‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 214 sur 268 · CHAPITRE Vn · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vn

Troisième classe. — Eii^hs de MtTssore, de Stttanh, de GoéhlB, de Travancore , de Joadbpoar de SawQOtwarie. — Le dernier Holcar. — Quatrième classe. — Les princes dépossédés. — Les Amtrs du Scinde. — Histoire des enYahissemens successifs de la Compagnie. — Les Anglais elles Amtrs.

Passons maintenant à la troisième classe j celle dans laquelle nous avons rangé tous les princes vassaux dont les états sont gouvernés par le Résident anglais lui-même ou les agens de son choix.

!** Le plus considérable et le plus nul de cette classe est le Bajah de Maïssore dont les états, couvrant une superficie de vingt-neuf mille sept cent cinquante milles carrés avec une population de trois millions cinq cent raille âmes y sont administrés en son nom par une commission spéciale d'officiers choisis dans les rangs de r armée anglaise sous le contrôle du Résident britannique. Un sol fertile fournit un très beau revenu sur lequel le prince ne reçoit cependant qu'un traitement juste suffisant à son entretien et à celui de sa cour. Le reste doit payer d'abord un tribut régulier de aHoyOOoliv.sterl.; plus un contingent de quatre mille cavaliers} enfin des présens d'hommage, des contri-

DEUXIjPIfE PARTIB.— CHÀPITiLE TII. a;3

butious ^t des secours de guerre à in discrétioa du gouvernement suprême»

iSig. a** Le Eajah de Sattarah. Territoire, sept mille neuf cent quarante-trois milles carrés; popula* tien, un million cinq cent six mille âmes; revenu (ii^ connu) ; tribut à la discrétion du gouvernement suprême; contingent I cinq cents cavaliers et quatre mille fantassins. Administration entre les mains du Résident.

Travancore^ 1788. Cochin^ 1790. — 3** et 4** I«e« Rajahs de Travancore et de Cochin. Le territoire du premier a quatre mille cinq cent soixante-treize milles carrées; celui du second, mille neuf cent quatre-vingtsept ; les populations réunies se montent k un million d'âmes. Ces princes administrent quelquefois eux-mêmes, plus souvent par un dewan (ou ministre), mais toujours sous la condition de se conformer strictement et exactement aux conseils et aux désirs du chargé d'affaires delà Compagnie qui peut reprendre cette administration entre ses propres mains toutes les fois que bon lui semble. Le Rajah de Travancore paie sur son revenu un tribut régulier de 90,000 1. st. ; celui de Cochin un tribut de 28,000 livres. Toutes leurs forces militaires sont à la disposition du gouvernement suprême qui peut également puiser dans leur bourse à sa discrétion.

5** Maun*Sing, prince rajpout de Joudhpour. Terri* toire, trente-quatre mille cent trente-et-un millescarrés} le revenu et la population ne sont pas bien connus; tribut régulier, 10,000 liv. st.; contingent, mille cinq cents chevaux. Depuis 1 838 le Résident anglais a le

contrôle de radminislralion et le prince ne reçoit plus qu'un traitement alimentaire sur ses revenus.

6* Le Rajah de Bhurtpour. Territoire , mille neuf cent quarante-cinq milles carrés : il n*en tire que juste de quoi vivre et supporter sa petite cour; aussi Ton n'exige rien de lui que de se réunir, en cas de guerre ou de désordres dans le voisinage, au Résident anglais avec ce qu'il peut rassembler de combattans.

7° Il en est de même pour le chef de Sawuntwarie. Territoire , neuf cent trente-quatre milles carrés. On n'exige de lui que soumission et coopération, en cas de besoin, pour maintenir la tranquillité du voisinage.

i8i8. 8' Et enfin le descendant d'Holcar voit son territoire actuel réduit à quatre mille deux cent quarante-cinq milles carrés; son revenu couvre à peine ses dépenses, et il lui faut entretenir un contingent de trois mille six cents cavaliers. C'est le Résident britannique qui gouverne aujourd'hui pour un enfant de neuf ans.

