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ses moyens de travail. Chacun de ces villages forme une sorte de petit état administratif et se gouverne par lui-même sous l'organisation suivante : i ^lepa/e/, chef, maire ou bourguemestre du village (généralement héréditaire )y a la surintendance générale des affaires de la communauté; il arrange les querelles , veille au maintien du bon ordre, touche les revenus communs, et en fait la répartition ; a'' le kurnoum ou moutsuddi tient registre des frais de culture et de tout ce qui s'y rapporte; 3" le ialari fait la recherche des crimes et délits : c'est l'agent de police ; il escorte et protège les personnes qui voyagent d'un village à l'autre; 4'' le Mi a la garde et la mesure des moissons ; 5' le gardien des limites donne tous les témoignages en ce qui les concerne ; 6° le commissaire des eaux et des étangs distribue Tirrigation suivant les besoins de Tagriculture ; 7** le brahme rempht les cérémonies du culte; 8** l'astronome annonce les époques favorables ou défavorables pour les semailles ; q"" le maître decole enseigne aux enfans à lire et à écrire. Viennent encore le forgeron et le charpentier qui confectionnent les instrumens d'agriculture et bâtissent les cabanes; et enfin le potier, le barbier, le porteur d'eau , le gardeur de bétail , le médecin, la danseuse, le musicien et le poète.
Sous cette hiérarchie administrative le village tout entier est soumis à une sorte de communauté de biens et de travaux qui permet à chacun de profiter en quelque manière de l'assistance de tous les autres. Les uns vont au marché, les autres s'occupent de la culture, de la moisson^ etc., et chaain a ainsi son
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rôle et ses occupations particulières qui profitent à tous. Cest sous cette forme de gouTerDement que la habitans de la campagne ont vécu de temps immémoriaL Les bornes de ces villages ont été rarement altérées; les villages eux-mêmes ont été quelquefois désolés parla guerre i la famine et le choléra ^ mais ils ont conservé leurs noms pendant les siècles; les mêmes fr milles ont continué d'y conserver leur résidence et d j avoir leurs intérêts. Les habitans ne se mettent pointa peine des renversemens ou des brisemens de l'empire; tant que le village demeure entier ils ne s'inquiètent point à quel souverain il appartient; quel que soit ce souverain l'économie intérieure du village n'en demeure pas moins invariable. Quoi qu'il arrive, le patel demeure toujours le chef des habitans ; il esta l'abri des révolutions politiques dans ses fonctions de juge 9 de magistrat) de collecteur des revenus delà commune. Si quelque pouvoir voulait y toucher, il y aurait émigration générale et le village retournerait au domaine du désert jusqu'à ce qu'un nouveau gouvernement remit les choses sur l'ancien pied. Fouillez les archives du temps , sous toutes les dominations reparaîtra toujours cette petite république y le village indien, fondation immuable des monarchies chancelantes et éphémères deTOrient. Sur cette base, tons les despotismes se sont successivement élevés et écroulés y sans ébranler , sans même ébrécher l'humble édifice. « C'est que le village présentait tellement peu de ff surface qu'il pouvait entrer dans les constructions « politiques les plus différentes et avait pourtant assez m de consistance pour ne pas être brisé dans leur
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a chute. C'est ainsi que Ton voit , dans l'ordre physi- K que, les mêmes molécules intégrantes passer succ cessivement et se combiner sans cesse dans les tt formes de cristallisation les plus variées (i). » Ob« servons aussi en passant quepar uiie loi de formation assez bizarre ces empires d'Orient sont tout à-la -fois despotiques par la tète, aristocrates et féodaux par le milieu y municipaux et républicains à leur base.
Pour en revenir au chapitre des impôts , nous avons dit que le zemindar qui voulait se contenter de son gain légitime trouvait une grande facilité pour l'exercice de sa perception dans la constitution du village hindou. Effectivement, d'accord avec l'administration municipale il imposait le village en bloc suivant la quantité des terres cultivées qui en dépendaient. Les chefs se chargeaient ensuite de répartir cet impôt dans la commune. On attendait généralement le moment delà moisson : toute la récolte était alors réunie et^ rimpôtdù parle village étant d'abord prélevé , les habitans se partageaient le reste en proportion de la quantité de terre que chacun avait défrichée.
Si au contraire y dans l'espoir de réaliser un plus grand bénéfice le zemindar enlevait la terre au m'I^ lage^ à la commune , pour la sous-louer peut-être beaucoup plus cher aux paysans individuellement, la perception se compliquait singulièrement. Il s'établissait dès*lors une lutte perpétuelle entre le zemindar et le rayot cultivateur; le zemindar met* tant en oeuvre tout son crédit , tous ses moyens de persuasion et en dernière analyse ses moyens de
(i) Barchou de Penho(<n,
idi L'INDE ANGLAISE EN 1843.
coercition sur le rayot, pour se faire payer; et le i*ajot toute sa ruse et toute son adresse à échapper à cette nécessité. Le résultat final était rarement profitable au zemindar que cette lutte entraînait toujours à des dépenses et ruinait complètement Tagriculteur qui, ayant loué la terre à renchèixî au-dessus de sa valeur, ne trouvait aucune sorte de compensation pour son travail et ses frais de culture.
Le gouvernement mogol trouva le système zemindari tout établi et maintint les choses dans le même étaty en renforçant seulement l'autorité des collecteurs. « Les zemindars devinrent i^sponsables des et impôts qu'ils durent percevoir, c'est-à-dire que de a simples collecteurs ils devinrent fermiers du re- « venu. Mais dès4ors il y avait un grand avantage « pour le gouvernement central k conserver les mé- « mes agens dans les mêmes localités dont ils avaient ce pu étudier les ressources. Il s'ensuivit qu'ils dea vinrent à-peu-près inamovibles. Le fils fut appelé à a succéder à son père par les mêmes raisons qui a avaient rendu le père inamovible. Peu-à-peu les a agens du fisc devinrent donc héréditaires en fait. Le c droit ne tarda pas à venir consacrer le fait; et à « l'époque où les Anglais parurent, il n'y avait pas « d'exemple que les agens du revenu eussent été dé* ce placés. Conséquent avec lui-même le gouvernece ment mogol, en rendant les zemindars responsables ce des revenus, leur donnait les moyens de les réaliser, « c'est-à-dire de contraindre les débiteurs au paiece ment. Ainsi , il leur était permis d'avoir sur pied et autant de troupes qu'ils en pouvaient entretenir et