‹ L'Inde anglaise en 1843-1844Chapitre 7 sur 23 · l'inOE AlfGLAISB · texte numérisé non relu

l'inOE AlfGLAISB

SM côlé ««rôle» ffCMpe «Elant de iauK iénrains ^pMSM adfensaire. On serait lente de eondacuMr les dcu ptitiet isx dépeas et4e ks punir i'voe et Fautre. Llndien semble prendre p1aUirâdé&-» gurer ta Write ia pios tndltfépeiiki : rexpes^ tout aiiiipieaeBt hn paraUrat mi défait d*imagiMtJon, «lie espèce 4'iacapaeibé ; jittt« il ne laeiit aiasi 4|iie pour pett¥oir se dédire si la première déposiiiiMi est mal aeetteiilie. « La vénié eist iiBe demièM • ressource qu'il se ménage , et dsttt il «te Je » meias ^tt*il peut : il la réserte pMur les cas » extré«iee(l).a

Trois wm$ après non am? ée^ dès ^pie je Cm ji^ «capakie de preadre amn teor de garde, je fus ddtadbé peur eomnander le pscia de la cîUk delle ean£é ritematÎYeaaat aax oftcîcrs de Sa Majesté Britaimifae et i «cas de b eonyngaiff. CoBiaie h œoalée «est exlrémeoieat Cstiganae* oe poste a'«st releré que tous les deux jours; Jasis c'est «a senôoe très-reoberché à «anse de la paretë et da la fraieheor da l'air 4oAt on |«iiU à cette élévation. En racetant les «ordres écrits 4es mains de mon prédéeessenr et prenant possassiaa des lacalkés» je Ais «atrémeaMnt anrpnis d'y iroa* ▼er nn prmanaiar d'£iat4aat il était asses sioga-

Kér 4t6 aeê eutndes ne fli*6MMiii jimÉit •»« trem : e*étttt le Bvwab, «m^emn légitime de Ke«no«l (petite principauté shtiée an nerd-est des profineee cédées, et qui, à cetie époque, jouissait enoere d'une espèce d*hidépendance). Ce malhenreoi était victime d'une de œs grandes iniquités qni signalent à cbaqoe pas la politique anglaise* A la mort de son père, Tami et le prêtée des Anglais, il avait revendiqué ses droits à la principauté comme fils aîné et seul fils légitime. Ces drwts avaient d'abord été reconnus; il avait même re^ Finvestiture des mains du collecteur M. A. D* Campbell, dans la société duquel il regagnait ses États et avait déjà atteint la rive droite de THundry, petite rivière qui séparait son royaume du territoire de la compi^ie. Sur l'autre rive il voyait déjà s'élever sa capitale, le palais de son père; mais une sourde intrigue travaillait contre lui dans l'ombre : de fortes sommes étaient offertes i l'aridité des employés dn gouvernement par son rival, son frère naturel par une concubine; il avait aussi, malbeureusement pour lui, révélé une intelligence et des talents qui le (aisaient craindre; enfin l'on cbercbait un prétexte pour revenir sur l'engagement contracté. Le hasard voulut que cette nuit même le nuwab surprit l'infidélité d'une de ses femmes; il était mu-

sulman» son sabre lui fit justice des coupables : ce fut ua crime tout trouvé; ce n'est pas qu*on lui disputât le droit de tuer sa femme chez lui, le lendemain, de Faulre côté de la rivière; mais sur la rive droite il était encore Yhôie des Anglais et avait enfreint leurs lois. Le collecteur et le gouvernement se recrièrent sur Tatrocité de son crime; on le ramena prisonnier à la citadelle de Bellary, tandis que son frère montait sur le trône (4).

