CHAPITRE IV
L8 piltiiiitttai. — Sadns. ^ péndlciiéft .
Cependant, par les soins de mes hôtes , tous les préparatifs étaient terminés pour mon premier voyage dans rinde, celui qui devait m'amener à Pondichéry, au sein de ma famille. Après un dîner d'adieux ^ où je pris congé non sans une véritable émotion du brave capitaine Owen, nion chef et mon protecteur à bord de V jlurora , je trouvai tout mon équipage de route assemblé sous le portique de la villa. La principale pièce de mon attirail de voyage ne ressemblait pas mal, par sa forme, à une bière : c'était une chaise oti plutôt une botte à porteurK, connue sous le nom de palanquin^ construite plutôt pour se coucher que pour s'asseoir, de manière à rendre la position indignée la plus confortable possible. Eiie était pourvue de panneaux à châssis servant à-la*fois de portes et de fenêtres, s'ouvrant latéralement. Il serait difficile d'imaginer, sans avoir soi-même voyagé dans l'Inde , toutes les ressources et tout le confortable que l'invention et l'expérience combinées sont parvenues à attachera cette petite maison ambulante. Pour l'In-*
5^ L*INDB ANGLAISE EN 1843.
dien^ c'est la coquille de l'escargot ; il a matérialisé la phrase du philosophe : omnia mecum porto; encore ce n'est pas lui qui la porte. Des tiroirs fixés au-dessus de vos piedsy dans les parois latérales^ servent à-la-fois de caisse et de buffet j de secrétaire et de bibliothèque ; au-dessus, c'est une console, c'est un magasin , c'est un garde-manger : tout s'y trouve, depuis la théière jusqu'à la cave aux liqueurs; sur la voûte extérieure du plafond, est une lourde malle qui contient toute votre garde-robe; intérieurement, ce sont des filets pour suspendre les objets fragiles ; votre oreiller vous sépare du grenier à linge , par lequel il est supporté; enfin, à vos côtés, entre le matelas couvert de maroquin rouge, sur lequel vous reposez, et le jonc qui compose le cadre, vous avez tout un arsenal, fusil, sabre et pistolets.
Aux deux extrémités du palanquin , sont adaptés deux forts bambous, solidement enchâssés dans un système de fil de fer, correspondant avec toutes les parties delà machine. Ainsi chargée, elle pèse au moins cent kilogrammes, sanâ compter le poids du voyageur. Près du palanquin de voyage figurent toujours au moins deux paires de paniers en rotin , ronds et couverts, très larges, connus sous le nom de pélarahs : c'est la cuisine, la cave et la boulangerie, qui doivent aussi vous accompagner. Ces paniers sont assortis par couples, chac(ui séparément dans un filet, et suspendus aux deux extrémités d'un bambou long et flexible, de manière à se balancer sur Tépaule du porteur, nommé co*vrycara ou cowryvala.
Les portâmes du palanquin (boyhis ou bahis) sont