‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 148 sur 268 · PREBOÈEE PARTIE.— CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

PREBOÈEE PARTIE.— CHAPITRE XXIV

ets'éloignaau galop vers le corps d'armée pour m'envoyer du renfort. Un quart d'heure se passa à repousser les attaques de l'ennemi de plus en plus vives à mesure que nous nous éloignions du champ de bataille. Tout-à*coup son ardeur se ralentit et une troupe régulière parut à notre droite : c'était un détachement du Si'' natif 9 commandé par le lieutenant Briggs. Cet officier faisait faire des prodiges aux cipayes. Sous son égide je n'eus plus à m'occuper que de mes blessés. Un peu plus loin nous fûmes encore renforcés par une compagnie du 55' qui nous attendait sur un mamelon. Une fois hors du défilé la retraite se fit avec un ordre admirable, pas un canon, pas une béte de somme ne furent perdus.

Le combat avait duré quatre heures et demie ; nos pertes étaient sérieuses et les chiffres suivans n'ont pas besoin de commentaires. Le demi-bataillon du 55"^ n'avait envoyé au feu que deux cent soixante combattans. De ce nombre un officier et trente hommes étaient morts ou avaient été massacrés après la retraite; quatre officiers et cent cinq hommes étaient blessés. Total, cent quarante tués et blessés sur deux cent soixante.

Les pionniers avaient perdu huit morts et cinq blessés sur trente combattans ; mais ce nombre avait succombé dans le premier assaut.

Le 3i' régiment d'indigènes avait engagé trois cents combattans; il comptait treize morts dont un officier européen, deux officiers et trente-sept cipayes blessés. Mais observons que non-seulement il ne reparaît plus dans le second assaut, mais que ses propres officiers,

$0 L'INDH A!^GLAISfi EN 1848.

jugeant eux-mêmes qu'une pareille lutte est trop sérieuse pour des cipayes, les laissent à couvert dans les broussailles et se joignent personnellement en volontaires aux soldats du 55^ C'est ainsi que l'on a vu Brett, sans un seul ci paye à ses côtés, attendant Téchelle au pied de la palissade pour y monter avec les Européens. Mais le chiffre le plus curieux est celui de l'illustre g* natif: Combattans, huit cents; tués, un officier européen ^ pas un cipaye ; blessés, personnel A neuf heures du soir nous arrivions au camp dont le général avait choisi remplacement près d'un filet d'eau, dans une clairière entourée de toutes parts d'une épaisse forêt. Il n'était plus question du luxe de la veille; deux ou trois tentes pour l'état^major, qtielques rares pavillons de commandans et les tentes de l'ambulance pour chaque régiment étaient seuls debout. Tout le reste jonchait la terre à côté des bétes de somme qu'on songeait à peine à décharger. La confusion était extrême , tellement que pour éviter l'embarras de choisir de nouvelles gardes, les derniers arrivans reçurent aussitôt l'ordre de bivouaquer sur la ligne extérieure des sentinelles pour protéger le carré du camp. Cependant le détachement que nous i^menlons faisait partie de l'avant ou de l'arricregarde depuis cinq heures du matin , s'était battu tout le jour et était épuisé de fatigue. C'était encore eux, c'est-à-dire la poignée d'Européens que l'on chargeait de veiller à la sûreté des indigènes durant cette terrible nuit. Et ce conseil élait sage, car la panique s'était communiquée aux cipayes de tous les corps. Ceux qu'il avait été indispensable d'employer pour

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