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B^ LWDK AMGUUSB EN t84S.
pasnes ou Topas ( i ), pour se perdre à la longue parmi les indigènes.
jTexcepte bien entendu de tout ce qui précède les jeunes gens de sang mêlé que leurs parens envoient en Angleterre pour les faire élever avec soin et à grands frais. Malgré leur fortune souvent considérable je ne connais pas de classe plus à plaindre dans ce monde : ce sont les pariaha de la société civilisée; toutes les carrières j tous les établissemens, tontes les familles se ferment devant eux. Remplis d'instruction, de sentimensy de lumières, ayant bu k toutes les sources des idées ^ avec les manières les plus élégantes et les plus polies , ils se trouvent gén^^ humiliés» devant des hommes qui sont à cent lieues au-dessous d'eux pour l'intelligence, mais qui n'ont point sur leur écusson la terrible barre de bâtardise* Vous les reconnaissez plutôt qu'à la nuance de la peau , à leur timidité sauvage et morose ou à leur résignation mélancolique qui fait mal au cœur. J'ai rencontré parmi oo derniers quelques vrais amis dont j'étais fier, ménK vis*à*vis des Saxons pur sang qui ne les valaient pas. — Je m'étonnais toujours qu'ils s'obstinasaent à rester dans l'Inde où ils n'étaient point appréciés. S'ils avaient le bon sens de transporter leur existence dans un pays comme la France , avec leurs qualités intellectuelles et morales rehaussées d'un peu de fortune, ils y seraient recherchés et fêtés. Combien
(i) On appelle Topas oa Topaasies des indigènes qni portent chapani mais qui n'ont rien de commun avec les Européens qu'une partie de Thabillement et le plus souvent la religion catholique. Us descendent géo^ ralemcnt des anciens métis français , portugais et hollandais.
DEUXIÈBiE PARTI£.»-CHAPITRE X. agi
d'existences froissées et maladives refleuriraient chez nous, en échangeant une atmosphère de morgue et d'arrogance pour une autre pleine de bonhomie et de cordialité.
Sociétë indienne. — Il nous reste maintenant à examiner l'organisation de la société indienne, extrêmement multiple dans ses détails , mais présentant deux élémens principaux parfaitement distincts dans leui origine, leur essence et leurs composés. Je veux parler des élémens hindou et musulman que deux religions différentes qui se repoussent sur tous les points séparent comme par un abime. I>e nord de llnde fut la seule partie où l'islamisme se répandit quelque peu; il fut adopté par lesPathâns ou Affghans destinés à jouer un si grand rôle dans l'histoire de ce pays : partout ailleurs et dans l'Hindoustan proprement dit il ne fit aucun progrès. Cependant les armées conquérantes des dy-* nasties tartareset affghanes, celles mêmes qui ne firent que de simples irruptions dans l'Inde y laissèrent un grand nombre de mahométans auxquels un beau climat, un pays riche firent oublier leur patrie. D'un autre coté les princes mahométans établis dans l'empire devaient tout naturellement chercher à y attirer des soldats de leur race et de leur religion qui leur inspiraient plus de confiance et qui étaient plus aptes aussi que les Indiens dégénérésà supporter les fatigues de la guerre. Cette préférence engagea de tout temps les essaims d'aventuriers persans, afghans, arabes ou tartares à venir chercher fortune dans l'Inde où ils étaient surs d'être employés, et quand ils avaient fait fortune, ils finissaient généralement par s'y établir.
39^ L'INDE ANGLAISE EN 1â4S.
L'Hindoustan eut ainsi à la longue sa population ma* hométane, bien que composée de races diverses et conservant toujours son caractère étranger. On l'évalue aujourd'hui à seize millions d'âmes qui se trouvent, par rapport aux indigènes proprement dits, dans la proportion de i à lo. — Même aujourd'hui sous un asservissement commun ces deux races se mêlent fort peu : les inahométans habitent d'ordinaire les grandes villes, les places de commerce, les postes militaires; mais dans l'intérieur du pays, dans les villages, il est très rare de les trouver en nombre.
On sait que les musulmans se divisent en deux grandes sectes, les sounnies et les shiahs. La première reconnaît les trois premiers khalifes comme successeurs légitimes du prophète et admet leur interprétation de la loi et leurs traditions sur les préceptes qu'il a établis. Les shiahs au contraire rejettent les trois premiers khalifes comme des usurpateurs d'une dignité qui appartenait de droit à Aly, neveu et quatrième successeur de Mahomet. Les Pei^ans sont schiites , tous les autres Musulmans d'origine tartare, afTghane ou indienne sont sounnies. — Ceux d'origine indienne ont gardé des superstitions de leurs pères quelques préjugés de souillure dont les autres mahométans n'ont pas d'idée. Il y a peu de différence entre leur costume et celui des Hindous dont il est difficile de les distinguer.
L'opinion parait hésiter quant à la supériorité morale et intellectuelle entre la race hindoue et la race musulmane. Il m'a semblé que sous le rapport de l'aptitude à toutes les connaissances, de la pénétra*