suppose , 200 livres chacun à leur minimum respectif; ainsi le lieutenant, qui pour passer capitaine ne devait payer que i,iOO livres, en payera i,300; le contingent du souslieutenant pour passer lieutenant devait être de 250 livres, il en payera 450 ; enfin le gentleman qui entre au corps en achetant la sous-lieutenance et avec lequel on ne peut faire aucun marché puisqu'il est au choix du ministère, payera ce grade 450 livres; ces sommes réunies feront les 2,200 demandées» Quant aux conditions nécessai-
res poop passer d'un grade à on grade sapérieur, o*est une connaissance asses raédioere des manœayres et un certain nombre d*année9 sons les drapeaux. Ainsi on exigera généralement quatre années de service pour accorder le grade de capitaine, mais toute règle admet des exceptions, surtout dans Tarmée anglaise où la fhveur lève tous les obstacles.
Quelles que soient les circonstances, même en temps de guerre, il est rare qu*un capitaine vende »a compagnie moins de 9,000 livres sterling, e'est-Mire 50,000 franes; c*est, il est vrai, toute sa retraite, mais elle lui donne non-seulement une rente d'environ 2^500 franes pour le reste de ses joui^s, mais un capital qu'il peut laisser à ses enfants* On voit donc que tout le monde gagne à ce système, mais surtout lé gouverneinent, qui n'a pat k porter le cbiffire des retraites au budget de ses dépenses, et qui échange un vieux soldat pour un neuf sans avoir à compter avec le premier pour ses longs et pénibles services.
En second lieu, on avance à rancienneté par les décès de ses camarades dans les rangs supérieurs; mais, en présence du système que nous venons d*exposer, il est facile de comprendre que cet avancement devient tellement long qu'il est presque illusoire; car, du moment qu'un officier
80 sentira gpayameBl malade, il aa dépêchera de yendre afin de laisser le prix de sa commission à sa famille. S**il menrt au service, la valear de son grade et tout Targent qa*il a dépensé ponr y parvenir sent perdus pour ses héritiers; 8*il laisse une yeuTe» elle n'aura qu'une pension viagère égale à la deminsolde de son grade, tandis que ses enfants recevront un secours annuel jusqu'à vingt et un ans pour les garçons, et jusqu'à Tépoque de leur mariage ponr les filles; mais le capital est perdu, c'est le service qui en hérite; malheur aux morts, voilà la devise de l'armée, et c'est aussi le côté avantageux du système. La conséquence assez naturelle est qu'au premier symptôme d'une guerre un peu sérieuse, beaucoup d'officiers mariés songent à leurs familles et aban^ donnent les drapeaux; ou si la pauvreté les oblige à rester au service, ils ont moins d'élan, leur vie est un capital qui ne leur appartient plus, dont ils ne sont que les dépositaires et qu'ils n'ont pas le droit de risquer. Il y a nécessairement moins d'ardeur et de zèle à en espérer; s'il me fallait encore une fois généraliser, je concéderais à rofficier français la même supériorité que celle que j'accordais tout à l'heure an soldat d'infanterie anglaise. Pourtant il y a de brillantes excep^ tiens : la riche nature anglaise et son patriodsme
triomphent souvent de$ considérations de famille; mais si la cause ne produit pas toujours Teffet» elle en contient toujours le germe.
Je dois encore faire remarquer que si un officier meurt de maladie, le grade vacant est à la disposition du ministre qui est libre de le donner au plus ancien officier du rang immédiatement inférieur dans le régiment, on au choix dans tout autre corps. Ceci ouvre la porte à une infinité d'injustices; il n*y a que la mort au champ d'hon^ neur qui assure un héritage incontestable aux grades inférieurs dans le même corps : aussi voit-on en 1842 des lieutenants de iSii et 1812, ayant autant d'années de grade que leurs capitaines en ont d'existence. Il faut avouer cependant que ce n*est pas toujours la faute du système et que souvent ils ne doivent s'en prendre qu'à eux de cette stagnation , pour n'avoir pas su profiter des circonstances. Effectivement, sur trente ans de service, l'officier de fortune en passera ordinairement vingt-quatre aux colonies, où les appointements sont tellement beaux qu'avec un peu (le prudence il devra économiser de quoi atteindre au moins le grade de capitaine.
Sans nous égarer dans des dissertations inutiles sur les avantages et les désavantages de ce système, passons à la dernière partie de l'organi-
sation militaire, celle qui a rapport à la solde. Dans l'armée anglaise cette solde est marquée par une échelle exirémement mobile , qui varie suivant les colonies et qu*il serait trop long de suivre dans toutes ses variations. Nous nous contenterons seulement de placer en regard les deux tables extrêmes de son développement : celle de la solde indienne et celle de la solde européenne.