‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 113 sur 268 · PREMIERE PARTIE. -« CHAPITRE XVIU · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. -« CHAPITRE XVIU

entraîner par des Européens en goguette à se joindre à quelque partie de plaisir, leur histoire est invariablement celle du pot de terre et du pot de fer. Ils sont surs de s'en revenir froissés , meurtris, humiliés et emportant au fond du cœur les premiers germes de cette haine que la force inspire toujours à la faiblesse. Il est d'autres causes morales deloignement entre les deux races , plus graves et plus profondes , ce sont Vivrognerie y les passions terribles et la bestiale incontinence du soldat anglais. Ses excès en ce dernier genre se sont si souvent renouvelés , qu'aujourd'hui une pauvre femme vieille et laide , qui ne songe pas à se couvrir quand des natifs passent devant elle, s'arrête et tourne le dos du plus loin qu'elle aperçoit un Européen. Un jeune conscrit que les veillées du corps^le^garde n'ont pas encore corrompu, s'il traverse en école buissonnière le cantonnement des cipayes , rencontrera une jeune femme : il lui sourira, ou lui dira bonjour galamment , comme il le ferait pour une jeune fille de sa classe en Angleterre, et passera outre sans plus y songer. Mais il a froissé les sentimens les p?us irritables , la corde la plus sensible du peuple auquel il s'est mêlé. Soit au moral , soit au physique, le contact , la caresse même de l'Européen laisse toujours à l'indigène une flétrissure. Le cipaye admet pourtant une immense distinction entre le soldat et les officiers. Il méprise le premier comme de basse classe et d'une caste impure; il distingue les autres par le nom collectif de sahiblog, la caste des gentilshommes.

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