‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 212 sur 268 · DEUXIÈME PARTIE.-- CHAPITRE VI. a · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE.-- CHAPITRE VI. a

le Résident politique, le général Fraser , a clferché à convaincre le Nizam de la prudence, voire même delà nécessité s'il voulait rester sur le trône de secourir son ministre dans cet embarras financier , en tirant sur son trésor particulier provenant de différens héritages dans sa propre famille et qui se monte à deux ou trois cent millions de francs. Il a répondu avec un bon sens tout nouveau pour les princes de rinde et qu une longue expérience de l'alliance anglaise a pu seule leur apprendre , que la Compagnie pouvait prendre son pays quand bon lui semblerait; qu'il ne tenait nullement a son gouvernement tel qu'on le lui avait fait, puisqu'il ne lui rapportait rien et qu'il n'y avait aucune part; mais qu'il ne se dessaisirait en aucun cas de sa fortune particulière, avec laquelle il irait vivre partout où il plairait aux maîtres actuels de l'Inde de l'exiler.

Il n'y a rien à répondre à un argument de ce genre : la Compagnie se trouve donc amenée plus tôt qu'elle ne comptait à son ullima ratio^ à son dernier expédient pour trancher la difficulté. Ce moyen consiste à avancer elle-même les looou 1 5o millions de francs nécessaires pour solder les arriérés du contingent et quelques autres petites dettes contractées sous ses auspices ; et à se faire donner en échange une portion du territoire dont le revenu puisse la faire rentrer dans ses fonds, capital et intérêts, au taux le plus usuraire possible. Cette portion de territoire est déjà choisie et dans ce choix les Anglais ont montré leur tact ordinaire. C'est, comme on peut le penser, la province la plus riche et la plus productive qu'on va détacher de

l'état d'Hyderabad. 11 est question de toute la val* lée de Bérar depuis Jaulnah jusqu'à Omraoty, entre les états de Nagpour et le Kandeish. Reste ensuite à trouver un ministre pour remplacer Chandoulàl : un fils de son ancien collègue ^ appelé Alum-Ali-Rhsn- ^uraj*oud-dowlah , perdu de réputation et de mœurs abominables, s'est offert de continuer son administration comme une espèce de zemindari. U s'imagine que son prédécesseur était trop scrupuleux et ne savait pas user franchement des moyens de torture qu'il avait k sa disposition : c'est en les employant qu'il espère laire rendre un peu plus au pays. Il est vrai que Chandoulàl n'était pas méchant ; mais on l'a vn quelquefois faire brûler les pouces d'un banquier pour le forcer à avouer dans quel lieu il avait caci)é «on argent afin de piller sa caisse : ce n'était déjà pas mal; je ne sais ce que Souraj^ud«dowlah pourra imaginer de mieux, mais je ne doute pas qu'il ne surpassera le vieux ministre à l'édification générale. U gouvernement anglais acceptera probablement an services et la machine du gouvernement subsidiaire fonctionnera encore quelque temps jusqu'à ce qu'une nouvelle crise amène un démembrement final.

1H37. ^^ Après leNizam d'Hyderabad vient leMaha- Bajah*Scindiah, roi de Gwalior. On évalue l'étenduede ses étatsà trente-deux mille neuf cent quarante-quatre milles carrés; la population à quatre millions d'âmes; les revenus nets à i ,5oo,ooo livressterling(3o,ooo,ooo de francs).

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D'après le traité de 1837 cet état doit entretenir sous le nom de contingent un corps de deux mille chevaux et une proportion d'infanterie régulière dont le chiffre n'est point déterminé, mais commandé par des officiers anglais et dont la dépense totale est fixée à 102,4 > 9 livres sterl. Pour assurer l'exactitude dans les paiemens , cette somme doit être versée annuelle* ment dans le trésor du Résident qui se charge de la distribuer lui-même au contingent

L'indépendance de cet état a rendu le dernier soupir avec son dernier souverain Jenkaji-Rao«Scindiah, mon le 7 février f 843. Le gouvernement anglo^indien avait d'abord eu quelque velléité de profiter du décès de ce prince , mort sans héritier direct , pour réunir l'empire de Gvealior à son domaine. Mais après mûre délibération il a jugé plus profitable de continuer le système subsidiaire récemment établi qui mettait tou* tes les forces et toutes les richesses du pays à sa dis* position en laissant retomber l'odieux de la pression sur les mannequins intermédiaires, le Rajah et son entourage. Il fut donc convenu que la veuve du dernier prince, elle-même âgée de douze ans, avec toute la sagesse et le jugement de cet âge, choisirait un successeur à son mari parmi les branches collatérales de la famille de Scindiah. Son choix, dirigé par le Résident anglais colonel Spiers , s'arrêta sur un enfant de neuf ans appelé Seaji-Rao-Scindiah qui fut effectivement installé sur le trône le i'^ mars 1845 en toute pompe et au bruit du canon. Mais la régence et tous les pouvoirs administratifs étaient en même temps délégués à un ministre Mama-Sahib,

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choisi, supporté el; par conséquent despotiquemeut dirigé par le Résident anglais.

La Compagnie en faisant cet arrangement se croyait sûre d'absorber sans bruit, sans difficultés , le dernier grand état Mahratte dans son système politique et militaire. Le pouvoir , Tadministration passaient sans secousse, presque inaperçus entre ses mains. Elle ne prévoyait aucun obstacle de la part d'uoe jeune régente de douze ans; mais elle oubliait en cette circonstance que dans l'Inde surtout le cœur et l'ambition n'attendent point le nombre des années. La Bahie ou Ranie s'aperçut dès les premiers jours qu'on voulait annuler complètement son rôle dans l'état; et puis elle avait un amant qui aspirait à devenir au moins premier ministre et dont l'ambition se trouvait arrêtée par l'intervention anglaise. Profitant de son influence sur la régente» ce dernier lui persuada bientôt de secouer le joug du chargé d'affaires britannique. Effectivement la Ranie après s'être assurée de l'appui dtss troupes irrégulières qui constituaient la majorité dans son armée, fit soudainement un coup d'état, destitua Mama-Sahib et le remplaça par son favori ie Khasjie (l'ami intime) , nom qu'il avait d'abord reçu dans les petits appartemens du harem et qui lui est resté comme un sobriquet dans le peuple et plus tard comme surnom dans les affaires.

Ce changement de ministère ne [>ouvait manquer de déplaire aux Anglais; le gouverneur-général signifia à la régente qu'il le considérerait comme un cas de guerre et rappela aussitôt son ambassadeur. Celui-ci emmena avec lut le contingent régulier qui suivit na-

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