DEUXIÈME PARTIE.— CHAPITRE U. xB
évéques et des officiers de Tarinée de la reine qui sont appelés à servir dans Tlnde, leur est dévolue.
La dernière charte n'a amené de changement maté* riel dans le système par l'intermédiaire duquel l'Angleterre gouverne les peuples de l'Inde , que celui qui lui interdit le commerce et circonscrit son rôle à celui d'un corps gouvernant. Il ne fut jamais un instant sérieusement question d'arrêter son action pour confier cet immense pouvoir à aucun ministère. C eût été effectivement mettre en danger les libertés de l'Angleterre ; car ce ministère y aurait nécessairement trouvé des ressources inépuisables dont il eût été facile d'abuser pour se maintenir au pouvoir quelles qu'eussent été ses mesures et la direction de sa politique, quelque contraire que cette politique eût pu être aux intérêts et à l'opinion du pays. Sous un autre point de vue, il est également indispensable pour le bonheur de l'Inde que le système de son administration ne soit pas soumis aux éventualités d'un changement de ministère. Il est bon que ses gouvernans soient en dehors du tourbillon de la politique de la métropole. Quand leur étude unique doit être l'intérêt et le progrès de la colonie , il ne faut pas qu'ils puissent être tentés de concourir par certaines mesures dans leur ressort au succès ou au triomphe de tel ou tel parti parlementaire. Or aucun comité de gouvernement que la nation aurait pu choisir n'aurait présenté autant de garanties d'indépendance et d'aptitude que la Compagnie créatrice de la colonie. La permanence de ce système me semble donc assurée pour Favetnr, aussi iong-temps que durera la prépon^
t38 L'INDE ANGLAmfi EN lB4a.
déranet de F Angleterre en Aeie. C'est ce que je m'étais proposé de démontrer.
Enfin cette même charte de t833 laissa à-peuprès tels qu'ils étaient les rapports antérieurement en usa'ge entre la Cour des directeurs et le bureau de contrôle; mais elle définit plus précisément ces relations et traça la marche à suivre dans le cas où rautorité contrôlante différerait dans son jugement en quelque question avec l'autorité gouvernante (c'est-àndire la Cour des directeurs), quant aux ordres ou dépêches qu'il serait convenable d'envoyer dans l'Inde. Le gouvernement suprême ( à Calcutta ) reçoit , il esl vrai, directement seâ instructions de cette Cour, mais aucun ordre sur aticune affaire publique, administrative et surtout politique ne peut être protnulgué, aucune mesure ou disposition même pécuniaire ne peut être arrêtée sans avoir rrçu préalablement l'approbation et la sanction du bureau. L'initiative d'après la loi appartient dans tous les cas aus directeurs , excepté pourtant s'ils négligeaient de préparer et de soumettre au bureau , en moins de quinze jours après en avoir été requis, des ordres ou des dépèches sur un sujet donné. Dans ce cas qui d'ailleuis ne se présente jamais le bureau aviserait lui-même. Mais dans le cours ordinaire des choses, ce premier travail préparé, le bureau aie pouvoir de modifier à sa discrétion le style et la substance des dépêches que la cûur à soumises à son approbation, et la Cour des directeurs est ensuite sommée de signer et de transmettre les ordres ainsi modifiés.