‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 146 sur 268 · PREMIÈRE PARTIE.— CHAPITRE XXIV. 4x · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE.— CHAPITRE XXIV. 4x

voyant sesdeux dernières compagnies, toiUson monde à lui 9 s'ébranler vers la montagne, les suivit à pied , lentement, machinalement, les bras croisés derrière le dos, à la vue et à la parfaite connaissance du général comme de toute l'armée. Dès les premiers coups de fusil cependant, il doubla le pas et fut bientôt à leur tête.

Je revenais en ce moment, avec une poignée de cipayes du 31*", d'escarmoucher dans les broussailles, dont j'avais délogé quelques tirailleurs ennemis qui harcelaient la colonne. Voyant tout ce qui restait du 55* gravissant déjà la côte, je sautai sur un cheval et rejoignis le régiment au galop; puis descendant de ma monture, je me mis à gravir avec les autres. Dès ce moment nous commençâmes à perdre du monde ; Tennemi restait invisible et pourtant son feu devenait à chaque instant plus vif; à chaque instant il iallait resserrer les rangs en passant sur un camarade.

Arrivé enfin au pied du glacis , devant la principale redoute , je vis à ma gauche un espace dépouillé d'arbres conduisant , par une chaussée glissante et semée de grosses pierres, aux palissades qui en défendaient l'entrée. C'était l'impasse où s'était livré le premier assaut. Voyant le colonel Mill, accompagné d'une seule ordonnance, grimpant péniblement de rochers en rochers et s'avançant avec quelque apparence d'hésitation , j'allais m' engager sur la chaussée pour lui amener ma subdivision de renfort, quand il me cria l'ordre de mettre mes gens h couvert pendant qu'il étudiait la position. Tout en me conformant

4a L'INDE ANGLAISE EN 1849.

à cette iDJonction pour ce qui regardfiut les soldats, je ne me crus point obligé d'y obéir moinnéme, et sui« vant à-peu-près Iq même lignei et adoptant les mêmes précautions que je lui avais vu prendre, je me trouvai bientôt assis à quelques pas de la poterne , à coté du colonel , derrière un bloc de granit qui nous couvrait du feu de la barrière, et au pied d un gros arbre très remarquable qui nous protégeait de celui de la face latérale. A notre droite , les capitaines du BS" dirigeaient leurs hommes dans les broussailles, de manière à les rapprocher autant que possible des palissades j sans trop les exposer, et engageaient un feu roulant avec l'ennemi. A notre gauche, à dix pas de la barrière, présentaiit à Tennemi sa stature colossale et ses larges épaules tout-à-fait à découvert ^ on remarquait le major Birddu 3 1% qui, indigné de voir ses avis constamn^nt méprisés par T incapacité qui nous commandait, poussait des cris de rage et cherchait à se faire tuer. Depuis une heure qu il était là à défier la mort sous une pluie de mitraille , elle avait refusé cette victime volontaire et il n'était pas encore touché, ëd ce moment les pionniers parurent au pied de la chaussée : ils apportaient une seule échelle ( la colonne n en possédait que deux, lourdes et mal construites, fa* briquées la veille des bambous de k forêt ) , l'autre avait dû être abandonnée dans la montagne. Cependant cette vue rend au major un éclair d'espérance : il appelle les pionniers, les encourage, agite son sabre et semble par sa position exposée leur montrer que le danger a cessé. Le jeune Bayly, du 55% qui était à ses côtés , se précipite pour les entraîner : il

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