l'iNDE ANGLAISE. H
bragée d*«rhre»delâ ville notre. Lt Inoe^bw son pkÎB ipersait eet lois de lom^re q^'tëe oe fm* digvefmfaoi trepiqves; fm i»io«ffled*air »'i^ Uil les ptes peiilec kntnclMs dee ariires dent kt rithovetlet ie detsiiiaiMit en fifiiee noms «t h»mohàe» swr le n iMnt d*of de b dHnra^e. Péaétfé de celme et de la beaelé de ce neneet, faieig an peedOBi une rêverie profoeée» prélaiil l^reiUe à la marche eadceeée de mes dbeval ei aa boer* dosnencttl de» ieeecicft, ^pned tael à eeap mae attention fut éveillée par des cris perçante qat partaient de la vérangue ouverte d'une boutique. le con naissais le p r o priétaire : e^éfaïf ntt riche sonar ( bijoutier ) qui avait souvent travaillé pour moi. Un intérêt instînçtitaie fit approcher et forcer le cercle épais qui 8*était formé autour de la maison^ A. la liMttf dea'ta«che&, ji'aperçiift en. teborpei» espèce de Btde saagle avrieqeel e» jeune hemme de dix-sept ans, fils unique du bijoutier, se tordait^ eorane in serpent coupé, damsdes crampes époevantaMeSk Les yeei éieieirt Mjà fiiee^ lemee et vttrewr ; quelquefois eue conveMeR ga^raniqvee souleveit le tMrîbond ; it ftisaii dée efbite po«B vomir, peie r^ottèail ép«»é sur S69 ceesshn.
J*avai8 en eccasien de voir ce jeune homme hi' veille;!iier encore il amiilm e m be n pe il remerqeahie , sa> eeeieer élul d^Br noir d*éhdne li»«*é
lëet, et ceienboBpokit ami fiûi plaee à k fhw affreuse maigreur; ses joues ëtaiest creuses, sa peau arait sîagnlièrettent Uaachi et perdu tout soB lustre, je pouvais à peine le reooauattre; sa nère, qu*à sou air de décrépitode ou e4i prise pour une très^neîUe femme quoiqu'elle eût à peioe treote^oq ans, poussait des cris décUrauls au pied du lit, s'arraehait les diei^eux, se déchirait les seins et cherchait à se briser la tète contre la muraille. Le père était plus calme : il ne laissait échapper aneun cri , mais Texpressiou de sa figure éiait effrayante. Il avait arraché son turhan, sa télé était rasée, à rexception de la petite touffe qui couronnait le sommet du crâne ; son corps était BU et de la tète aux pieds tout couyert de cendres. Il était assis les jambes croisées murmurant un récitatif de versets du Coran , interrompus par des gémissements et regardant la foule d'un air hagard, tandis que la partie supérieure de son corps se balançait en avant et en arrière avec roscillation du balancier d'une pendule. J'essayai de lui adresser la parole : c Mahomet Shah, Mahomet Shah, lui répétai-je plusieurs fois, ne puis-je rien faire pour votre fils? lui eoverrai*je des médecines? > Il fut longtemps sans m'entendre. Me reconnaissant il la Qn, il répondit d'une voix creuse : Meur
jata saheb, kae juUab ; pois, avec un effort, Allah kerim / ( Il se mèart , monsieur, c*est le choléra... Diea est grand ! )
Je rentrai chez moi le cœar attristé et avec un pressentiment de malheur. L'étude pour ce soirlà eût été impossible ; j*y renonçai, et rejoignis on rassemblement de mes camarades qui s'étaient réunis pour passer le temps dans une maison déjà occupée par trois de nos lieutenants. Un de ces commensaux était précisément ce jeune Campbell dont j'avais enlevé la place et qui continuait à faire les fonctions de sous-lieutenant à ses frais, dans le faible espoir d'être placé plus tard. Nous étions quinze ou vingt officiers tant mariés que célibataires, mais tous jeunes, pleins d'espoir, d'avenir et de gaieté. Rangés autour d'une longue table, en plein air, éclairés par la lune et savou* rant la brise du soir, nous faisions de profondes libations. Tandis que les serviteurs de nos hôtes nous versaient avec la profusion indienne le thé, le café, la bière, le punch et le grog, une épaisse fumée s'élevait de nos cigares et des cris joyeux succédaient sur toutes les lèvres aux chansons tour à tour bachiques et anacréontiques. Les toast (cet usage essentiellement anglais) se suivaient à chaque instant, et excitaient tour à tour le rire ou l'approbation des convives. Un de ces légers
propos me fit en ce moment une singulière impression: un jeune étourdi» se versant une rasade, nous fit remplir nos verres pour sanctionner cet étrange vœu d*une ambition téméraire ? A bloody war and asickly seoion! (Une guerre sanglante et une saison malsaine ! ) Ce vobu, ou plutôt ce blaspbème, allait ôtre bientôt puni.
