DEUXIÈME PARTIE. ^ CHAPITRE XV
«r fenser, et si la rencontre de ces deux puissances cr prenait un caractère hostile la faute n'en sera pas à a la Russie (i). » L'égoïsme de l'Angleterre et son impatience de tout partage commercial a rendu une agression nécessaire pour briser cette espèce de muraille chinoise qu'elle a prétendu élever autour de sa conquête. Au lieu d'associer les autres nations de l'Europe à l'œuvre de la civilisation de l'Inde, elle a voulu avant tout et dans son seul intérêt, non-seule-» ment exclure leur influence politique , mais autant qu'il lui était possible couper et entraver toutes leurs relations industrielles et commerciales avec ce pays. « Les nations, comme les individus, dit M. de (c Jancigny, s'abusent parfois sur leur valeur réelle, « caressant certains préjugés vaniteux, s'accoutufc mant à regarder comme un droit ce qui n'a été que « le résultat de la tolérance ou de l'insouciance des « autres nations. Les Anglais en particulier, regar* c dant la mer comme leur domaine et les spéculan tions basées sur une exploitation illimitée de leurs a produits comme un privilège, s'étonnent^ s'alara ment et s'offensent même au besoin avec un naïf « égoîsme de toute tentative de concurrence. C'est là « recueil contre lequel viendra se briser l'avenir (f de l'Inde britannique. Il est toujours pins aisé de « détruire que d'édifier, et par une conséquence « inévitable de ce principe il sera toujours compact rativement facile de s'entendre pour renverser ime <K domination qui n'aura pas su se ménager d'alliances (C solides au-dehors , et au dedans la reconnaissance (f) Jancigny , Revuê des DtiAX-Mondu^ 184a.
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a et l'affection des peuples. L'existence de l'empire « russe a été toute militaire jusqu'à ce jour, elle le « sera long-temps encore. ))
La Russie a besoin de la guerre ; et l'Angleterre par sa malencontreuse expédition d'Affghanistan lui a fourni elle-même le point d'appui à l'aide duquel elle pourra ébranler son empire : Da tnihi puncfum et terram movebo. N'est-ce pas Pierre-le- Grand qui a dit : Il faut maintenir l'empire dans un état de guerre perpétuelle..., se pénétrer de cette vérité que le commerce des Indes est le commerce du monde et que celui qui en peut disposer exclusivement est le maître de l'Europe.
La Russie a-t-elle en ce moment les moyens d'exécution pour réaliser le projet gigantesque du Czar ? — Oui, tous, à l'exception d'un seul. La Pologne est soumise, la guerre chronique qu'elle a soutenue de tout temps contre^ la Circassie ne l'entrave nullement, la Perse est à ses pieds , Bokhara lui est dévoué, l'Affghanistan l'appelle ; il ne lui manque plus que l'appui ou le simple consentement de la France.
En 1840, avant le traité du i5 juillet, la sympathie de la France était tout acquise à l'Angleterre et eût été pour la Russie un obstacle insurmontable. Aujourd'hui cette sympathie n'existe plus; il n'en reste pas même la cendre pour y chercher quelques étincelles, elle est dispersée à tous les vents. Désormais il suffirait pour rallier la France à la politique du Czar de lui donner d'une part un intérêt daos le succès de la Russie en Orient, et de la tranquilliser de l'autre sur l'immense accroissement de puissance qui