‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 11 sur 268 · PREMIÈRE PARTIE. —CHAPITRE lY · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. —CHAPITRE lY

au nombre de treize , dont un fait les fonctions de massalchi ou porteur de torche. De ces treize hommes, six à-la-fois portent le palanquin, en appliquant alternativement l'épaule droite et l'épaule gauche, trois au bambou du devant et trois au bambou de derrière, de manière à laisser le même nombre de tètes de chaque côté. Les six autres et le massalchi courent à côté, et relèvent les porteurs chaque deux ou trois minutes. Le massai ou torche est un rouleau de chiffons d\m mètre de longueur imprégné de résine, de goudron et d'autres matières inflammables : le massalchi le tient d'une main, tandis qu'il porte de Fautre un ustensile en fer-blanc qui contient l'huile qu'il épanche à chaque instant sur la flamme.

Dès que vous donnez l'ordre du départ, les porteurs commencent leur toilette. Us n'ont pour se couvrir qu'un grand peignoir de toile blanche qui leur tombe jusqu^aux talons. Quand ils veulent reposer, ils le déroulent, et dorment à terre enveloppés dans ce manteau léger. Pour marcher, au contraire, ils relèvent les extrémités de cette grande robe, et en la serrant autour des cuisses avec beaucoup d'art ils s'en font une culotte courte qui n'entrave plus leurs mouvemens. Deux longues bandes étroites de mousseline grossière , communément bleue ou rouge, qui servent, l'une de ceinture, l'autre de turban, complètent leur accoutrement. Devant trotter cinq ou six lieues sans s'arrêter , ils trouvent un grand avantage à se serrer les reins: la force est ainsi concentrée, les muscles trouvent un point d'appui , les poumons sont moins sujets à s'engorger*

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Vous les voyez donc se rendre réciproquement le service de se serrer le cuminerbund (la ceinture), nonseulement autour des reins y mais dos hanches; la liberté d'action pour le genou semble leur suffire : il ne reste plus que le turban à ajuster plus étroitement autour des tempes ; puis , les préparatifs essentiels étant terminés, chacun dépose son petit paquet , ses babouches et son bâton (son compagnon inséparable), entre les fils de fer du palanquin ^ et les voilà prêts à courir, si vous l'exigez , dix lieues dans une nuit. Entrez dans cette machine, la pUis voluptueuse de toutes les voitures, sans un moment d'inquiétude au sujet de votre escorte ou de voti*e attelage, si vous voulez une expression plus correcte; entrez-y, quand vous seriez une jeune femme sans son mari, et avec un enfant, ou une jeune fille sans protecteur, pour faire cent lieues, s'il le faut, sans rencontrer un visage ami : vous trouverez ici partout, et toujours, et quand méme^ une loyauté à toute épreuve , un dévoùment qui redoublera avec le besoin que vous pourrez en avoir , une honnêteté qui sera en proportion inverse de vos moyens de défense : le plus^petit objet, comme le plus précieux, se retrouvera dans votre |)alanquin à la fin du voyage. C'est un singulier phénomène que cette probité invariable et soutenue qui se retrouve toujours dans tous les individus d'une seule race, celle des porteurs, divisée en plusieurs castes, avec toutes les nuances possibles de religion. Cette loyauté a cependant des phases très singulières : envers im être sans défense , un malade, une femme, un enfant, elle est une,

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