Dans toute cette assemblée il n*y avait que deux figures soucieuses, la mienne et celle du jeune Campbell. Ce dernier avait passé toute sa journée à la chasse; il était d*uu tempérament robuste et n'avait jamais connu un instant de maladie: je remarquai cependant qu'il se levait souvent de table et que chaque fois qu'il venait s'y replacer le nuage s'épaississait sur son front; je crus même reconnaître quelques légères convulsion analogues à celles que j'avais remarquées chez le jeune bijoutier. Le chirurgien-major du régiment, docteur Rutledge, se trouvait assis à edié de moi : ne pouvant plus vaincre mon inquiétude, je lui dis à l'oreille : c Le choléra est au camp et ce jeune homme ne me paraît pas bien. » Le cigare tomba de ses lèvres sur lesquelles le sourire disparut. Ne voulant pourtant pas glacer la réunion, il se leva d'un air indifférent et prit notre jeune camarade à l'écart. Tous deux s'éloignèrent, le docteur revint seul. Le
môi qQ*il pfODoiiQa à ion retour fut eomma nu tootin d*a1apm« qui reientîi dans tous lea eeiors ei dispersa rassemblée. Le lendemain nons ren* (Jtons à la terre la dépouille déjà fétide du jeune et brillant Écossais. Par une singulière eoinoi» denee, la nouvelle officielle de sa nominaUen au régiment arriva juste à temps pour être proola-* mée sur sa tombe par la triple salve de mousqueterie.
Rien n*e$t grand, rien n^est touebant eomne le service funèbre dansVarmée anglaise. Outre le dë<* tacbement commandé pour exécuter les dernières salves et proportionné au rang du défont, le ré* giment tout entier, sans armes, et tous les effi«^ ciers de la garnison, le labre nu et renversé sous le brss gaucbe , suivent sa dépouille depuia la maison mortuaire jusqu'au cbamp du repos. La musique militaire entonne rbymne du « Marinier sicilien, i suivi du sublime nantique de 8aûl. Ces deux airs se suocèdent sans cesse tandis que la mesure est marquée par lea notes tonnantes de 1(1 grosse caisse qui fait vibrer Tair comme un oanon. Arrivé au cimetière on ferme le bataillon carré autour de la tombe; le ministre protestant, ses aides et le groupe d^officiers ooenpentleeentre. Lo pasteur Ut ceue admirable prière du rituel anglican i € In the midst (^lïfe we arein deaîk »
(ior la sêniiêr de la fie nons rentonirons la mort); puis viennenl lê» trUtet ptrolei : c Rendons la terre à la terre, la poiueière à la pons» stère. > On jette quelques pelletées sor la bière» puis... tonnes moasqnete.
8«r r»Ue de la f»ii4rf Pane «it partie I
Un flageolet aiga donne le signal du départ ; la troupe se ferme en eolonne, puis s*ébranle au son d^one valse fire et légère, exécutée par la musique du régiment. Quel bicarré eoniraste! C'est, dit-on, pour ranimer le courage; mais ces airs joyeux me semblaient narguer la mort et redoublaient ma tristesse.
Ce fut là la première vicdine; mais le terrible fléau avait arboré son drapeau sanglant sur nos remparts. Pendant trois longs mois nous vîmes jour par jour tomber nos compagnons de la veille, officiers et soldats, la vieillesse et la vigoureuse adolescence, les femmes et les enfants. Chaque jour nous nous joignions au ftinèbre cortège; chaque jour nous répétions ces deux hymnes de la mort jusque-là qu'elles devinrent le refrain distrait de nos moments de rêverie. Chaque jour les gracieuses valses prenaient une cadence plus moqueuse, bien que les choeurs allassent s'aifai-
blîssant, car les musiciens éux-mémes payaient au âéauleur tribut quotidien. La vie ainsi tourmentée perdait tous ses charmes. Du moment qu*on était frappé, on reprenait tout ison calme et l*on mourait avec indifférence. Si la terreur existait toujours, c*était chez les forts qui la noyaient dans les orgies, au milieu des chants féroces et mystiques. On peut en juger par les vers suivants, sublimes de génie, de tristesse et de sauvagerie, composés par une des dernières victimes. J'essayerai d*en donner une idée par une traduction en prose dont les deux premières strophes sont riraées suivant la cadence anglaise :
We meel *neath ihe sounding rafter
And the walls around are bare; As they shout back our peals of laughUir
It seems as the dead were there.
Then, stand to your glasses— steady !
We drink in our comrades^ eyes :
One cup to the dead abeady,
Hurrah fort the next that dies !
Not hère are the goblets glowing ;
Not hère is the vintage sweet.
'Tis cold as our hearts are growing,
And dark as the doom we meet.
But stand to yonr glasscs— steady f And soon shall our pluses rise.
One cup to the dcad already, Hurrah for the next that dies !
There's many a hand thaVs shaking
And many a cheek that's sunk ; But soon tho^ our hearts are breaking.
They 'Il burn with the wine we \e drank.
TheUf stand to your glasses— steady !
'Tis hère the revival lies.
Quaff a cup to the dead already,
Hurrah for the next that dies !
Time was when we laughed at others,
We thougfat we were wiser then.
Ha ! ha! let them think of their mothert
Who hope to see them again.