Lorsque je devins son geôlier, il y avait déjà six ans que ce malheureux dévorait là sa vie, in carcere duro; en vain il en avait appelé à la cour des directeurs, à la chambre des communes : ses pétitions, d'abord rejetées, ne furent plus transmises. Il demandait une cour martiale, untribu* nal d'honneur : le supplice s'il était coupable, la liberté s'il était innocent. On n'avait garde d'accéder à sa prière. Par un raffinement de cruauté inutile, tout rapport direct lui fut interdit avec sa mère et ses femmes : c'était en vain qu'elles se

(1) Le gonvernement de la compagnie faillit être cruellement pnni de sa maavaise foi en cette circonstance ; ce même prince bâtard, que par un déni de justice on avait placé sur le trône, s'occupa immédiatement à organiser contre ses protecteurs une conspiration gigantesque que le seul hasard fit découvrir quelques mois avant l'explosion, en septembre i 839, et qu'il fallut étouffer dans des flots de sang.

présentaient y Tinflexible consigne les repoussait toujours. Privé de toutes ces jouissances si appréciées par nn Asiatique , on lui laissait cependant quelque argent (500 francs par mois qu*il recevait de sa mère) et une couple de serviteurs. Doué d*tttte singulière intelligence, d*ape instruction extraordinaire chez un natif, il éprouvait un besoin de société qui lui faisait rechercher même celle des officiers qui se relevaient pour le garder, malgré le froissement continuel de sa dignité, la dureté et souvent Tinsolence qu'il rencontrait. Il ne pouvait se passer de communiquer, d'échanger ses idées : c'était une envie, une démangeaison de malade, et les soldats lui étant trop inférieurs en raffinement et en manières pour ne pas exciter son profond dégoût, on peut dire qu'il mendiait le contact, la conversation de ceux chez qui il devait espérer plus d'éducation. Mais il mendiait en prince : tout le petit revenu que le gouvernement permettait à sa famille de lui allouer était dépensé en cadeaux délicats pour les officiers qui se succédaient à la porte de sa prison ; il couvrait leur table de mets succulents, des meilleurs fruits de la saison, des sorbets les plus délicieux, tels qu'on n'en prépare que dans les palais de l'Orient, et le seul retour qu'il espérât en échange sans toujours l'obtenir, c'était un accueil gracieux, peut-

éirt le litre de huxret (mijesté) on de khodtwmid (monseignear)^ toujours si cher, même quand ce n*e8t plus qn*nn mot vide de sens. Jouer sa partie d*ëchec6, c*ëtait le rendre parfiiitement heureux , lui faire un inetant oublier la triste réalité de sa vie. Combien peu, surtout parmi les officiers de la compagnie, lui octroyaient ces minces satisftMîtions tout en acceptant ses présents! Pour moi je sais qu'il me navrait Fâme; son existence encbatnée sur ce roc désert me rappelait une autre, une plus grande infortune qui avait succombé sur rodieqx cratère de 8ainte*'Hélène et qui comme lui n*avait trouvé que d'impitoyables geôliers là où elle avait été eherober Thospitalité. C'est sans doute à la cour machiavélique de la compagnie des Indes que TAngleterre a emprunté la cruelle idée de condamner le Thémistode français au sort de Prométhée : ce qn*il y a de certain, eW que ces rois marchands disposent ainsi de presque tous leurs prisonniers d*État. Partout où le drapeau anglais flotte dans Tlnde sur le sombre f^ommet d*un pic couronné de fortifications, le voyageur peut préjuger sans crainte que quelque grandeur déchue gémit sous son ombre fatale et mesure de l'œil ces plaines tant animées où il en* vie le tort du plus pauvre rayot, où Fantiiope bondit en liberté.

Le pantra (Hriionnier i% BelUry s'atUcha à moi avec rinBlînct da malhaar, avee la passion d^un amam pour sa nattresse : c'était un délire de joie quand mon lonr de garde revenait. Non-aenle* ment il passait avec moi les journées entières en longues et umchantes conversations, arpentant ma chambre et gesticulant avec véhémence, mais il ne me quittait pas un insunt durant les qua^ rante^buit heures de mon service. Quand, après une soirée consacrée à son jeu favori , je me jeuis enfin sur mon lit de camp pour prendre le repos nécessaire, il s^asseyait ii mes pieds pour me regarder dormir et protéger mon sommeil contre les insectes. En étudiant le plan de la ville, il était parvenu k reconnaître remplacement de mon ha-* bitation dans laquelle il plongeait du haut de son rocher, et à Taide d'une lunette d*approobe épiait tous mes mouvements. Il savait quand je montais à cheval, et me suivait encore dans mes co«rses du soir.

