PREMIERE PARTIE. — CHAPITRE VI. S
tant que possible tous les détails qui ne sont pas d'une Décessité première.
Nizam*oul-Mouluk avait laissé en mourant cinq fils dans l'ordre suivant :
Chazi-Ouddin , Fainé; Nasirjung, le deuxième; Salabatjungy le troisième; Kizam-Aly, le quatrième; Bussalutjung , le cinquième.
Plus, un petit-fils, Mouzufferjung , par une fille fa-» vorite.
Au moment de sa mort Tainé de ses fils, Cbazi* Ouddin , résidait, en qualité d'Oumrah ou conseiller d'état, à la cour du grand Mogol , à Delhy. Profitant de son absence le second frère Nasirjung se fit proclamer soubadar par Tarmée qui avait l'babitude de lui obéir ; mais il se présentait simultanément un troisième concurrent, Mouzufferjung, petit-fils favori de Nizam-oul-Mouluk , qui s'appuyait sur un testament vrai ou faux de son grand-père en sa faveur, et sur la pa. tente du grand Mogol qu'il était parvenu à obtenir. Désespérant de s'emparer de la couronne avec ses seules ressources, ce dernier songea à s'appuyer sur une alliance européenne : il se tourna naturellement versDupleix, alors gouverneur-général des établissemens français dans l'Inde, auquel un long séjour dans le pays, une habileté reconnue dans la diplomatie indienne, une guerre heureuse contre les Anglais et la prise récente de Madras , avaient acquis une réptitatien colossale» Jaiçais effectivement la France n'avait envoyé dans ces colonies un plus grand administrateur, un pUis^ habile homme d'état. Nouveau Colomb de la politique, il avait découvert, reçonjDU la rpute
que devait suivre la civilisation européenne pour arriver au trône de l'Inde. U allait essayer d'y guider ses compatriotes : mais il était trop au-dessus de son époque pour en être compris ; il n'avait sur* tout rien à espérer de la France et d'un gouvernement décrépit qui fut pris de vertige à la hauteur où il le voulut placer. Nous le verrons donc arrêté au milieu de ses succès , au moment même où il atteignait le but; et pour que rien ne manquât à notre honte nous le verrons expier par une fin douloureuse ce crime du génie , que tant de grands hommes ont payé de la misère, de l'exil ou de la mort. Mais la leçon qu'il va donner, quoique inutile à son pays, ne sera point perdue : les Anglais sauront la retrouver; Clive et Warren Hastings ne tarderont pas à s'élancer sur ses traces et recueilleront pour l'Angleterre le riche héritage qu'il aurait voulu nous léguer.
<c A son arrivée dans l'Inde, les Européens, réduits « au simple rôle de marchands , étrangers à la police tique, tremblaient au seul nom du moindre foncer tionnaire mogol. Dupleix comprit, devina le prea mier toute la faiblesse de l'empire. Il conçut le « projet de s'en rendre maître, du moins en partie, à c< une époque où il ne pouvait communiquer ce pro- V jet à qui que ce fût au monde sans paraître à Tinte stant frappé de folie. La simplicité du moyen c( d'exécution répondait pourtant à la grandeur de « l'idée : ce moyen consistait uniquement à mettre au «c service des princes du pays des corps de troupes (c européennes » (i). La consistance du caractère eu-
(x) Barthoa de Penhoëo, Histoire de l'empire anglais dam l'tnde.