CHAPITRE IV
Dm KTems. i»- impôt territorial j trilmis } monopolct; douanes.
— Moyenne générale des revenus} moyenne générale des dépenses. —
Statistique financière.
Le système des revenus se divise nécessairement en plusieurs branches selon le nombre et la nature des sources qui Talimentent. D'après ce principe, nous pourrons classer ces branches sous quatre désignations principales, savoir : i"" l'impôt territorial ; a° les tributs des peuples vassaux; 3** les monopoles j ^""les douanes.
De Vimpot territorial. — Dans tous les temps l'impôt territorial a été la principale source des revenus des gouvernemens de l'Inde. Il y a toujours été considéré comme une sorte de redevance basée sur ce principe, que la terre appartient au souverain et qu'il a droit à une certaine portion du produit La proportion de ce revenu a varié suivant les besoins et la moralité des gouvernemens ^ mais elle était toujours au moins de moitié du produit brut et souvent davantage. La terre était affermée par le souverain, soit par provinces à un dewan, soit^ et
t6o L'INDE ANGLAISE EN 184S.
c'était le cas le plus fréquent, par districts à deszemindars qui touchaient environ t o pour loo de commission ; et ce système de perception s'appelait zemindari.
Bien que les droits du souverain fussent généralement reconnus, cette lâche du zemindar n^était nullement sans épines. Toutefois, quand il n'avait pas i craindre d'exactions injustes de la part de son maître, et qu'il voulait lui-même se contenter du bénéfice assez large qui lui était alloué, cette tâche était singulièrement facilitée en beaucoup d'endroits par la constitution toute particulière du village hindou, constitution extrêmement curieuse, qui a été de tout temps la base et l'élément intégrant de la société indienne et qui a persisté sous toutes les dominations afghane, mogole et anglaise. Cest un phénomène si extraordinaire qu'il est indispensable de nousy arrêter un instant.
Sous toutes les dominations , disons-nous , et sous toutes les civilisations, primitive, hindoue, musulmane ou chrétienne, le village hindou a continué d*exister avec la même constitution immuable, aussi compacte aujourd'hui que dans les premiers âges. Ce village est une certaine étendue de terrain labourable ou en friche. Quelquefois ce terrain est divisé en propriétés individuelles: alors nous retrouvons à-peu-près la commune française. Mais le plus souvent il n'en est pas ainsi : les terres demeurent en commun , et chaque année elles sont partagées par les habitans entre eux^ chacun recevant pour la cultiver une portion en proportion de son capital et de