Ce fut durant le cours de cette amitié que je pus apprécier la misère et la servitude de Tétat militaire. Une circonstance surtout me fit Timpression la plus pénible : jamais il n'avait un instant pensé à éprouver ma fidélité à mon drapeau; mais espérant un jour avoir détourné mon attention , il avait fait dire à noe de ses femmes, la plus dé^

vouée, la plas chérie, dont il était séparé depuis sept ans , de se présenter à la porte de la citadelle sous le déguisement d'un marchand de fruits auquel la consigne permettait d*entrer. Savais remarqué depuis le matin dans mon hôte et mon prisonnier une excitation fébrile extraordinaire; il ne tenait pas un instant en place, me répondait d*un air distrait et regardait à chaque instant par ma fenêtre ouverte jusqu'à Tarrivée du faux marchand. Dès qu'il l'aperçut, il me quitta sous quelque prétexte pour me cacher son émotion et nitendre le résultat dans l'espèce de tanière où il était logé. J'avoue que j'avais deviné son secret , et tout en veillant à ce qu'il ne m'échappât pas, je faisais des vœux sincères pour le succès de son stratagème, me proposant de congédier la pauvre femme après quelques heures d'une réunion que je considérais comme autant de gagné sur son malheur. Mais le même trouble qui avait trahi son mari la fit découvrir : interrogée par le sergent de garde, elle balbutia; sa grâce involontaire, sa timidité et la délicatesse de ses traits firent deviner son sexe ; je fus bientôt appelé pour vérifier son laissez-passer et obligé de la repousser moi-même du seuil où elle était arrivée. Je ne revis plus ce jour-là mon pauvre nuwab, il resta absorbé dans sa douleur. Le lendemain il reparut

triste, mais calme, trop délicat pour se plaindre, et aussi aimant que jamais. Nos rapports continuèrent ainsi pendant cinq ans, jusqu'au départ du régiment pour Hyderabad en 1856. On m*a dit que souvent, depuis cette époque, il avait demandé de mes nouvelles à nos successeurs, les questionnant pour apprendre s*il ne me reverrait jamais plus! A cette heure où j'écris tranquille et libre au coin de mon foyer, près d'une femme que j*aime , il tratne encore sa triste vie seul sur son rocher.

Mes conversations avec ce prince, presque toujours en indoustani, quoiqu'il parlât fort bien l'anglais, m'avaient fait faire de grands progrès dans la langue; je continuais aussi à étudier sous la tutelle de deux mounschies ( professeurs indous ). Entre les heures consacrées à ce travail, dès que le soleil couchant me permettait de humer l'air, mon plus grand plaisir était de faire seller mon cheval et galoper au loin pour chercher quelques couches d'un air plus pur que celui que nous respirions entre la montagne et les remparts. Je revenais invariablement par les bazars me mêler à ce peuple si enfant, si doux, si insouciant. A mesure que j'acquérais la pratique de sa langue j'aimais ses mœurs; je trouvais un singulier charme à ses conversations, à ses histoires si vivement

ra^onléei, I sâ erédulité, I son imftginitfam romanesque et briHante. Je finissais presque par lai envier son genre de vie si rapproché de h natore , et à aimer jnsqo^à sa musique aux sons aigus , mélancoliques ou brupnts. c Ce qu^on appelle ici » bazars sont des rues moins étroites et moins » tortueuses que les autres, habitées spécialement » par les diverses professions dont les produits » sont exposés sous la vérangue ouverte de leurs

> demeures. G*est au milieu de son petit étalage j> que chacun travaille, accroupi comme un singe,

> mais comme un singe aussi non moins adroit de • ses pieds que de ses mains (1). > Ce que j'admirais le plus, c'étaient les bijoutiers tourneurs en cuivre et en argent : les chefs-d'œuvre qui sortent de leurs mains, chaînes de petites roses d'or, boucles d'oreilles, croix et boîtes en filigrane, défieraient tout l'art de nos orfèvres ; et pourtant leurs outils sont détestables et tels que le plus habile ouvrier d'Europe, s'il était réduit à s'en servir, n'en pourrait rien obtenir. C'est au coin de son hangar, en plein air, sur un mauvais réchaud, sans association d'industrie, que chacun fait sa manipulation , et pourtant telle est leur patience , la légèreté et la finesse de leur travail , on

