‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 254 sur 268 · DEUXIÈME PARTIE.— CHA^rrRS XIV · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE.— CHA^rrRS XIV

Técart avec une précision tout-à-fiiit militaire : indépendance toute avantageuse puisqu'elle aidait sans en* traver les opérations militaires. D'ailleurs leur neutralité reconnue dans llnde par tous les indigènes les mettait eux-mêmes à Tabri de tout danger.

Le duc de Wellington les employa constamment dans toutes les guerres qui demandaient de la rapidite dans les mouvemens , préférant infiniment leur souplesse et leur mobilité à la lenteur d'mi commissariat anglais.

Les Brinjaries sont encore aujourd'hui ce qu'ils étaient en 1791 et en 1802, aussi nombreux, aussi intéressés j aussi commerçans j aussi indifférens entre tous les partis et même je n'en doute pas , disposés à favoriser plutôt un nouveau conquérant qui les emploierait , que les Anglais qui , ayant organisé un commissariat à eux , rejettent actuellement leurs services.

Quant aux moyens de transport , avec de l'argent , de la douceur et de la loyauté envers les indigènes, on en trouvera toujours dans le pays , et puis après la victoire on aura tous ceux du camp britannique; enfin on aura encore et toujours la ressource des Brinjaries.

Les journaux anglais dans l'Inde et les écrivains politiques de la métropole se plaisent à répéter, et le public s'endort dans la douce confiance que l'Indus est un obstacle suffisant pour arrêter toute invasion , et que l'armée anglaise en se concentrant sur la rive gauche de ce fleuve peut en interdire le passage à telle armée qu'elle ne saurait arrêter dans la plaine. Mais

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ce n'est pas sérieusement que l'on dira aujourd'hui à quiconque a porté un uniforme ou a lu l'histoire et surtout celle de nos dernières guerres^ qu'on pourra jamais disputer le passage d'un fleuve à une armée supérieure qui a le choix de son point d'attaque sur un développement de plus de soixante lieues (entre Dera-Ismaël-Khan et Âttock) et surtout d'un fleuve aussi peu rapide que l'Indus, avec un courant d'une lieue àl' heure tout au plus et une profondeur moyenne de douze à quinze pieds, avec des gués nombreux sur la ligne d'opérations.

Quand je parle de la distance qui sépare Dera-b* maël-Khan et Attock plutôt que de toute autre por« tion du cours de l'Indus , c'est que c'est la ligne qui me semble tout indiquée et la mieux choisie pour une base d'opérations y attendu qu'elle se déploie devant un massif non interrompu de provinces fertiles et bien arrosées, et qu'en l'adoptant on tourne les vastes déserts sablonneux qui séparent la vallée inférieure de l'Indus du Hajpoutana; attendu aussi que c'est sur cette base que se sont faites toutes les invasions de l'Inde qui ont eu quelque succès depuis Mahamoud^ deGhiznie, en l'an looo, jusqu'à Nadir-Shah, en 1739. Quant au Scinde dont le gouvernement anglais vient de s'emparer , croyant faire un coup de maître en politique, son occupation n'ajoute absolument rien à la sécurité de l'empii^. Cette frontière dira4-on est maintenant inattaquable : sans doute, mais elle Tétait déjà et ce n'est point l'Indus qui en lait la force; ce n'est tout au plus que le fossé extérieur du rempart qui se trouve dans le vaste rideau de sable qui s'étend

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du Rutch au Bahawulpour. En s'établtssant dans ce fossé les Anglais n'ont fait qu'isoler une partie de leurs forces dans un coin perdu que personne ne pouvait songer à attaquer.

Quant aux difficultés que pourraient offrir les deux routes du Khyber et de Dera-Ismaël-Khan pour le passage, la subsistance temporaire et le transport du matériel d'une armée de soixante-dix mille Russes et de quinze mille cavaliers affghans, on n'osera cer« tainement pas s'en étayer en présence des faits historiques anciens et modernes que nous nous contenta* rons de citer :

i** De l'an looo à l'an 102 1, Mahamoud«Ghisnevi envahit sept fois l'Hindoustan, par la route dé Ghiznie à Dera-Ismaël-Khan , avec des armées nomr breuses de cent cinquante mille hommes et au-delà qu'il ne trouva jamais aucune difficulté à nourrir. Dans sa sixième expédition en l'an 1018 1 il poussa jusqu'à Canoge, chef-lieu d'un rojraume situé sur le Gange à cent milles au sud-ouest de Delhi. Il ne prit que traie mois pour venir de Ghiznie sa capitale jusqu'aux frontières de ce royaume, d'où il s'en retourna par Muttra eu emportant de cette dernière ville d'immenses richesses. Enfin revenant encore en loai, dans sa septième et dernière expédition ^ il pivote sttf le Bahav^rulpour et le Bickaneer, et se dirige par le Bajpoutana et Ajmir sur le Guzerat pour y renverser le fameux temple de Somnauth, prouvant ainsi qu'il était aussi facile de pousser une invasion du côté de Bombay que du côté de Calcutta.

X C'est du même point de départ et par la même

route de Dera-Ismaël-Khan que Mahomet-Ghauri, chef d'une famille de moniagoards des environs du Khorassan, s'avance encore une fois en 1184 à la conquête de Tlnde, envahit le territoire avec une armée de cent vingt mille hommes et s'empare de Ddhi, où sa dynastie, la dynastie ghaurienne, succède à celle de Mahmoud-Ghiznevi.

3"* En 1396, Timour*Lung (ou le boiteux) que nous connaissons dans l'histoire sous le nom de TamerlaD, parti de Samarcande et prenant sa route un peu à Test de Balkh, descend par le défilé d'Anderab sur Caboul, d'où il marche par le Rhyber vers Âttock et envahit le Punjab. L'année suivante il s'empare de Delhi qu'il met à feu et à sang et s'en ristourne par la même route.

4"* Le chevaleresque Baber, après une série d*in« vasions malheureuses tentées sur différens points de la même ligne, traverse également l'Indus au-dessous d' Attock, le i5 octobre iS^B, avec une armée qui ne compte que quinze mille soldats, et s'établit d'abord à Lahore , puis s'empare de Delhi Tannée suivante et y fonde enfin la dynastie mogole.

S"" Humayoon, fils de Baber, chassé d'abord de Delhi et de l'héritage paternel , puis assisté par les AfFghans, envahit encore une fois l'Inde en décembre 1 5549 ^^ suit encore la route du Khyber.

G'^Ën 1739, Nadir-Shah se trouvant à Caboul et sur le point de retourner en Perse , apprend le massacre d'un de ses envoyés dans la ville de JuUalabad. Impatient de se ^ enger, il s'engage dans les mon* tagnes, passe au fil de l'épée tous les habitans de la

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