CHAPITRE XXIV
assaut de Bakta. — Appréciation des cipayes et dee Earopéens. —
Ketoar en arrière sur l^insarrection de l^amiée de la Compagnie en 1809.
^ Kéfleiions.
lie 3 avril , à cinq heures du matin ^ la brigade s'avançait par une route qui semblait bien battue; cependant , au bout d'une demi-lieue on se trouva fioudainement dans le lit encaissé d'un torrent ^ à sec pour le moment^ mais qui dans la saison des pluies devait s'élancer avec une grande violence et en formant de nombreuses cascades. Pas un sentier, pas une autre issue que le fond de ce ravin , qu'il nous fallait suivre et remonter. Deux heures d'tm pénible travail de la part des pionniers et d'efforts extraordinaires de toute V avant-garde ne nous firent gagner que fort peu de terrain ) car il fallait rendre la voie praticable pour les bétes de somme*
Itous pûmes apprécier en cette occasion Tintelli* gence des éléphans et leur utilité dans la guerre de montagnes. Parvenus au point où le lit du torrent se préci{iitait en cascades ^ il s'agissait de faire remonter aux canons la pente presque verticale d'une roche e^^itique dont les eaux avaient usé et poli la surface.
3a L'INDE ANGLAISE EN 1843.
Les bœufs qui traînaient les pièces , après un ou deux efforts , renoncèrent à cette entreprise et se couchèrent comme ils font toujours dans les cas désespérés. On se décida alors à envoyer chercher quelques éléphans du convoi. Les deux plus ohéissans furent débarrassés de leurs fardeaux , et amenés par leurs mahaouts auprès des canons. On leur indiqua de la voix, de l'exemple et du geste ce que Ton attendait de leur courage, et la confiance qu'on avait en eux ne fut point trompée. Effectivement un de ces colosses se plaçant derrière une pièce de six y appliqua l'extrémité de sa trompe , et la poussant devant lui tandis que les canonniers se contentaient de la guider, lui fit remonter toute la chute des rochers. Un peu plus loin , la pièce ayant roulé dans un ravin , et s'étant renversée , les deux éléphans l'enlevèrent avec leurs trompes, une de ci, une de là, la retirèrent et la replacèrent sur son affût.
Vers neuf heures , abandonnant le lit du torrent, nous nous retrouvions sur un nouveau sentier, qui , après nous avoir fait franchir une première crête, descendait dans une vallée profonde où de nombreiu champs de riz indiquaient la proximité de l'homme. Selon les guides , et leur rapport était confirmé par les espions , la redoute devait se trouver cachée quelque part dans la sublime chevelure de la crête opposée, dont nous étions séparés par des pentes rapides sur l'un et l'autre versant. Le rideau devant nous , hérissé d'une gigantesque forêt vierge, semblait plus sombre et plus impénétrable que tout ce que nous avions encore travené. La nature^ dans cet te contrée, se