DEUXIÈME PARTIE.— CHAPITRE IV
le service civil et même Tarméç voyaient leur solde ou leur traitement arriéré de plusieurs mois , quelquefois même de plus d'une année. On peut juger de la détresse que subissaient alors les finances par ce fragment d'une lettre de M. Webb , le célèbre secrétaire du gouvernement de Madras.
«f A présent , écrivait-il au gouvernement du Ben- « gale , le crédit de la Compagnie est tombé si bas « que son papier à 8 pour loo ne se place qu'à « une perte de i8 et 20 pour 100, et telle est la « rareté de l'argent que même les obligations à 12 a pour 100 ne circulent que moyennant 4 pour 100 Œ d'escompte. Tons les moyens imaginables ont été .« tentés en vain pour obtenir de l'argent dans celle « Présidence ; noire seul espoir est dans l'assistance « du Bengale. » Que l'on compare cette attitude humiliante avec celle d'aujourd'hui , que l'on compare même la situation de la delte indienne actuelle avec ce qu'elle était à des époques encore plus récentes sous le point de vue essentiel du taux de la rente , et l'on jugera si la Compagnie est au bout de ses ressources et de son crédit , ou sur le point de se déclarer en faillite comme on serait disposé à le croire eu France.
Dans les documens officiels publiés par ordre du Parlement, le la août i84a, nous trouvons aux époques suivantes :
Pour la dette , Tintér^t de la dette et le taux roojreii.
1809 — 1810 ^3,528,641 1,835,4^3 7,80 p. 100. i8i(j — i8ao 29,014,808 1,735,173- 6 1829-1830 34,2809.69 1,846,457 5,35
aoa L'INDB ANGLAI8B EN lê4S.
Poar la dette, riotérét de la dette et le uninoTen. 1839—1840(1)30,703,776 1,447,453 4^70 p. 100.
En les comparant avec
1843 35,703,776 1,697,753 4*75 il paraîtra que, bien que la dette ait augmenté de plus de j:2 millions sterling depuis 1810, Tintérét , c'est-à-dire le fardeau de c€tte dette a considérablement diminué ; enfin le chiifi^ qui exprime le taux moyen des emprunts démontre une facilité à emprunter qui est à peine surpassée en France.
Ce que nous venons de dire de la situation des fonds publics dans llnde et de la facilité que le gouvernement anglo'indien éprouve à négocier ses emprunls est d'autant plus extraordinaire , qu à l'époque même où le dernier emprunt se remplissait à 5 p. 100, les deux banques de Calcutta se refusaient à escompter les meilleurs billets dans le commerce, des maisons même les mieux accréditées , et n'ayant que trois mois à courir, à moins d'un escompte de 8 ou 10 pour 100. Ce fait prouve clairement et incontestablement deux choses: r la rareté de l'argent dans le pays ; 2"* et par conséquent V excellence du cridii de la Compagnie, puisqu'il obtient une préférence si prononcée et si décisive sur le crédit particulier.
(i) Cm dent denten ckiffires cotopreiment on empnmt de li milUoBs à 4 poar iQo.
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