‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 213 sur 268 · DEUXIÈME PARTIE. ^CHAPITRE TI. iS · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. ^CHAPITRE TI. iS

tarellement ses officiers , laissant un vide important dans l'armée mahratte. Il restait bien encore quelques bataillons semi- réguliers commandés et disciplinés par deux aventuriers nommés Jacob et Baptiste, auxquels on a fait une réputation bien au-dessus de leur ' mérite: le premier fils d'un officier français de l'armée de Perron, l'autre un Arménien , et tous deux vendus aux Anglais. La régente croyait en cas de lutte avec la Compagnie pouvoir compter sur ce petit corps d'armée : il fut au contraire le premier à s'insurger contre elle. L' anarchie soufflée et soudoyée par le Résident avant son départ fit des progrès rapides, et les exigences du gouvemeur-générals' accrurent de jour en jour dansla même proportion. Il demanda d'abord, et pour première condition, que le Khasjie fût livré à sa merci; a'^queMama-Sahib fut rétabli dans son poste et dans tout son pouvoir; 3** il assembla une armée d'observation dite d^exercice et prétendit que pour en payer les frais une partie du territoire de Gwalior serait définitivement abandonnée à la Compagnie. La régente hésitait encore à souscrire à des conditions aussi humiliantes, quand dans les derniers jours d'octobre 1 843 ses propres troupes se réunissant au parti anglais, c'est-à-dire aux bataillons de Jacob et de Baptiste, attaquèrent le palais, envahirent le harem et arrachèrent le Khasjie de l'appartement même de la reine où il s'était caché, pour le livrer au Résident britannique. Le gouvernement de l'Inde anglaise se contentera-t-il aujourd'hui de cette satisfaction et du rétablissement de l'ordre de choses qu'il avait naguère établi? Non , parce que depuis six mois son appétit a

eu le temps de se développer s il veut Buônteosnl un démembreinenl, eo fioir avec les Mahratlesi ooofisqiM au moins la moitié, peut-être la totalité de Télatde Gwalior* L'opium du Malwa, toujours préféré à cdin de la Compagaie, fait d ailleurs à ses produits une concurrence qu'il lui tarde d'anéantir; c'est peut^tic la principale raison pour laquelle le pays de Scindiik sera immédiatement ajouté aux possessions anglaises. La question d'agrandissement n'est point encore décidée^ mais elle le sera dans quelques mois, avant k saison des pluies.

Si l'on se rappdle les observations que nous avons déjà faites sur les éventualités qui se préparent dasi les royaumes du Punjab et d'Hyderabadi cmi en déduira l'extrême probabilité qu'avant un an l'Angle* terre aura ajouté à ses peuples et à son domaine indiens :

Le Punjab avec 4iOOO|OOo d'bsJ».

L'état de Gwalior avec. . « 49OOO1OUO L'éta td'Uy derabad (Golconde)

avec la^ooojooo

Total : trois empires et 20.000,000 de sujets.

DaU du ttaiiéde prêttcHon (1765). — 3* En troisième ligne nous trouvons le roi d'Aoude, dont ki états occupent une superficie de vingt* cinq mille tros cents milles carrés, avec une population qu'on estime à trois millions sept cent mille habitans, un revenu de diooo^ooo de livres sterling (So^ooo, 000 de fn) et une armée de vingt à trente mitte bommes, dont un coft* tingent de deux régûneiis d'infanterie (i" et a* réç-

DEUXdaHR PÂ&TtB.— CfiAmUft Vf. %^

men» d'infanterie locale d'Aoude) commatidés pat^ des officiers anglaiis. La solde de ces deux bataillons passe comme toujours par les mains du Résident. Mais ce n'est pas là le seul tribut du vassal. On sait que c'est le souverain le plus riche de TAsie, que le père du Mawab actuel a laissé un trésor de 35o millions: ce tout donc des demandes continuelles sur sa bourse. O sont des pré^ns , des contributions charitables | des fraîi de guerre à partager contre rAFfgfaanistan, là Chine, le Scinde, peu importe^... et qu'on réclame de lui sous le prétexte de Talliance offensive et dé» fensîve qui le lie à se* impitoyables protecteurs.

