PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE XXVIl
accidens de la vie d'un homme. Il est temps que l'auteur disparaisse personnellement de la scène , en sollicitant Tinduigence du lecteur pour l'avoir contraint de suivre sur une terre inconnue ses premiers pas encore chancelans. Maintenant la route est facile; quoique explorée pour la première fois, elle est suffisamment jalonnée par les notes qui ont fait l'objet du premier livre. Le lecteur s'y retrouvera sans peine , et les hautes questions de politique qui vont passer sous ses yeux, compenseront peut-être la monotonie et le peu d'importance de ces premiers détails. Quant à celte politique, un employé du gouvernement anglais pouvait seul en obtenir la clef, en même temps qu'un étranger seul offrait une suffisante garantie d'impartialité. Français de cœur et d'éducation, Anglais par reconnaissance et par fraternité d'armes , l'an teur s'est trouvé devant les événemens dont il a été le témoin oculaire , sans passions, sans espérance, donc sans préjugés. Il s'est fait à ses risques et périls l'apôtre de la vérité qu'un étranger n'aurait pu voir, qu'un Anglais n'aurait voulu dire. Sa position exceptionnelle qui réunissait ces deux conditions donnera sans doute quelque prix aux pages qui vont suivre.
Anglais, écoutez-moi sans colère ; je vous montre • abîme : le sentier que vous suivez y conduit. — Russes, c'est vous surtout que mon livre intéresse : peutêtre y trouverez-vous de précieux enseignemens , c'est à vous d'en profiler.