‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 155 sur 268 · PREMIÈRE PARTIE. -^CHAPtTKE XXV · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. -^CHAPtTKE XXV

bles que l'art et la nature avaient accumulés sur notre route mais que personne ne défendait plu», nous atteignions le lo avril la capitale de ce petit royaume, Mercara , où notre jonction s'effectuait avec les deux autres corps d'armée du sud et de l'est. La seule co*lonne qui manquait au reudez-vous était celle de l'ouest, mais elle était hors de combat et avait dû rentrer dans ses cantonnemens. Pourtant il était aussi un personnage que nous nous attendions également à trouver dans la capitale, et dont l'absence nous causa un moment d'inquiétude ; c'était le Rajah luimême. Il avait encore une fois changé d'avis et s'était enfui à notre approche. Notre position pouvait en ce tnomeut devenirpluscritiqueque jamais, car plus nous nous trouvions avaticés dans le pays , plus une retraite sous la furie de la mousson et devant l'ennemi même le moins résolu, devenait impraticable. Heureusement pour nous le Rajah en revint encore après de nouvelles hésitations à sa première idée de s'abandonner à la générosité anglaise ; il se présenta le même soir^ à minuit, aux avant^postes du camp pour se constituer prisonnier.

Le lendemain i ) at^ril , on se hâta de le transférer de la tente du plénipotentiaire anglais, colonel Frayer, où on l'avait d'abord reçu, à son propre palais. U surveillance qu'on croyait nécessaire y était plus facile, et il devait être gardé à vue jusqu'à ce que le gouverneur-général eût pi'ononcé sur son sort. Pour exercer cette surveillance de la manière la tnoins blessante possible , peut-être aussi pour avoir ^tn oeil sur les tr^rs que l'on croyait enfouis dans le

palais, Tétàt-major de la division s*y installa avec le prince dont on parut accepter l'hospitalité. Ce fut à cette circonstance que je dus une occasion des plus heureuses de visiter l'intérieur de celte résidence royale, le lendemain même de notre arrivée, et tandis qu'elle était encore la demeure du Rajah. Je me trouvais porteur d'une dépêche contenant le détail des opérations du 55' depuis son entrée eu campagne jusqu'à sa réunion au quartier-général , de la part du major Warren qui avait succédé au commandement du régiment, et adressée au brigadier-général Lindsay, Quelques heures après l'installation du drapeau britannique sur les murs du château, je me trouvais donc parcourant à cheval les rues de Mercara , tenant en main le talisman qui devait m'ouvrir les portes d'un palais dont la splendeur, exagérée par la renommée, occupait depuis long-temps nos imaginations et éveillait toute notre curiosité.

Mercara est une ville ouverte d'à-peu-près 10,000 âmes, dont le principal attrait est la position éminemment pittoresque, se développant en amphithéâtre sur la pente d'une montagne admirablement boisée. Elle se composait , à l'époque de la conquête, d'un pettah ou massif d'habitations indiennes du second ordre , bâti en demi-cercle avec assez de régularité, commandé et en quelque sorte coiffé d'un château moyen âge à quatre faces rectangulaires , avec fossés et embrasures, mais sans glacis. Ce château présentait par conséquent à découvert un simple mur de revêtement capable de résister à l'arme blanche et sans doute très suffisant pour arrêter les flots de

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