Le traité du lo novembre 1801 , qui exemptait le vizir ou Nav^rab d'Aoude d'un subside énorme moyennant la cession définitive aux Anglais des provinces de Gorah, Allahabad, Azimghar, etc., etc., semUait devoir lui laisser une autorité indépendante sur le reste de son territoire ; mais cette autorité était Caractérisée et définie par ces expressions asset re* marquables d'une diplomatie que nous n'essaie** ïtms pas de qualifier : « L'honorable Compagnie des « Indes Orientales garantit à son excellence le Navrab « d'Aoude et à ses successeurs la possession des pro» « vinces qui rateront k son excellence après la ces* « sion territoriale, avec l'exercice de leur tammune * aut&fiié ^^ns les limites de ces provinces. Son excel- « lence s'engage à établir dans ses possessions réser* « vées le système d'atlministration qui paraîtra le plus « favorable k la prospérité de ses sujets et à e&naidter « 9ttrf^tae9 choses le chargé d'affisiires de FhonoraMe ^ Compagnie, afin d't^gir en tous points conformé*

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« ment à ses conseils. » — « Il est donc évident, disait tristement le pauvre Nawab en signant ce traité, que je ne tire aucun avantage de l'aliénation d'une partie de mes possessions, puisque je ne demeure pas maître du reste. » Effectivement les Anglais s'étaient réservé la part du lion !

La Compagnie exige en outre la concentration autour de la capitale (Lucknao), des troupes anglaises employées chez le Nav^rab. U s'ensuit que quel que soit le ministre appelé aux affaires par le choix commun du souverain et du Résident, comme ce ministre n'ignore pas que tout le pouvoir réel est à ce dernier, il se hâte de se placer sous sa tutelle et ne reçoit d'ordres que de lui.

Si Ton nous demande maintenant quel est le résultat de cette commune administration pour le peupie dont un article du traité réservait spéciûlemeni le bonheur^ je dirai que ce peuple est sans contredit le plus malheureux de Kinde et qu'il en sera bientôt le plus pauvre.

1816. 4"* Le sort du Rajah de Bérar est à-peu-près le même. La superficie de ses états est de soixante-quatre mille deux cents milles carrés dont la plus grande partie est envahie par le désert ; la population est estimée à deux millions cinq cent mille âmes, les revenus à 35o,ooo livres sterling. Il paie à la Compagnie tu subside annuel de 80,000 livres sterling et fournit un contingent de mille cavaliers.

1^80. 5"* Il en est de même encore du roi deBaroda (dit le Guicowar) dont les possessions, y compris le Kattywar, occupent une superficie de vingt-quatre

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mille neuf cent quarante-neuf milles carrés, avec une population de deux millions d'habitans et un revenu d'environ 4oO;Ooo livres sterling. Il est tenu de fournir un contingent de trois mille hommes de cavalerie. 1 8 1 a. 6" Le sixième sur la liste est.le Rajah de Kolapour, petit état mahratte dépendant autrefois du Peschwah : territoire , trois mille cent quatre-vingtquatre milles carrés ; revenu (incertain). — Par le dernier traité du ^3 octobre 1827, les forteresses deKolapour (la capitale) et de Pannalagarh reçurent des garnisons anglaises à la solde du Rajah et le gouvernement suprême lui imposa un ministre pour gouverner ses états.

181 8. 7** Le Rajah de Jeypour, un des principaux chefs du Rajpoutana. La superficie de son territoire est de treize mille quatre cent vingt-six milles carrés ; la population et le revenu n'ont pas encore pu être estimés; mais il paie un subside annuel de 75,000 livres sterling. Depuis i835 le souverain est un mineur et le gouvernement suprême s'est réservé la nonaination du ministre qui gouverne le pays au nom du jeune prince.

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