Quatrième classe. — Si nous passons enfin à la quatrième classe des princes dépossédés et pensionnés, nous trouvons parmi eux les plus fameux souverains, les plus hauts dignitaires , les noms les plus illustres dans l'histoire de l'Inde ; à côté desquels les princes qui siégentaujourd'hui sous le bon plaisir de l'Angleterre sur les trônes encore debout, n'étaient que des serviteurs ou d'humbles poursuivans d'armes. Ainsi le Nizam n'était qu'un lieutenant militaire du Grand* MogoleX Scindiah portait les pantoufles du Peschwah. A la tête de ce troupeau d'augustes mendians marche, écrasé de titres et de souvenirs , le descendant de

DEUXIÈME PAKTiE— CHAPITRE VU. a'^S

Timour, le Shah-in-shah (roi des rois), dont on arbore encore le vieux drapeau ; mais il est tombé plus bas qu'aucun de ses esclaves , et ce n'est qu'à regret et d'une main avare qu'on lui accorde une aumône insuffisante.

Par un respect affecté pour le souverain nominal dont la Compagnie tient ses droits aux yeux des peuples de l'Hindoustan, par une sollicitude étudiée pour les privilèges du rang et les exigences de l'étiquette , le Résident à la cour de Delhi est encore astreint^ dans ses relations avec le Durbar (c'est-à-dire avec le Grand- Mogol siégeant sur son trône et entouré de sa noblesse) j aux formes humblement cérémonieuses que l'usage prescrit à un inférieur. Toutes les prières de l'empereur sont des ordres en apparence; tous les ordres du Résident sont des prières; mais à mesure que le pouvoir du gouvernement anglais se consolide ce vain étalage de soumission se resserre dans de plus étroites limites ; et le nom de la souveraine de l'ouest a déjà succédé à celui de l'empereur sur les monnaies frappées par ordre du gouvernement suprême.

Un domaine considérable avait d'abord été affecté à la subsistance et à l'entretien de la famille impériale ; mais on en a bientôt retiré l'administration au monarque déchu ; puis retranché une portion des rêve* nus ; enfin pour soutenir ce qui lui reste encore de serviteurs héréditaires, il était obligé de faire vendre au bazar les produits de l'industrie des princesses et des reines, tels que des broderies, des écharpes ouvertement exposées à la curiosité et à la charité du public. En dernier lieu cependant, par suite de la mis-

946 LlNDE ANGLAISE EN 184S.

sion du célèbre Ram Mohun Roy chargé en i83o des réclamations du Grand-Mogol^ sa pension a été augmentée : elle est aujourd'hui de 1 5 lacs de roupies, environ 3,700,000 fr.

Le second en importance est le Nawab du Bengale, souverain également nominal en Thonneur duquel le canon de Calcutta gronde encore d'époque en époque pour célébrer sa naissance , son mariage on sa mort. Roi toujours mineur sous la tutelle de la Compagnie , il passe sa vie sur un trône de papier doré et entouré de hochets royaux , avec une pension de aSo^ooo liv. sterl., strictement nécessaire à sesbe» soins et à ceux d'un nombreux entourage , unique et fort onéreux attribut de sa couronne.

Le troisième, qui par sa position est exactement le pendant du second, est le Nawab d'Arcot ou du Carnatique. Sa pension est de aoo^oooliv. sterl.

Le quatrième est le Rajah de Tanjaor, qui reçoit laOyOOo livres.

Puis vient toute une foule blasonnée qui réside i Benarèsy rendez-vous général de toutes les grandeurs déchues, depuis le Peschwah qui reçoit une pension de 2 1 0,000 liv. sterling, jusqu'au Rajah de Cooi^ le dernier détrôné, ou le Nawab de Ferozepour dont le père a récemment péri sur un échafaud. Là, vous pouvez les retrouver tous, chacun dans sa cellule, résigné à son sort avec la simplicité et le fleguie asiatique, ou absorbé dans la prière et la méditation et se baignant avec la foule dans les eaux sacrées du Gange. Il en est enfin de plus malheureux qui dans Tes nombreuses bastilles de l'Inde, au fond des ca*

Page 1