(f ) iacquemont.

pourrait dire de leur doigter, ^aon en est émer-' veillé. Cette patience est peu récompensée, car le travail ajoute trè»-pea au prix da métal. 18 p^. 7* MMit au plus, et à ce prix, ne vendeul-ils encore ce$ beaux ouvrages qu'aux Européens. Pour les nation ils font surtout des bracelets tout simples destinés aux femme&elaux enfants. Les boutiques les plus brillantes sont celles des marchands de vases de cuivre étamés pour boire. Ces vases tout ronds et tout unis sont le meuble favori» la première ac*quisition de chaque ménage indien ; ils servent à tous Ifis liages pour la cuisine et les ablutions. A côté de ces piles étincelantes*. Ton voit des fer* gérons faisant des ouvrages grossiers, des clous,, des cuillers, et , avec un métal à peine aciéré, des fers de bnce et des lames de sabre. Un mauvais sabre neuf» avec sa massive poignée eu fer et son étui de bois recouvert en peau , co4ke une roupie (2 francs ëO centimes). Ceue arme est dans toutes les mains pour ne jan^is servir. Quand deux la* diens se querellent, ils s*envoient force injures » mais en viennent rarement aux coups el ne dégainent jamais.

Toutes les autres boutiques , c'estrà-dire neuf sur dix, sont occupées par des marchands de grains. Chex un peuple où la misère est si grande » la nourriture est la principal^ dépense et lessuh*

sTslances le principal commerce ; très-peu de légumes, quelques patates douces, beaucoup d*épices, des ornements de verre, d'argent et de soie pour les femmes, voilà ce qui constitue le marché.

Au milieu et aux extrémités de cette longue rue de chaumières s'élèvent trois édifices d'architecture diverse , temples de trois religions différentes. La pagode est près du champ de Mars, à l'extrémité la plus rapprochée du fort ; au milieu du bazar est la chapelle des missionnaires protestants, et enfin à l'écart, au delà de la dernière habitation, se trouve la mosquée. La position de chacun de ces temples est en harmonie avec son culte. Celui des musulmans est solitaire et silencieux. Dans leurs accès de dévotion , ils cherchent quelque but éloigné de pèlerinage , la tombe d'un derviche ou d'un iman. Autour des temples indous, au contraire , la foule se presse tout le jour et au bruit de cette cohue vient s'ajouter l'infernal tintamarre de quelques diables toujours cachés dans quelques niches, qui accompagnent la prière des fidèles des sons discordants de leurs sifflets et de leurs cornemuses , et du tapage épouvantable de leurs tam-tams. Enfin la société des missionnaires, au moins aussi politique et industrielle qu'évatigélique, s'établit an centre de l'activité et du

commerce; mais son culte froid et dépouillé de cérémonies parle peu à l'imagination de llndou : le lemple est désert, pas une Voix ne répond à celle de Tofficiant, et la croix d*or est impuissante aux mêmes lieux où la croix de bois avait fait des miracles, car Bellary a aussi sa congrégation catholique, pauyre, ignorante, mais pleine de ferveur, groupée autour d*un prêtre portugais aussi pauvre et aussi ignorant qu*elle ; vous la retrouverez dans la petite chapelle perchée sur un roc au milieu du fort.

xvni.

Le choléra. — Constitution de Bangalore en 4835. — Missionnaires protestants. — Les soldats et les cipayes.

Par une belle et molle soirée de février 1853, à Tépoque de Tannée où le soleil reprend toute sa puissance, mais où la naissance et le déclin du jour ont encore une fraîcheur et un parfum de volupté, je venais d*ei:écuter mon galop quotidien autour des remparts vers les premières pentes des Copper mountaim ( montagnes de cuivre), et je rentrais , comme à Tordinaire, par la chaussée om-

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