‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 12 sur 268 · PREMIÈRE PARTIE. — CUAPITEK IV · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — CUAPITEK IV

simple I entière^ ne connaissant que la ligne droite; le voyage sera fait de la même manière , dans le temps convenu j on ne lui suscitera pas le moindre embarras. Mais si vous êtes un homme, si vous présentez tous les caractères de la force , de la jeunesse , de Taudace, si vous parlez un peu la langue, attendez-» vous, pour maintenir vos droits, les conventions arrêtées d'avance sur les détails , les divisions et la rapidité de la marche, attendez-vous , dis-je, à une kitte iucessante contre toutes les ruses , toutes les malices du plus délié et du plus menteur de tous les peuples. Leur apathie même, si conforme au caractère des indigènes I devient chez eux un calcul à F égard des Européens , leur vengeance, la vengeance du pauvre contre le riche» Chaque jour ce sont de nouveaux subterfuges qu'on vous prépare. On viendra vous annoncer, avec toute l'apparence de la bonne foi , l'iml)ossibilité où Ton se trouve d'aller en avant. C'est à qui donnera les meilleures raisons ; et l'on emploiera tous les tons pour vous convaincre, depuis celui de la flatterie et de la plus basse soumission , jusqu'à Tinsolence la plus assourdissante. Quelques corrections peu sévères , distribuées avec totite la noblesse et la dignité du commandement, sur la joue des plus récalcitrans et surtout du chef, car il en est toujours un qui répond pour les autres et est chargé de maintenir l'ordre parmi la bande, seront alors le seul moyen à prendre pour rétablir la discipline; mais il n'en faut pas abuser. Maltraiter vos boyhis^ serait le pire de tous les systèmes : ils ne tarderaient pas à déserter. Vous vous trouveriez alors al)andonné

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peut-être au milieu des bois, loin de toute habitation et de tout secours. « C'est l'influence de votre force « morale qui doit les subjuguer; et, à l'exception de « quelques démonstrations assez légères , c'est à elle a seule qu'il faut avoir recours pour les maintenir dans « l'obéissance.» (i)

Dès que la tête du voyageur s'est confortablement établie sur l'oreiller du palanquin, son attelage humain s'élance au trot. Cette allure est mesurée par un récitatif assez monotone chanté à tour de rôle par chacun des porteurs, et dont chaque période est terminée par une exclamation répétée en chœur par toute la bande. On conçoit la nécessité d'une régularité de temps parfaite quand tant de pieds foulent le sol à quelques lignes seulement l'un de l'autre, et qu'un seul faux pas pourrait entraîner la chute de tous. Aussi la moindre faute dans la mesure est immédiatement suivie d'une correction manuelle infligée par le [)lus j)roche voisin du coupable.

M. Mackenzie, de la maison Arbuthnot, ayant bien voulu me prêter son jeu (a) de porteui's pour faire les six premières lieues , j'avais pu envoyer les miens une étape en avant, ce qui me donna le moyen de courir toute cette nuit et la matinée suivante jusqu'à dix heures, que j'arrivai à Sadras, ville autrefois considérable, sur le bord delà mer, à-peu * près à moitié chemin de Pondichéry.

(i) Extrait d'an ardcle de Montholon de Semonville dans la Revue des Deux Mondes.

(2) On appelle jeu la collection de bahls, généralement treize ou neaf, habitués à courir ensemble sous un même chef; \

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