No, stand to your glasses—steady ?
The thoughtless is hère the wise !
One cup to the dead already,
Hurrah for the next that dies !
Not a sigh for the lot that darkles,
Not a tear for the friends that sink !
We '11 fall midst the wine cup's sparkles,
As mute as the wine we drink.
Come, stand to your glasses— steady !
'Tis this thot the respite buys.
One cup to tho dead already,
Hurrah for the next that dies I
Who dreads to the dost retonîiig?
Who shrink» frtm t]ie cable «bort?
Where the high and haughty yearning
Of the soûl ean sting ûo more.
No. Stand t» font gto«Mi-Hrt«ady I
The world u a woriii «f llM.
One cup to the éiad alraady»
Inmh for Oie nest that iliçsl
Gnt off from the knd Hiat béM tit,
Betrayed by ^ laiid we ind I When the brightest are gone before us
And the dullest are most bebind.
Stand, stand to your glasses— steady f
Tis ail we bave left to t>rise.
One cap to the dead already,
Hnrrafa for tbe next tiiat dies f
tiutftoerioir.
Assemblons-nous, amis, sous la voûte sonore, Autour de nous nul lambris ne colore La blanche et livide muraille.
Écoutez rebondir nos rires, nos éeltts**.
On dirait que les morts âont Ift, De retour de leurs fhnérailles.
Qu'importe ! rempUssons nos verret, ' Buvons sous les yeux de nos frères Une coupe en leur honneur.
Buvons à ceux que recouvre la tombe,
Ab f ce n'M poidiiei 4M 1» eriiliil Misait Et que le jus que la grappe distille
Brille d'ambre ou de mbis.
Le vin ne répand point une douce chaleur (1) :
n est glacé comme te cœur,
IToir comme f iétemelle nuit t
ffais, feriSke f rempUsaons nos verres :
Nbs cceors battront nuenx tout ft Fbeure :
Buvons à ta mort de nos frères^
Hourra pour le premier qui meurt l
Je vois plus ëmtetBÊfyt qié WmÊ^ ^MêkM joue dëjft creusée. Mais bientôt quoique nos cœurs se brisent, ils brûleront de ce vin généreuse th bien donc, ferme! soyons fidèlea à ao» vtnrtt i c?«si itl qpM non» reUriMwwft aoire ardeurs
Hourra fMT l»fr«MMr qpH neartl
lY
11 fut un temps où nous dédaignions Torgie ; nous nous vantions d'être plus sages aloW^I Ah ! ah 1 que ceux4à pen-
salpêtre.
sent à leurs mères, qui ont Tespoir de les revoir jamais. Mais nous, amisy vidons nos verres, la folie est ici la sagesse.
Buvons à eeux que recouvre la tombe, Buvons au premier qui succombe, Hourra pour le premier qui meurt l
Ne jetons pas un soupir à la destinée qui s'avance, pas une larme à Tami qui s^en va ! Nous nous envolerons avec les bulles d'air qui couronnent le Champagne, nous tomberons muets et froids comme le vin que nous sablons. Allons i ferme ! remplissons nos verres, c'est le répit pour les maux de r&me.
Buvons à ceux que recouvre la tombe.
Buvons au premier qui succombe.
Hourra pour le premier qui meurt!
Qui craint de rentrer dans la poussière ? Qui voudrait fuir le wAr rivage où les brûlantes aspirations du génie et du cœur ne pourront plus nous torturer? Non, non, soyons fidèles à no5 verres. Le monde n'est qu'un grand mensonge !
Buvons à ceux que recouvre la tombe.
Buvons au premier qui succombe, Hourra pour le premier qui meurt !
VU
Retranchés du sol qui nous a enfantés, trahis par la terre d'exil, quand les plus brillants et les plus aimés sont tom}>cs devant nous, quand ce sont les plus tristes qui restent, qui voudrait survivre ? En avant nos verres I
Bavons à cenx que recoavre la tombe,
Buvons an premier qni succombe,
. Honrra pour le premier qni meurt I
Vers le commencement de mai le fléau parut se lasser, ses coups étaient moins certains; le choléra avait dégénéré en cholérine et beaucoup de malades lui échappaient. L'administration avait fini aussi par se décider à retirer le régiment de ce malheureux fort et à nous camper dans une plaine où Fatmosphère était plus salubre. A partir de ce changement le mal diminua d'intensité ; je fus du nombre des derniers atteints, et après avoir passé par tous les paroxysmes de la mala* die, je me réveillai de mon délire dans une superbe villa occupée par le docteur Mac-Leod, chirurgien en chef de la province. Cet excellent homme était marié à une Française de Pondichéry, mademoiselle Hall, qui avait été Tâmie de ma mère. Dès qu'elle avait appris mon danger, son cœur de créole s'était vivement ému, et elle avait supplié son mari de me faire transporter dans son propre palanquin, de la tente où je gisais au milieu d'un camp infecté, dans sa propre habitation, où tous deux me prodiguèrent les soins les plus tendres. Je passai tout un mois dans leur belle demeure, et là prit naissance une amitié qui dura jusqu'à la mort de cette excellente femme