DEUXIÈME PARTIE. -- CHAPITRE IV. i
c ils avaient de plus l'administration souveraine de la « justice pour tous les délits qui touchaient au re- « venu (i). »
Lord CornwalliSy chargé en 1787-89 d'organiser le sysième fiscal du Bengale (seule Présidence où la Compagnie possédât à cette époque un territoire sous son administration directe), crut discerner au milieu de ces vieux matériaux les moyens de fonder un établissement durable. Il proposa et finit par persuader à la Cour des directeurs de laisser les zemindars en possession de leurs districts et de leur en affermer les terres en passant avec eux des baux à perpétuité. Par cet arrangement les zemindars se trouvaient solennellement reconnus comme les légitimes propriétaires du sol à charge par eux de payer une rente fixée une fois pour toutes , qui ne pourrait plus être augmentée et dont le taux dut être une moyenne de la contribution pour les treize années précédentes. Les zemindars furent laissés maîtres de faireavec les rayots tous les arrangemens qu'ils jugeraient convenables sous la recommandation générale de se laisser guider par les usages et les coutumes de chaque localité; mais cependant sous la réserve en faveur du rayot y que le premier bail conclu avec lui serait également définitif et imprescriptible tant que le rayot en remplirait les conditions.
En faisant cet arrangement, lord Comwallis croyait certainement travailler pour la consolidation du re venu, la prospérité du pays et le bonheur des peuples. Jugeant du point de vue européen, il devait na-
(i) Barcbou de PcnhoiSii.
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turellement compter sur beaucoup d'améliorations que l'esprit de propriété ne pouvait manquer d'apporter dans la culture des terres, a Un tiers du terrici toire de la Compagnie , écrivait il aux directeurs, <x n'est maintenant qu'une foret peuplée de bètes (c féroces. Un bail perpétuel excitera sans doute le « propriétaire à défricher cette forét^ encouragera le a rayot à améliorer sa terre. Le fera«t-il s'il pense « qu'au bout d'un temps donné il sera exposé k être (( taxé pour le sol qu'il aura conquis sur le désert , a s'il n'a pas l'espoir de recueillir le bénéfice de ses a travaux? » Lord Comwallis y voyait encore la réalisation d'une autre idée qui l'avait séduit : celle de former au moyen des zemindars une grande aristocratie territoriale et pacifique, pour succéder à l'aristocratie guerrière que l'on détruisait et servir de chaînon intermédiaire entre la Compagnie et le peuple de manœuvres qui allait travailler pour elle.
Les résultats prouvèrent que le législateur s'était trompé dans tous ses calculsi car il manqua également les deux buts qu'il s'était proposés. L'agriculteur est arrivé au dernier degré de misère et la classe de zemindars dont il avait espéré composer une aristocratie est aujourd'hui anéantie par l'effet même des mesures qu'il avait recommandées. C'est qu'en voulant s'approprier le système qu'il trouvait sous sa main, il en avait rejeté un rouage essentiel. En conservant au zemindar la responsabilité des revenus, il lui avait été les moyens de les percevoir; il l'avait dépouillé de sa magistrature, de son pouvoir de coe^ cition immédiat sur le rayot; il l'avait soumis, pour le