‹ L'Inde Anglaise en 1843Chapitre 26 sur 268 · PREMIERE PARTIE. -^^CiOPITEE YI. qi · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. -^^CiOPITEE YI. qi

hiiah| égales en étendue à la France entière, avec plein pouvoir d'en percevoir les revenus comme il Tentendrait. Il cède en outre à perpétuité , à la Corn* pagnie française « un district autour de Pondichéry, d'un revenu de 960,000 roupies , un autre district près de Karikal de 6000 roupies, et enfin la ville de Masulipatam, de î4o,ooo roupies.

Ainsi l'application de l'idée de Dupleix l'a déjà conduit à régner sur le Camatique en son propre nom ; il ne lui reste plus que deux pas à faire pour réaliser l'empire anglais d'aujourd'hui: régner d'à*bord sur le Dekhan par le moyen du soubadar, ou* vrage de ses mains, et plus tard sur l'Inde entière, en faisant un grand MogoK La fortune qui seconde toujours l'audace et accorde quelquefois un sourire au génie avant de le livrer à la persécution des hommes, se plut à lui faire faire le second pas presque du même élan que le premier.

Effectivement » toutes choses étant réglées à leur satisfaction mutuelle^ Mouzufferjung avait pris congé lie Dupleix et s'était mis en marche pour Hyderabad. Il emmenait avec lui un corps français de trois cents Européens, deux mille cipayes et dix pièces de canon. « Dupleix lui avait donné pour les commander un a homme qu'il avait distingué et deviné parmi la a foule; c'était le marquis de Bussy, génie hardi, ce souple , facile , un des hommes les plus heureuse^ ff ment doués que la nature ait jamais produits. » Général consommé^ courti^n, diplomate, aux ma* nières inainitanlesetgramausesY d'un ooup-d'osil ausai sur pour juger le? événemens quç pow' cUQi«r Un

champ de bataille ; « enfin, versé dans la politique et « la connaissance de TOrient à en remontrer à toute ia a cour deDelhy.»

Les circonstances justifièrent bientôt la sagesse de ce choix. Sur la route même et avant d'arriver à la capitale^ les chefs affghans dans l'armée de Golconde, qui avaient déjà renversé Nasirjung , persévérant dans leur hostilité héréditaire contre la dynastie mogole, conspirèrent à leur tour contre son successeur, et profitant d'un moment où il s'était éloigné de Bussy réussirent à l'assassiner. La situation des Français qui s'étaient compromis devenait critique : « mais Bussy conserve heureusement tout son sangce froid. Il se hâte de rassembler les ministres et les « principaux officiers du prince , et leur représente ff la nécessité de s'entendre promplement sur le choix « d'un successeur, seul moyen de prévenir le désordre « etl'indiscipline parmi lessoldats. Le fils de Moiizzuf- « ferjung, encore enfant, et trois frères de Nasirjung, « que le Nizam traînait à sa suite étroitement gard^, « se trouvaient alors dans le camp. Bussy comprend <c qu'un enfant n'était pas propre aux circonstances « où l'on se trouvait : il propose d'élever à la dignité de « soubadar l'ainé des trois princes (fils de Nizam-oul- « Mouluk) qu'on avait sous la main. Les princia paux officiers se rendent à cet avis, et Salabatjung « est proclamé le même jour » f i ).

Le nouveau soubadar , malgré la faiblesse de son caractère, la médiocrité de ses talenset son éducation imparfaite, comprend que l'appui de Bussy estsa seule (z) Barchoa de Penhoën.

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condition d'existence; il sejettedoncfranchementdans les bras des Français, s'empresse de confirmer lesavantages que son prédécesseur leur a £aits et se montre disposé à les augmenter encore. Dès*lors toutes les tourmentes, tous les obstacles qui s'opposent à l'élévation et à la consolidation de son pouvoir viennent successivement se briser contre la sagesse et la fortune de son jeune commandant et l'énergie compacte de sa petite troupe. C'est en vain que ChaziOuddin , son frère aiué y obtient la patente du grand mogol et veut lui disputer la couronne; il meurt empoisonné par leur propre mère. C'est en vain quelesMahrattes lancent contre lui les flots tumultueux de leur cavalerie rapide et terrible, ils doivent céder à la supériorité européenne : Bussy les foudroie, les écrase j les fait rentrer dans leurs limites, a Supposons pour un « moment, dit Barcbou de Penhoën , qu'un art mer- « veilleux ait trouvé le moyen d'animer, de mettre a en mouvement par un système' quelconque, par la « vapeur par exemple, une forteresse tout entière, « que pourrait dans ce cas tout l'art des César, des « Frédéric et des Napoléon ? £h bien ! tel est, jusqu*à a un certain point, la situation des troupes européen* a nés au milieu des armées de l'Orient : voyez ce réa giment, il se forme en carrée se ploie en colonnes, « s'étend en ligne avec un ensemble, une unité, qui « en font comme un seul être d'une force et d'une « puissance supérieures à ceux qui l'attaquent. L'ima pétuosité des soldats, le génie même des chefs ena nemis, viennent également se briser à ses pieds sans « pouvoir l'entamer. « Les Français, dit un historien

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ce oriental, avec leur mousqueterie el leur rapide ar« « tillerie ne faiftaient respirer que fumée aux poitrines « des Mahrattes, et ceux«ci perdirent une grande mul- K titude d'hommes qui furent consumés par le feu de « leurs canons (i). » Salabutjung ainsi appuyé put leur dicter une paix avantageuse, et jouit enfin à l'ombre de Bussy de quelques années de tranquillité. L'auteur de tous ces succès grandit journellement en influence sur l'esprit du Nizam« Outre la supério* rite de ses talens et de ses troupes, Bussy ne négli* geait rien pour frapper et éblouir les imaginations orientales des peuples parmi lesquels il vivait. « 11 se c plaisait à mêler la pompe asiatique à l'élégance « française. Il portait des habits de brocard couvert « de broderies et im chapeau galonné, des souliers « de velours noir richement brodés. Quand il se lais- « sait voir aux yeux du peuple, c'était au fond d'une « immense tente haute de trente pieds , assez vaste « pour contenir six cents hommes]: il était alors assis « sur un fauteuil orné des armes du roi de France, « et placé sur une estrade élevée, couverte elle-même « d'un tapis brodé en velours cramoisi; à droite et 9 à gauche, mais sur des chaises, on voyait une « douzaine de ses principaux officiers. A l'entrée de « la tente se tenait sa garde européenne et sa garde d indoue. Sa table était toujours servie en vaisselle « plate, à trois ou quatre services. Il montait penfc dant les marches ou les revues un magnifique « éléphant, tandis qu'une troupe de poètes et de « musiciens le précédait chantant ses louanges et

(f) Seer Matakhaen.

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